Pop Archives - Page 68 sur 69 - Le Canal Auditif

Real Estate – Days

Real Estate est un groupe indépendant américain originaire de Ridgewood dans l’état du New Jersey formé de Martin Courtney, Matt Mondanile et Alex Bleeker. Influencé par des formations tels que Ride, The Go-Betweens, The Feelies et Stone Roses, le son de Real Estate est caractérisé par des guitares scintillantes et cristallines, des mélodies simples et relâchées. Les structures chansonnières sont élémentaires mais derrière cette simplicité, se cache un travail orfévré; au niveau des guitares plus particulièrement.

La semaine dernière Real Estate lançait sur le marché son deuxième album intitulé Days qui, à ma grande surprise, s’est classé au 52e rang des albums les plus vendus selon le magazine Billboard. Ce Days renferme très peu de surprises; toujours les guitares somptueuses et les voix décontractées et vaporeuses, mais à la différence que la réalisation de Kevin McMahon fait ressortir encore plus les forces de Real Estate. À la première écoute, c’est l’apparente linéarité des chansons qui nous laisse pantois mais dès la deuxième écoute les ritournelles s’incrustent lentement et sûrement dans nos oreilles.

L’excellente It’s Real et son refrain imparable, Municipality, Wonder Years et Younger Than Yesterday sont les morceaux les plus attachants de cette galette. Days est un disque de « rock détente » indépendant … et c’est loin d’être péjoratif ! Les influences musicales assumées sont joliment assimilées donnant un résultat satisfaisant qui fait parfois penser à un Deerhunter plus épuré et plus paisible. Days est sans contredit un album réussi qui saura combler les amateurs de rock exigeants à la recherche de cohérence musicale. Real Estate, une formation à suivre!

Ma note : 3/5

Real Estate
Days
Domino Records
42 minutes

myspace.com/realestate

Florence + The Machine – Ceremonials

Florence + The Machine est le nom de scène adopté par la chanteuse britannique et auteure compositrice interprète Florence Welch. La semaine dernière, elle lançait sur le marché sa deuxième offrande intitulée Ceremonials; disque qui fait suite au très acclamé Lungs paru en 2009. Florence + The Machine, c’est de la pop bien mélangée à du soul parfois dansant, agrémentée de quelques pincées de rock; ce qui confère à l’ensemble une signature musicale unique et forte… mais c’est aussi et surtout la voix puissante de Mme Welch.

Réalisé par Paul Epworth, l’homme derrière les albums de Cee-Lo Green, Adèle et Bloc Party, Ceremonials est un disque de pop orchestral de grande envergure, à l’univers ensorcelant, qui nous captive et nous envoûte du début à la fin. La grande prêtresse rousse à la voix haut perchée interprète ses chansons avec une intensité non feinte qui rappelle parfois Kate Bush. Des chansons sublimes, le disque en contient en abondance! Que ce soit le prochain succès Shake It Out, la grande chanson pop rock que représente What The Water Gave Me, la très « soul orchestrale » Lover To Lover, la presque gospel No Light No Light, la fédératrice Heartlines et j’en oublie sûrement. Appuyée par de solides musiciens et une réalisation irréprochable, Florence Welch nous offre douze cérémonies d’anthologie.

Ceremonials est sans contredit le meilleur disque de musique pop que j’ai entendu ces dernières années. Florence Welch et sa Machine méritent et devraient atteindre (du moins, je l’espère fortement), les hautes sphères de sa catégorie musicale. Ce que Coldplay n’a pas réussi, Florence + The Machine parvient à le réaliser et ce, après seulement deux albums. Du très grand talent! Une longue carrière qui s’annonce! Si vous aimez la pop orchestrale brillamment écrite, composée et réalisée de main de maître, ce disque est pour vous!

Ma note : 3,5/5

Florence + The Machine
Ceremonials
Island/Universal
59 minutes

florenceandthemachine.net/

Coldplay – Mylo Xyloto

Coldplay revient avec sa cinquième parution intitulée bizarrement Mylo Xyloto, trois années après le triomphant Viva La Vida Or Death And All His Friends. Mylo Xyloto est un pseudo album concept racontant une histoire d’amour ponctuée de hauts et de bas mais qui se termine dans l’apothéose; un prétexte pour le beau Chris Martin d’exprimer sa panoplie de bons sentiments…

Ça démarre sur des chapeaux de roues avec Hurts Like Heaven, une chanson pop fédératrice qui rappelle un peu Arcade Fire. Suit le simple Paradise : du Coldplay typique; un refrain prévisible mais accrocheur. Se succèdent Charlie Brown, Us Against The World et Every Teardrop Is A Water Fall qui retentissent comme de pâles ritournelles rendant un triste hommage à U2. Entre autres, l’introduction d’Every Teardrop Is A Waterfall est un pastiche à peine voilé de Where The Streets Have No Name de la bande à Bono. Seul moment un tant soit peu astucieux est Princess Of China, où Rhianna pousse quelques vocalises. Une chanson ultra radiophonique, un peu trop réalisée (comme le reste de l’album par ailleurs), mais qui a le mérite d’être contrastante. Un bel essai.

Malheureusement Mylo Xyloto est un autre disque moyen de Coldplay. Les refrains sont victorieux, les orchestrations majestueuses, quoique parfois pompeuses, mais les structures chansonnières et les mélodies sont tout ce qu’il y a de plus présumables. Mylo Xyloto est un disque monotone, répétitif et racoleur. Les ambitions de Coldplay sont démesurément flagrantes: la formation britannique tente le grand coup du chef-d’œuvre de la musique pop et ainsi, elle s’empêtre dans les méandres de la réalisation ampoulée; oubliant tout simplement d’écrire de bonnes chansons.

À mon humble avis, le prochain album sera déterminant pour l’avenir de Coldplay; ou la formation britannique se réinvente et redevient crédible ou elle se condamne à composer de la bonne pop à numéro… comme elle vient de le faire sur Mylo Xyloto!

Ma note : 2/5

Coldplay
Mylo Xyloto
EMI Records
46 minutes

coldplay.com

Feist – Metals

Il y eu la naissance de Feist, en 2004, avec Let it Die. On y découvrait alors une nouvelle artiste pop folk canadienne, issue du punk rock, au potentiel intéressant. On se disait qu’on allait suivre cette nouvelle artiste, pour voir si son deuxième album allait être à la hauteur de ce premier jet musical.

Puis, en 2007, est arrivée la bombe The Reminder. Une musique folk fortement teintée de refrains accrocheurs. Ce disque a rapidement conquis un nouveau public – et les gens de chez Apple! –, propulsant la jeune femme à l’avant-scène de la musique pop nord-américaine, avec notamment la chanson 1 2 3 4 qui perce le top 10 du Billboard américain.

Tout ce succès, cette notoriété et cette attention entraînent bien évidemment une pression et une attente démesurée quant aux projets futurs de Feist. Bien consciente de cela, elle a décidé de prendre une pause d’une année, le temps de recharger les batteries et de trouver l’énergie nécessaire pour faire face à la musique. Voici donc que nous arrive ces jours-ci son troisième album, au titre de Metals.

Il suffit de trois ou quatre écoutes du disque pour être conquis. Certes, on ne retrouve pas sur Metals cet esprit bon enfant qui avait fait le succès de The Reminder. Et c’est bien tant mieux! On espérait justement que Feist ne nous propose pas une simple suite à son deuxième disque. Exit donc les refrains vendeurs et répétitifs, les accords simples et élémentaires qui avaient tant fait le bonheur des radios commerciales et des publicitaires. Place maintenant à une musique folk complexe et engagée; à une mélancolie plus sentie.

Dès l’ouverture, l’amertume entre dans nos oreilles sans difficulté avec The Bad In Each Other; toujours avec cette voix cassée si caractéristique. Elle partage le micro avec Bry Webb, leader de la défunte formation Constantines. S’enchaînent les Graveyard (belle utilisation du loop vocal pour les refrains), Caught A Long Wind (au piano, son acolyte Gonzales) et How Come You Never Go There (forte ressemblance au travail d’Aimee Mann).

Au final, 14 chansons où les cuivres discrets mais efficaces et le piano – omniprésent – donnent un goût mi-sucré, mi-amer à cet album. On ressort de l’écoute avec un goût de Metals dans la bouche… et dans les oreilles!

Ma note : 4/5

Feist
Metals
EMI Music
50 minutes

listentofeist.com

St.Vincent – Strange Mercy

Annie Clark est une multi-instrumentiste né en 1982 et qui performe sous le nom de St.Vincent. Elle a joué en tournée avec l’icône indie américaine Sufjan Stevens. Elle a également ouvert, entres autres, pour Grizzly Bear, Arcade Fire et Death Cab For Cutie; pour ne nommer que ces pointures. Bref, la jeune femme originaire de Tulsa en Oklahoma a un curriculum vitae assez bien garni! Avant la parution de Strange Mercy début septembre, elle possédait deux autres albums au compteur : Merry Me (2007) et Actor (2009).

Strange Mercy débute avec Chloé In The Afternoon, en référence au film du cinéaste français Eric Rohmer. Tous les ingrédients de la musique de St.Vincent y sont : synthétiseurs fantasmagoriques, guitares rock mais aux motifs complexes, rythmes syncopés, structures recherchées, le tout en osmose avec une mélodie pop infaillible. Strange Mercy est un disque de séparations, de regrets et de rencontres fortuites superbement écrit par Annie Clark. Décidément, la jeune dame possède tous les talents!

Cet album foisonne de morceaux débridés et étonnamment harmonieux : le hit Cruel, la rock Cheerleader, la mélodique Surgeon et la fracassante Northern Lights représentent les meilleures pièces du disque. Passés les obstacles de la première écoute, le disque se révèle comme une oeuvre musicale majeure. La prouesse de cette création réside dans le fait que St.Vincent nous propose une randonnée tortueuse à travers le pop, le rock et l’électronique, dans des charpentes musicales uniques, sans jamais perdre de vu, la destination finale. On arrive sain et sauf, le sourire aux lèvres, avec le pressentiment qu’on vient de dépister un formidable talent! Voulez-vous entendre quelque chose de VRAIMENT différent en 2011? C’est le disque qu’il vous faut! Assurément parmi les dix meilleurs albums de l’année!!!

Ma note : 4/5

St.Vincent
Strange Mercy
4AD
36 minutes

ilovestvincent.com