Critique : The Flaming Lips - Oczy Mlody - Le Canal Auditif

Critique : The Flaming Lips – Oczy Mlody

L’un des groupes préférés de l’ami Charles Laplante (pas vraiment!) lançait le 13 janvier dernier un 14e album studio. Les Flaming Lips étaient donc de retour avec Oczy Mlody. Le dernier album officiel de la formation, The Terror, avait pour sa part paru en 2013. La bande à Wayne Coyne a également fait paraître quelques inutilités ces dernières années, entre autres, l’imbuvable With A Little Help From My Fwends; cette inutile relecture du Sgt. Peppers Lonely Heart Club Band des Beatles.

Réalisé encore une fois par Dave Fridmann (Baroness, MGMT, Spoon, etc.) Oczy Mlody raconte l’histoire d’une « nouvelle humanité » entichée par une drogue en vogue qui la propulse dans un univers féérique/enfantin. Fait à noter, l’amie de la formation, Miley Cyrus, pousse la vocalise, au maximum de ses faibles possibilités, dans la conclusive We A Family. Aux dires de Coyne, Oczy Mlody se situe entre le psychédélisme hallucinogène de Syd Barrett et le hip-hop contemporain de A$AP Rocky… après plusieurs écoutes, je ne vois toujours pas le rapport avec le rappeur.

En toute franchise, le déclin des Flaming Lips se poursuit avec ce nouvel album. Malgré le concept ampoulé, la basse tonitruante (qui est la seule constante musicale de ce disque inconstant) et le virage synthétique assumé, on peine à trouver une seule pièce valable dans ce fourre-tout faussement expérimental.

La réponse réside probablement chez le principal compositeur et tête dirigeante de la formation, Steven Drozd. Il ne faut pas se leurrer, même si Coyne est le porte-étendard des Flaming Lips, c’est la santé mentale et créative de Steven Drozd qui dicte la qualité de tous leurs albums. Bien franchement, depuis Embryonic (2009), le musicien est en perte de vitesse créative accentuée. Combiné au départ du batteur Kliph Scurlock (la parfaite réincarnation de John Bonham de Led Zeppelin), les Flaming Lips retrouvent leur naturel : un groupe surévalué qui nous a fait bien triper pendant deux ou trois albums, mais qui n’a pas l’assurance technique et imaginative pour être une véritable entité d’importance.

Ceux qui connaissent bien les Lips savent que la voix et les mélodies de Coyne ne sont pas ce qui a fait sa renommée, tant s’en faut. C’est surtout son charisme et son positivisme naïf qui ont fait de lui une icône du rock américain. Sur Oczy Mlody, les faiblesses mélodiques du chevelu chanteur sont plus que jamais étalées au grand jour. Alors, tous ces éléments nocifs mis ensemble donnent un disque très moyen, et ce, même si j’ai apprécié les éléments synthétiques incorporés au psychédélisme habituel du groupe.

La décroissance se poursuit donc pour les natifs d’Oklahoma City et je n’anticipe aucun retour à la vie pour ces probables has-been. Ne reste plus qu’à se rabattre une fois de temps en temps sur The Soft Bulletin et Yoshimi Battles The Pink Robots pour se rappeler du bon vieux temps. Ce n’est pas bien grave. Nous serons tous un jour ou l’autre en état de dégénérescence, n’est-ce pas?

Ma note: 5/10

The Flaming Lips
Oczy Mlody
Warner Brothers
57 minutes

http://flaminglips.warnerbrosrecords.com/OczyMlody/

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