Echo & The Bunnymen - Meteorites - Le Canal Auditif

Echo & The Bunnymen – Meteorites

echo-and-the-bunnymen-meteoritesLes vieux briscards alternos seront ravis d’apprendre qu’Echo & The Bunnymen fait paraître cette semaine son douzième album studio (un premier en cinq ans) intitulé Meteorites. Menée par le quasi légendaire (et un tantinet prétentieux) Ian McCulloch et appuyée par son lieutenant de toujours, le guitariste Will Sargeant, la formation, porte-étendard de la vague post-punk anglaise du début des années 80, se risque encore une fois au jeu de la création musicale, et ce, après trente-cinq ans de carrière au compteur.

McCulloch et Sargeant ont confié la réalisation à un autre vétéran. En effet, Martin Glover, alias Youth (Killing Joke), s’associe à Echo & The Bunnymen afin de bonifier un tant soit peu ce Meteorites. Si le groupe a connu ses heures de gloire avec les albums Crocodiles (1980), Heaven Up Here (1981) et Porcupine (1983), on peut affirmer sans gêne que le duo McCullloch/Sargeant est en sérieuse perte de vitesse créative depuis des lunes!

Ce Meteorites n’arrange en rien la désuétude musicale d’Echo & The Bunnymen. Malgré l’élégance des arrangements prescrits (guitares parfois arabisantes, claviers opérants, etc.) combiné à l’indéniable qualité de la réalisation (ça sonne comme une tonne de briques!), on n’assiste ni plus ni moins qu’à un exercice fermement immobiliste. Après plusieurs auditions, on en vient à se poser une question fort pertinente: pourquoi se taper un nouveau disque d’Echo & The Bunnymen en 2014?

La principale contrariété de ce Meteorites, c’est qu’on ne décèle aucune once de modernité dans la plupart des ritournelles se révélant sur cette production et c’est sans compter sur ces orchestrations de cordes qui transforment Echo & The Bunnymen en une sorte de réincarnation de The Verve, mais en beaucoup moins aguichant… ce qui n’est pas peu dire! En ce qui concerne l’écriture chansonnière prodiguée, on peut affirmer que ces créations sont concrètement destinées à sombrer dans l’oubli tant ces pièces sont mélodiquement rectilignes.

Du côté monotonie, on peut noter les soporifiques Holy Moses et Grapes Upon The Vine qui ont laissé votre vieux grincheux de marbre. Le penchant passéiste de l’affaire est amplement comblé par les très Charlatans UK titrés respectivement Is This A Breakdown et Market Town, par la très The Mission nommée Constantinople (est-ce que quelqu’un se souvient de The Mission?) ainsi que les sous The Verve intitulés Explosions et Burn It Down. Un seul morceau réussit à surpasser le seuil de la respectabilité et c’est Lovers On The Run qui se rapproche le plus près de ce qui constitue une bonne chanson d’Echo & The Bunnymen.

Ce Meteorites n’a absolument rien d’un astéroïde déflagrant et évoque plutôt une étoile filante qui ne scintille plus depuis fort longtemps dans le firmament musical. Meteorites est un disque destiné aux nostalgiques de la formation qui seraient prêts à tout pour réentendre Echo & The Bunnymen… même en format édulcoré. Grand bien leur fasse, mais en ce qui nous concerne, on a de moins en moins de temps à perdre. Interminable.

Ma note: 3,5/10

Echo & The Bunnymen
Meteorites
429 Records
51 minutes

www.bunnymen.com

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