Hamilton Leithauser - Black Hours - Le Canal Auditif

Hamilton Leithauser – Black Hours

hamilton-leithauser_black-hoursLe magistral chanteur de la formation The Walkmen (groupe en hiatus indéterminé), Hamilton Leithauser, catapulte cette semaine sa première offrande solo. Pour ce premier jet, l’un des plus grands interprètes de sa génération s’est entouré d’une panoplie de collaborateurs de luxe: Richard Swift (Foxygen, The Shins etc.), Rostam Batmanglij (Vampire Weekend), Amber Coffman (Dirty Projectors), Morgen Henderson (Fleet Foxes) ainsi que l’acolyte Paul Maroon (The Walkmen) afin de présenter Black Hours.

Si l’univers des Walkmen était résolument rock, alliant astucieusement des éléments issus du surf rock à quelques effluves post-punk, le Black Hours offert par Leithauser est beaucoup plus éclectique. En effet, le mélodiste flirte avec quelques genres musicaux combinant avec une élégance certaine des composantes sonores pop et de doo-wop, celles-ci adroitement conjuguer à de belles ballades pianistiques et de superbes arrangements de cordes. De prime abord, voilà un disque qui pourrait paraître hétéroclite, mais dont la cohérence se révèle au fil des écoutes.

Et cette consistance s’appuie tout simplement sur la performance étincelante (encore une fois!) d’Hamilton Leithauser qui module ses chansons comme si sa vie en dépendait, avec une intensité non feinte, qui fait totalement honneur à l’artiste. Voilà un premier effort qui fait la démonstration de la vaste étendue des goûts musicaux de Leithauser et qui met en lumière la forte propension du musicien à repousser ses propres barrières créatives. Bref, notre homme s’éclate et c’est tout ce qu’on peut demander pour une tentative initiale.

En contrepartie, même si on a perçu aisément (et assez rapidement) l’importance capitale qu’avait Hamilton Leithauser au sein des Walkmen (faisant partie intégrante du «son» de la formation), on s’ennuie quelque peu du rock millésimé, parfois velvetien, du groupe new-yorkais. Le morceau titré sarcastiquement I Don’t Need Anyone, sur lequel on soupçonne fortement Paul Maroon d’y avoir participé, évoque parfaitement l’esthétique sonore des Walkmen; un clin d’œil fort apprécié.

Sur ce Black Hours, Leithauser prodigue un arsenal de chansons de haut niveau: les sentimentales et crooner-esques intitulées 5 AM et St-Mary’s County, le «bridge» émouvant sur lequel le vocaliste se retrouve seul sur The Silent Orchestra, l’ambiance mélancolique un peu rêveuse évoquée sur Self Pity, le folk bluesy I Retired ainsi que le penchant gospel de la conclusive The Smallest Splinter constituent les ritournelles phares de cette respectable production. Une seule ombre au tableau: le simple Alexandra, coécrit avec Rostam Batmanglij de Vampire Weekend, détonne quelque peu de l’ensemble.

Ce Black Hours fait office d’excellent coup d’envoi pour une carrière solo qui s’annonce fort prometteuse… car la pause indéfinie des Walkmen pourrait bien s’avérer définitive. Qu’à cela ne tienne, Hamilton Leithauser réussit déjà avec ce premier rejeton, à nous faire acceptablement oublier la possible disparition du groupe. Un pas solitaire dans la bonne direction!

Ma note: 7,5/10

Hamilton Leithauser
Black Hours
Ribbon Music
43 minutes

hamiltonleithauser.com

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