The National - Trouble Will Find Me - Le Canal Auditif

The National – Trouble Will Find Me

TWFM_Cover_3000x3000px_300dpi_RGBC’est aujourd’hui qu’est révélé officiellement le sixième album de la formation rock adulte, résidente de Brooklyn, nommée The National. Le quintette, mené créativement par les frères Bryce et Aaron Dessner, mélodiquement par le baryton Matt Berninger et rythmiquement par les frangins Bryan et Scott Devendorf, évolue dans un registre musical rock aux ascendants parfois new-wave, parfois folk, mais toujours empreint d’une douce mélancolie, alimentée par des textes doux-amers.

Ce Trouble Will Find Me, réalisé par les Dessner, fait place à une panoplie d’invités de marque tels que Annie Clark (St.Vincent), Sharon Van Etten, Sufjan Stevens et Richard Reed Perry (The Arcade Fire). Paru en 2010, le précédent effort, High Violet, avait valu aux New-Yorkais, une avalanche de critiques élogieuses de même qu’une certaine reconnaissance de la part d’un public plus «mainstream».

Après plusieurs écoutes attentives, cette offrande est probablement la plus confortable élaborée par The National. Que ce soit au niveau des mélodies conçues par Matt Berninger, des rythmes sautillants assumés par les Devendorf ou encore les guitares acoustiques arpégées de même que ces six cordes électriques légèrement salopées par les jumeaux Dessner, on est ici en terrain fort connu et douillet. S’ajoute piano, cordes, claviers. Donc, rien de bien nouveau dans l’univers tristounet de The National.

Voilà un disque sage, ordonné, sans effusions sonores, sans frémissements, dépourvu de surprises, comme si ces compositions naïvement construites étaient captives du carcan sonore crée par le groupe. Au programme, pas de Terrible Love, pas de Vanderlyle Crybaby Geeks, encore moins de Fake Empire!

Très loin d’être une parution dommageable, on sent que The National aurait eu besoin d’une oreille extérieure attentive qui aurait pu permettre à cette création de se hisser à un cran supérieur. Une prise de risque plus accru, autant au niveau de la réalisation que des arrangements conçus, n’aurait indéniablement pas fait de tort. Malheureusement (et nous nous attristons de l’écrire), la recette musicale préconisée par la bande à Berninger tend cette fois-ci pernicieusement à s’essouffler.

Puisque ce groupe détient un savoir-faire éloquent au niveau du songwriting, cette production renferme quand même quelques perles: les bouleversantes Fireproof, Heavenfaced et Hard To Find, la plus explosive du disque Sea Of Love, la dépouillée Slipped, la guitare arpégée dans I Need My Girl et la pianistique Pink Rabbits. En ce qui concerne les autres morceaux, ils sont simplement à la hauteur de ce nous offrent depuis toujours The National. Trois années d’attente afin d’en arriver à un parfait copier/coller des essais antérieurs… un brin contrariant!

Le prochain album sera fort déterminant pour la suite des choses. Soit The National se botte les fesses, donne un coup de pied dans la ruche, se met en danger artistiquement parlant, soit la formation sombrera dans une mièvrerie imaginative ou encore dans une paresse préjudiciable, qui généralement, mine une crédibilité chèrement acquise. Qu’à cela ne tienne, les inconditionnels sauront apprécier cet opus. Une légère déception destinée aux apôtres de réconfort auditif!

Ma note : 7/10

The National
Trouble Will Find Me
4AD
55 minutes

www.americanmary.com

Commentaires

  1. Feltyboy a écrit : :

    Super critique mon ami. Je ne peux être en désaccord. J’aime ton dernier paragraphe. Critique constructive!

    • Stéphane Deslauriers a écrit : :

      Merci mon cher. C’est loin d’être un mauvais disque mais on sent que The National est demeuré bien confortable dans ses pantoufles. Il est peut-être temps qu’un réalisateur vienne brasser la cabane un peu. Ça demeure un bon disque quand même.

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