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Mile-Ex End Jour 1 : Kevin Morby, Feist, Adam Naas et plus encore

C’était hier soir qu’avait lieu le lancement de la 3e édition du festival Mile-Ex End. L’événement qui se déroule sous un pont tout près de la station de métro Rosemont avait la même ambiance chaleureuse et familiale qu’une fête de quartier, cette fois-ci, avec en prime une programmation musicale des plus intéressantes avec des artistes comme Kevin Morby, Adam Naas et Feist.

Avec les camions de rue, la bière de microbrasserie, la barbe à papa et le popcorn, tout était en place pour accueillir un public de tout âge et, à ce sujet, on peut dire mission accomplie. Outre la programmation et un alléchant menu, voici ce qu’il y avait d’intéressant à retenir en musique lors de cette première journée.

En ouverture de festival, on peut dire que Kevin Morby « fittait dans le décor ». Avec la chaleur qui se dégageait de sa prestation, alors que le soleil tranquillement se couchait, il a démontré que sa voix et sa guitare avaient tout pour plaire. Le fait qu’il était accompagné par un saxophoniste et flûtiste a certes accentué le charme et l’aspect intimiste de son moment sur scène. Celui qui a sorti plus tôt cette année son cinquième album intitulé Oh My God était bien heureux de faire un nouveau passage à Montréal, élément qui s’est concrétisé par son allure détendue et assurée. En plus de jouer quelques chansons de cet opus comme Congratulations, OMG Rock n Roll, No Halo et Hail Mary, Morby a ajouté sa mélodieuse Beautiful Strangers, avec qui il était accompagné de Katie Crutchfield de Waxahatchee. Concluant sur un raboutage d’Harlem River et de City Music, des bijoux de son arsenal musical, il a mis la table à merveille pour la suite des choses. 

Suivant la parade, c’est Adam Naas et ses musiciens qui ont succédé à Morby et ce, de très belle façon. Musicalement, il se distingue et surprend par sa capacité à toucher aux extrêmes avec sa voix, passant d’une sonorité aiguë à grave avec une grande aisance. Portant un style pop teinté par un soul assumé, Naas est, un peu au même titre qu’Hubert Lenoir, une charmante et énergique bête de scène. Dans son cas, il me semble un peu plus gêné, mais tout aussi invitant. Il y avait sur scène une belle fluidité, un groove incessant et une belle harmonie qui se dégageait de l’ensemble. Avec entre autres une basse vibrante, des synthétiseurs rêveurs et des harmonies vocales judicieuses, tout était en place pour capter l’attention et saluer une très belle surprise en cette première journée du Mile-Ex End. Jouant plusieurs chansons de son premier album intitulé The Love Album, ça s’est avéré la pièce maîtresse de sa prestation. Clairement, le jeune homme et ses acolytes possèdent un véritable talent, il s’agira simplement de voir quelle direction ils prendront s’ils désirent poursuivre sur cette belle lancée sans se laisser trop influencer par une popularité grandissante.

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Ce qui est d’autant plus intéressant de ce festival, c’est la découverte de diamants bruts connus de peu de festivaliers. Cette fois-ci, le diamant dont il est question est la chanteuse d’origine haïtienne et installée à Paris, Mélissa Laveaux. Rafraîchissante, elle a capté l’attention du début à la fin autant par ses couvertures de chansons que par ses propres compositions. Avec un son chaud et funky, celle qui étend son registre sonore, de l’afro-caribéen au folk avec des percussions dansantes et des instruments à cordes vacillants, elle a grandement impressionné par sa prestance sur scène et ses musiciens l’ont aidé à assurer que ce moment se grave bien en mémoire. Réconfortante avec sa voix et sa guitare, on lui soulève à son tour une fière chandelle, alors qu’elle a ajouté une touche savoureuse à l’ambiance et les 1001 sourires de la foule l’ont d’ailleurs confirmé. 

Comme le mot pause n’existe pas à ce festival, dès la performance de Mélissa Laveaux terminée, il fallait se diriger vers l’autre scène pour ne rien manquer de la dynamique performance de La Force. Nom de scène que porte Ariel Engel, La Force est un projet qui dégage une belle énergie dans ses harmonies et dans la beauté de ses productions électro-pop bien texturées. Ce n’est peut-être pas la performance qui a le plus retenu l’attention durant cette soirée, alors qu’on sentait par moment un public qui se distançait de ce qui se déroulait devant lui, surtout lorsqu’elle a invité le public à être triste « tous ensemble ». On ressent chez elle cette volonté d’utiliser la musique comme catharsis, chose qui semble bien fonctionner à son sujet, mais encore faut-il s’assurer de ne pas trop se plonger dans la mélancolie. Heureusement, sa performance sur Amaze Me et la reprise de la chanson Another World d’Anthony and the Johnsons ont été des éléments phares qui ont laissé une belle impression générale et qui ont mis le moral dans le tapis en plus de la présence d’harmonies vocales et de Feist sur la dernière chanson. Mention honorable à ses musiciens qui ont aidé à donner de la véracité aux émotions véhiculées et grâce à eux, la performance était d’autant plus relevée et ajoutait à la conception un aspect très cinématique. 

La Force a peut-être terminé sa prestation sur une note un peu plus abrupte, mais c’était pour créer la surprise de retentir sur l’autre scène en compagnie de Feist. Belle surprise à ce sujet, alors que ça a donné le ton au dernier spectacle de la soirée. À l’écoute studio des albums de Feist, sans ne l’avoir jamais vu sur scène, on pouvait s’attendre à un spectacle de fin de soirée assez calme. Coup de théâtre, alors que c’est tout le contraire qui s’est passé et mis à part un léger passage à vide lorsque ses musiciens ont libéré la scène pour la laisser seule l’instant de quelques chansons, on peut dire qu’elle et son groupe avaient le vent dans les voiles pour conclure la première journée du festival avec beaucoup de rythme et de jovialité. Les productions riches établies dans un registre à la fois pop et rock teintées par un léger folk en ont gagné plus d’un sur la performance d’une artiste désormais connue de plusieurs générations. C’est d’ailleurs ce fait d’armes qui en fait la réussite de son passage, alors qu’on sentait une réelle connexion entre son aisance, son charme et le public, surtout lors de sa performance sur A Man Is Not His Song et sa célèbre Mushaboom.

Chose que l’on puisse dire, c’est que la programmation variée de cette première journée est une réussite et laisse place à une très sincère appréhension pour le reste de la fin de semaine. 

Crédit photo: Alexanne Brisson

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