HMV Canada : la fin d’une époque - Le Canal Auditif

HMV Canada : la fin d’une époque

On le sait bien, l’industrie musicale est en constante évolution. Ladite évolution a fait une nouvelle victime. Le vendredi 27 janvier, HMV Canada annonçait sa faillite. En tout, c’est 102 succursales qui fermeront leurs portes au cours des prochains mois. C’est la fin d’une époque.

Bien que la mort de HMV Canada ne signifie pas la mort de la musique – loin de là –, cette nouvelle m’attriste, car ce fleuron anglais aura joué un rôle décisif dans ma vie de mélomane. Je me rappelle encore, j’étais adolescent à l’époque, j’entrais dans la succursale du Fairview Pointe-Claire à la recherche d’un nouvel album à me mettre dans les oreilles. Souvent, j’avais un disque en tête avant de franchir la porte. Mais parfois, j’entrais dans le magasin avec l’intention de découvrir un nouveau truc, un artiste émergent ou bien un vieux groupe obscur oublié aujourd’hui. Je me dirigeais alors vers l’un des conseillers à la vente. La plupart du temps, il rangeait des disques en hochant de la tête ou en tapant du pied au rythme de la musique. C’est comme ça que j’ai découvert des musiciens comme Beirut et Interpol et que je suis tombé en amour avec la musique d’artistes comme Leonard Cohen.

Âgé d’environ 16 ans, j’ai établi que mon emploi étudiant de rêve était de travailler chez HMV. Je suis donc allé porter mon curriculum vitae au magasin. C’est seulement après avoir reçu un troisième exemplaire de mon CV que HMV m’a convoqué en entrevue. Elle s’est très bien déroulée. Je me rappelle encore de la dernière question : « Nomme deux disques que tu apporterais sur une île déserte. » Je me rappelle clairement avoir répondu « Under the Table and Dreaming de Dave Matthews Band et Abbey Road des Beatles ». J’ai eu l’emploi. Pendant trois années, j’ai été le conseiller à la vente qui hochait de la tête ou qui tapait du pied au rythme de la musique.

Ce fut trois merveilleuses années durant lesquelles j’ai côtoyé des passionnés de musique. Grâce à mes collègues, notamment Shane Ring, j’ai découvert une pléthore de groupes et d’artistes que je chéris encore aujourd’hui et dont certains me suivront jusqu’au bout de la vie.

HMV signifie His Master’s Voice. Cette voix résonnera encore longtemps dans mon esprit de mélomane.

Commentaires

  1. E. Caouette a écrit : :

    Clairement la fin d’une époque qui s’est amorcée bien avant et de manière encore plus tragique pour grand nombre de disquaires indépendants. Ca fait étrange comme sentiment quand on y pense, ca revient quasiment à pleurer la fin d’un Wal-Mart du disque. À l’ère du « pick n choose » de tounes a 69 cents, vraiment pas certain qu’il reste grand marge.

    Ayant travaillé chez l’indépendant…et chez hmv suivant la fermeture de l’indépendant, reste que travailler en tant que disquaire, ca demeure la plus belle job d’un monde et une des plus rares aussi!’

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