Critique : Waxahatchee – Out In The Storm - Le Canal Auditif

Critique : Waxahatchee – Out In The Storm

Ceux qui s’intéressent au pop-rock indépendant états-unien en connaissent probablement déjà un petit bout sur la carrière de Katie Crutchfield. En 2010, l’auteure-compositrice-interprète mettait sur pied son propre projet nommé Waxahatchee qui doit être considéré comme son pseudonyme artistique. En effet, elle compose et écrit toutes les chansons, et ce, même si elle est appuyée par de compétents instrumentistes. Après un album paru en 2012 (American Weekend) – qui a passé un peu dans le beurre – la dame a fait paraître deux autres disques mieux distribués : le très Cat Power / Sharon Van Etten intitulé Cerulean Seat (2013) et le plus rock titré Ivy Tripp (2015).

Cette fois-ci, Crutchfield a fait équipe avec la même bande de musiciens qui apparaissait sur Ivy Tripp, mais a confié la réalisation de ses chansons à John Agnello, le même homme qui maniait la console sur les albums de Kurt Vile (Wakin On Pretty Daze), de Sonic Youth (Rather Ripped)… et de plusieurs autres ! Le vétéran réalisateur a rameuté Crutchfield et sa bande au Miner Street Recording Studio de Philadelphie et a tout simplement installé le groupe en studio leur a dit : « Allez-y ! Je vous écoute et je vous enregistre ! » Pas plus compliqué que ça.

Et ça s’entend. Et c’est que ça prenait pour accentuer la charge émotive des chansons de Crutchfield; un excellent choix artistique à mon humble avis. Sur Out In The Storm, on retrouve le penchant folk introspectif, qui constituait la marque de commerce de Cerulean Seat, tout en brassant la cage, manière pop-rock, comme ce qui était prescrit sur Ivy Tripp. Cette nouvelle création est une sorte de « best of » du talent qui habite Waxahatchee. L’équilibre est donc atteint entre émotions et déflagrations rock.

Dans ce genre musical, pour que ça fonctionne pleinement, ça prend de bonnes chansons et Crutchfield nous en propose une bonne pelletée, même si les structures, les progressions d’accord et les mélodies sont généralement assez convenues. Par exemple, en milieu de parcours, les mélodies de Sparks Fly et Brass Beam se confondent au point où l’on se demande si ce n’est pas la même chanson. En contrepartie, Waxahatchee nous brasse efficacement la cage avec des pièces comme Never Been Wrong et No Question. Elle nous prend aux tripes avec Recite Remorse, Hear You et la conclusive Fade.

Amateurs de pop-rock de qualité, pas de doute, il faut vous procurer Out In The Storm. Ça ne réinvente absolument rien, mais Katie Crutchfield confectionne des chansons sincères, sans artifices superflus et efficaces, qui ont le mérite de valoriser un style musical en perte de vitesse formelle : le pop-rock. Si vous aimez Best Coast, Lydia Loveless, Speedy Ortiz et les voix féminines « à la Kim Deal », vous passerez un agréable moment.

Ma note: 7/10

Waxahatchee
Out In The Storm
Merge Records
34 minutes

https://www.mergerecords.com/waxahatchee

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