Mark Lanegan Band - Phantom Radio - Le Canal Auditif

Mark Lanegan Band – Phantom Radio

HVNLP106_HIGH_RES_PACKSHOTMême si les collaborateurs du Canal Auditif essaieront toujours de faire preuve d’une grande objectivité lorsque viendra le temps de donner leurs avis respectifs sur les nombreuses parutions musicales, il y aura toujours des artistes qui obtiendront un préjugé favorable avant même d’avoir entendu leur nouvel opus. Nick Cave, Michael Gira, pour ne nommer que ceux-là, font partie de cette catégorie. On peut ajouter à cette courte liste le toujours significatif Mark Lanegan.

Cette semaine, le cafardeux chanteur met sur le marché sa neuvième offrande titrée Phantom Radio qui fait suite à un Blues Funeral alliant blues-rock, krautrock et post-punk; disque que votre vieux désagréable avait une fois de plus affectionné au plus haut point. Encore une fois, le fidèle acolyte Alain Johannes agit en tant que réalisateur attitré, mettant à profit son immense talent d’arrangeur et de virtuose/instrumentiste. Sur ce Phantom Radio, Lanegan s’est immiscé sans ménagement dans le post-punk eighties à la Echo & The Bunnymen accentuant la démarche artistique amorcée sur le précédent effort. Le rock n’est pas très loin, mais Lanegan intensifie le penchant synthétique… mais rien qui vient amenuiser l’appréciation de ce disque.

Lanegan réussit toujours à venir nous ensorceler, et ce, même si on commence à déceler aisément les mimiques mélodiques du bonhomme. Si les structures chansonnières et les inflexions vocales sont facilement identifiables, c’est la distanciation assumée du blues rock coutumier prodigué par l’ex-Screaming Trees qui singularise cette production. On sentait ce détachement sur Blues Funeral… le pied est bien appuyé sur l’accélérateur sur ce Phantom Radio.

Ceci dit, il faut toujours être d’une prudence excessive lorsque l’on tente d’évaluer un album de Mark Lanegan. Pourquoi? Parce que le bougre parvient toujours à nous happer après plusieurs écoutes. Au début, on se dit: «C’est bon!». À la fin de l’année, on se réveille avec l’impression d’avoir écouté sa nouvelle offrande plus que n’importe quel autre album… et c’est vraisemblablement ce qui surviendra avec ce Phantom Radio.

Mark Lanegan nous propose une panoplie de petits bijoux qu’il fera grand plaisir de revisiter. Le relent rock à la Screaming Trees sur Harvest Home, le quasi-gospel (sans le chœur approprié) intitulé Seventh Day, la frémissante, remémorant Atmosphere de Joy Division, nommée Torn Red Heart (morceau qui deviendra un classique du répertoire de Lanegan), le folk gothique I Am The Wolf, la cadencée The Killing Season, la grandiose Waltzing In Blue ainsi que le rock en toc puissant et pulsatif qui conclut ce périple et qui s’intitule Delta Trip To Tulsa, font partie des magnifiques moments de ce disque.

Au risque de se répéter une nouvelle fois, Mark Lanegan construit son «mythe» d’album en album avec une cohérence qui l’honore. Incapable de fadeur et de médiocrité, présentant un genre musical indémodable, assumant parfaitement cette inclination naturelle à la mélancolie, Lanegan atteint directement le cœur.

Ma note: 8/10

Mark Lanegan Band
Phantom Radio
Vagrant Records
37 minutes

marklanegan.com

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