La Brute du Rock Archives - Le Canal Auditif

Power Trip – Nightmare Logic

Avertissement : Si vous lisez ce texte afin d’y faire une découverte musicale qui sonne comme les cinquante dernières saveurs du mois qui vont sombrer dans l’oubli général d’ici trois semaines, alors vous serez fortement déçu.

C’est que la formation baptisée Power Trip, qui a vu le jour à Dallas, dans l’état du Texas, aux États-Unis, sonne déjà comme un artéfact et n’a pas grand-chose pour plaire à la masse. Il est plus qu’évident que la bande constituée de cinq crottés, qui n’ont absolument rien d’une carte de mode, n’aura jamais le moindre succès auprès des hipsters qui changent de groupe préféré tous les trois jours, soit aussi souvent qu’ils changent de tenue vestimentaire quotidiennement.

Paru le 27 février dernier, Nightmare Logic est le deuxième album en carrière du quintette. Bien que la sortie du disque soit récente, la production de celui-ci nous ramène directement en 1989. C’est que la réalisation sonne un peu, voire beaucoup, comme les albums thrash métal de l’époque. Je pense ici, entre autres, à l’excellent Beneath The Remains de Sepultura, ou bien Master of Puppets de Metallica.

Et vous savez quoi? Sans tomber dans la nostalgie inutile qui envahit beaucoup trop souvent notre société, et par le fait même le monde de la musique, ça donne une authenticité sans égal au disque et ça peut faire sourire à pleines dents. Ça me rappelle aussi qu’à cette époque je portais des souliers Stan Smith et que j’étais résolument un visionnaire de la mode. Un genre de Jean Airoldi, mais en moins insignifiant et superficiel.

La plus grande force de Power Trip, et ce qui se démarque plus particulièrement sur ce Nightmare Logic, c’est la puissance des riffs qui sont tous plus lourds ou rapides les uns que les autres et que l’on retrouve d’un bord à l’autre des 33 minutes bien compactes de la galette. Des riffs aussi massifs et solides que pouvait le faire Sepultura dans leurs meilleures années. Je pense même qu’il ne serait pas surprenant de croiser le Dalaï-lama en train de faire du headbanging lors d’un concert du groupe. Quoique c’est peut-être juste un problème d’imagination un peu trop fertile dans mon cas. Ça reste à voir.

Des 8 pièces qui constituent Nightmare Logic, quelques-unes sont particulièrement réussies. Je pense ici à Ruination qui pourrait décaper votre patio en quatre minutes. Il s’agit tout simplement de placer vos haut-parleurs sur le patio et de faire jouer la chanson, puis le tour est joué. Il y a aussi If Not Us Then Who, avec son riff final de plus de deux minutes, qui est d’une puissance inouïe avec un niveau d’exécution sans reproche. Parmi les autres très bons coups des pouilleux, il y a la chanson-titre qui donne envie de se laisser pousser les cheveux jusque dans le milieu du dos, puis de porter un t-shirt noir avec le dessin d’une tête de mort. Quant à elle, Crucifixation, qui clôture l’album, donne carrément envie de refaire jouer l’album immédiatement.

Pas de doute possible, Power Trip nous livre un Nightmare Logic qui ne fait pas dans la dentelle ni dans la broderie, et qui est dans la plus pure tradition des albums thrash métal. Un excellent disque à écouter le volume au fond, qui saura plaire à toutes les brutes de ce monde.

Power Trip
Nightmare Logic
Southern Lord Records
Paru en février 2017
33 minutes

Liste des chansons :
1. Soul Sacrifice
2. Executioner’s Tax (Swing Of The Axe)
3. Firing Squad
4. Nightmare Logic
5. Waiting Around To Die
6. Ruination
7. If Not Us Then Who
8. Crucifixation

https://powertripsl.bandcamp.com/

Iron Reagan – Crossover Ministry

Iron Reagan c’est une brigade constituée de cinq pouilleux, en provenance de Richmond dans l’état de Virginie, aux États-Unis, et qui combinent le thrash métal à du speed métal et du punk/hardcore de catégorie A. Est-ce qu’ils sonnent parfois quelque peu comme les vétérans et vénérés métalleux Slayer? La réponse est évidemment affirmative. Est-ce qu’ils nous rappellent à l’occasion les pionniers du punk/hardcore que sont les Dirty Rotten Imbeciles? La réponse est encore une fois dans l’affirmative. Est-ce que leur musique me donne envie de crisser le son dans le fond pis boire de la bière comme un adolescent? Je vous laisse deviner la réponse.

Constitué de dix-huit chansons, pour un total de vingt-neuf minutes, Crossover Ministry est un album qui n’a absolument rien d’apaisant. En effet, on y retrouve sur celui-ci des guitares aussi mordantes que l’a été Mike Tyson durant son combat face à Evander Holyfield en 1997, puis une batterie qui s’assure de nous rappeler du début à la fin que nous n’avons pas affaire à un album de musique ambiante qui favorise la détente et la réflexion profonde. Disons que ça pioche en masse pis que si tu veux te garder le toupet en place, tu as intérêt à te vider une vieille canette de fixatif à cheveux sur la tête.

Iron Reagan compte dans ses rangs quelques vieux routiers qui proviennent, entre autres, de bands tels Municipal Waste, Darkest Hour et Cannabis Corpse (à ne pas confondre avec Cannibal Corpse), puis l’expérience acquise au sein des ces diverses formations s’entend très bien. Ces salopards ont su convaincre l’inimitable Kurt Ballou (Converge) à s’activer derrière la console pour le mixage final et, encore une fois, il accomplit de l’excellente besogne. C’est que l’ami Ballou a su capter la fougue et l’approche « old school » du groupe tout en leur donnant un son qui ne semble pas trop dépassé et désuet. C’est un peu comme si 1988 sonnait comme 2017. Mettons.

Parmi les meilleurs coups de hache dans le front, on y retrouve A Dying World qui ouvre le bal admirablement bien à l’aide de puissants riffs que tous les fans de métal sauront appréciés. Il y a aussi la très musclée Dead With My Friends que ne renierait sûrement pas D.R.I. Tout comme la suivante qui est intitulée No Sell qui, avec sa durée de treize secondes, ne vous donne même pas le temps de cligner des yeux. Que dire de plus à propos de la pas vraiment subtile Fuck The Neighbors? À part qu’elle donne envie de lancer un furieux « mosh pit » dès qu’elle joue. Parmi mes préférées, il y a Bleed The Fifth et Shame Spiral qui se retrouvent dans le dernier tiers de l’album. Album qui, dois-je le rappeler, ne donne pas le moindre répit à l’auditeur. Une réelle décharge électrique de la première à la dernière seconde. Des 220 volts à part de ça.

Il est évident que pour le commun des mortels que ce disque pourrait goûter le sable, mais pour toutes les brutes de ce monde, ce Crossover Ministry est une oasis de violence sonore.

En terminant, sachez que si je devais donner une note sur l’échelle de Richter à Crossover Ministry, l’Amérique du Nord serait en sérieux danger de s’écrouler. Quoiqu’avec le bouffon de Donald Trump aux commandes, il n’est pas impossible que ça se produise.

Iron Reagan
Crossover Ministry
Relapse Records
29 minutes
Paru en 2017

Liste des chansons :

1- A Dying World
2- You Never Learn
3- Grim Business
4- Dead With My Friends
5- No Sell
6- Condition Evolution
7- Fuck The Neighbors
8- Power Of The Skull
9- Crossover Ministry
10- More War
11- Blatant Violence
12- Parents Of Tomorrow
13- Bleed The Fifth
14- Megachurch
15- Shame Spiral
16- Dogsnotgods
17- Eat Or Be Eaten
18- Twist Your Fate

https://ironreagan.bandcamp.com/

The Dirty Nil – Higher Power

C’est en 2006 que la formation The Dirty Nil a vu le jour lorsque trois adolescents fréquentant la même école secondaire, à Dundas, pas très loin d’Hamilton en Ontario, ont décidé de s’unir pour former un band punk.

Maintenant devenus des hommes dans la vingtaine, Luke Bentham, David Nardi et Kyle Fisher ont lancé il y a un an, plus précisément le 26 février 2016, leur premier album en carrière. Il est judicieusement intitulé Higher Power. Disons que l’énergie et la fougue que l’on retrouve sur cette galette punk tendent à donner raison au titre choisi.

De nos jours, avec tous les sous-genres de musique punk existants, le public est devenu beaucoup plus varié et par le fait même, moins homogène qu’à une certaine époque. Voilà pourquoi le terme « musique punk » me semble plus galvaudé que jamais… et qu’il me tombe parfois royalement sur les nerfs. Cela dit, je ne peux décrire la musique de The Dirty Nil comme étant du blues ou du hip-hop, ce serait un grossier mensonge digne de Donald Trump, ce grand toupet orangé qui semble détenir la vérité absolue; un spécialiste des « faits alternatifs ».

Ce serait aussi une fausseté d’affirmer que la formation canadienne vise le public qui écoute le pop-punk bonbon/soporifique de Simple Plan. Bien qu’elles soient parfois bruyantes et enragées, ce serait également une tromperie que de faire croire que les chansons de The Dirty Nil sont aussi assourdissantes que celles des anglais Blacklisters ou Pulled Apart By Horses.

Alors où se situe exactement le punk de The Dirty Nil dans tout ça? Je dirais qu’il se rapproche davantage de la musique de groupes tels que Greys, Titus Andronicus, Fidlar et Meat Wave. À noter que certains riffs ou sonorités peuvent facilement rappeler certaines excellentes formations des années 90. Je pense entre autres à Handsome, Quicksand, Seaweed et Nirvana.

Avec son énergie débordante et ses mélodies qui savent captiver l’attention, Higher Power devient vite une invitation au péché sonore. Effectivement, l’offrande de dix chansons, pour un court total de 27 minutes, incite fortement à mettre le volume à fond de train et de faire du « air guitar ». S’il y a un seul bémol à ce disque, c’est sa trop courte durée. Au moins, ça ne donne absolument pas le temps à l’auditeur de s’ennuyer et ça permet de n’y retrouver aucune chanson moche dans le lot.

La collaboration entre les trois membres est bien plus qu’une simple addition de talents et de vieilles amitiés, mais bien une vraie alchimie musicale construite au fil des ans, et ça s’entend de la première à la dernière seconde.

Bien que la formation ne compte que quelques maxis à son actif, Higher Power représente pour l’instant que leur seul album officiel au compteur. En espérant que la guigne du deuxième disque ne leur tombe pas dessus comme bien d’autres groupes qui mélangent le punk et le grunge. Disons que pour le moment le futur semble brillant pour The Dirty Nil, ce qui est tout le contraire de la politique internationale actuelle.

The Dirty Nil
Higher Power
Dine Alone Records
27 minutes
Paru en 2016

Liste des chansons :

1. No Weaknesses
2. Zombie Eyed
3. Wrestle Yü To Hüsker Dü
4. Lowlives
5. Friends In The Sky
6. Violent Hands
7. Know Your Rodent
8. Fugue State
9. Bruto Bloody Bruto
10. Helium Dreamer
11. Bury Me At The Rodeo

http://dinealonerecords.com/artists/the-dirty-nil/

Breach – Kollapse

BreachD’entrée de jeu, je me dois d’admettre que je connais la formation suédoise Breach que depuis quelques mois. C’est ici même, sur Le Canal Auditif, que j’ai fait la découverte de ce groupe lorsque, mon vieil ami et collègue Mathieu Robitaille, a interviewé l’important groupe Cult Of Luna au mois d’août dernier dans le cadre du festival Heavy MTL. C’est durant cette intéressante entrevue que Johannes Persson, chanteur et guitariste de la formation, a fait mention de l’album It’s Me God du groupe Breach comme étant aussi important pour lui que peut l’être OK Computer de Radiohead pour toute une génération de mélomanes.

En lisant ça j’ai fait ni une ni deux, puis je me suis mis It’s Me God dans les oreilles avec, bien sûr, le volume frôlant l’illégalité. Ç’a été une vraie gifle en plein visage. Un solide coup de pied au cul. Un coup de foudre instantané.

Ça m’a alors convaincu d’écouter tous leurs disques, du premier au dernier, pour finalement faire connaissance avec Kollapse, leur dernier album en carrière, paru en décembre 2001, peu de temps avant qu’ils ne se séparent durant l’année 2003. Cette fois-ci, j’ai eu l’impression de recevoir un violent coup de la corde à linge par Hulk Hogan. Cet homme qui n’a bien sûr jamais consommé de stéroïdes anabolisants ni bu de milk-shakes ou autres trucmuches beaucoup trop protéinés. Ça semble si naturel. Bref, tout ça pour dire que ç’a été un autre coup de foudre immédiat.

Kollapse est un disque sur lequel les musiciens sont nettement au-dessus de la mêlée et qui démontre que le sextuor scandinave est d’une cohésion à faire peur. Sur l’offrande de quarante-huit minutes qui frisent la perfection, on y retrouve quelques chansons instrumentales ou bien qui comportent que peu de paroles. Lorsqu’il y en a, le chanteur Tomas Hallbom régurgite celles-ci avec une virulente rage qui ne fait aucun doute sur son état d’esprit. Presque à chaque fois qu’il pousse la note, il pourrait faire lever un nuage de poussière dont vous ne suspectiez même pas l’existence dans votre salon, votre voiture ou même vos écouteurs.

Du début à la fin, les nombreux riffs s’imbriquent les uns dans les autres, à peu près jamais de la même façon, mais toujours de la meilleure manière possible. Les humeurs et ambiances proposées tout au long de Kollapse sont très variées. Par exemple, les pièces les plus hardcore et brutales du lot, je pense ici à Old Ass Player et Breathing Dust, nous font sentir comme si nous étions dans une sécheuse tant elles nous brassent solidement du début à la fin. Seven, la chanson la plus calme et mélodieuse, voire même mélancolique, est aussi douce qu’une caresse céleste sur le visage. Mettons.

Pour ce qui est de Lost Crew, qui se trouve en plein milieu de la galette, elle peut faire penser à un autre excellent groupe de Suède, Refused. On y retrouve aussi quelques chansons plus en progression, qui se rapprochent du post-rock, avec une logique de crescendo. Parmi celles-ci, il y a Big Strong Boss qui ouvre le bal ainsi que la chanson titre, Kollapse, qui clôt l’œuvre de bien belle façon.

La musique de Breach n’est certes pas toujours reposante, mais elle est grandiose et toujours livrée sans faille. Une musique qui nous est crachée en pleine face sublimement et qui devrait assurément plaire aux amateurs de Cult Of Luna, Isis, Russian Circles et Neurosis. Pas de doute, Breach est un groupe qui est juché bien haut dans le firmament des bands post-métal, post-hardcore, post-rock ou post-ce-que-vous-voudrez.

Breach
Kollapse
Burning Heart Records
48 minutes
Paru en 2001

1. Big Strong Boss
2. Old Ass Player
3. Sphincter Ani
4. Alarma
5. Lost Crew
6. Teeth Out
7. Breathing Dust
8. Mr. Marshall
9. Seven
10. Murder Kings And Killer Queens
11. Kollapse

https://www.facebook.com/breachofficial

Lamps – Under The Water Under The Ground

lamps-under-water-under-ground_grandePour la plupart d’entre nous, le rock’n’roll est une musique énergique, simple et joyeuse, qui incite à danser. Grandement inspirée du blues, du swing et du boogie-woogie, elle est la plupart du temps très festive et donne envie de s’éclater jusqu’aux petites heures du matin. De préférence avec deux ou trois petits verres dans l’nez pour se faire aller les hanches sans trop de retenue. Pour la formation californienne Lamps, il en est tout autrement. Et pas à peu près.

Effectivement, le trio composé de Joshua Erkman, Monty Buckles et Jimmy Hole, ne voit clairement pas la chose sous cet angle. Leur rock’n’roll garage est brutalement mélangé à du noise-rock et du punk qui n’est pas de tout repos. Tout ça, sans aucun compromis. Pour vous donner une idée à quoi ressemble la musique de Lamps, je dirais qu’elle est aussi délicate et radieuse que l’application Tinder peut être romantique.

Sorti en 2012, l’album intitulé Under The Water Under The Ground en est un aussi malsain qu’attractif. Le type d’album que tu ne peux t’empêcher d’écouter à l’occasion, mais qui te fout presque toujours la trouille, ou bien alors te fait rire jaune poussin. Bien que le trio nous propose une musique à la fois asphyxiante et quelque peu bourrative, il y a ce fort côté lugubre et mystérieux qui peut inciter les plus aventuriers à y revenir de temps à autre. Ceux et celles qui préfèrent la musique pop ou les ballades sirupeuses peuvent passer go… et ne rien réclamer!

Doté d’une réalisation de type «papier sablé à grains extra gros», Under The Water Under The Ground est un enregistrement d’une demi-heure qui décape pas rien qu’un peu. Une offrande musicale aussi douce aux oreilles que peut l’être de la sauce Tabasco dans un œil. La guitare électrique y est bruyante, régulièrement dissonante, et donne bien des fois dans la surenchère de distorsion, pendant que la basse est aussi sale que l’eau du Gange. La voix tantôt nasillarde, tantôt amorphe de Monty Buckles, est presque toujours noyée dans le vacarme du trio. D’ailleurs, ne cherchez pas les mélodies vocales hyper accrocheuses, il n’y en a que très peu, pour ne pas dire pantoute. De l’attitude punk à son meilleur.

La galette, d’une durée de 31 minutes bien compactes, s’ouvre sur la courte et explosive chanson intitulée Dogcatcher, qui elle, change d’humeur aussi souvent que Pamela Des Barres changeait de vedette rock durant les années 60 et 70. Les deux morceaux suivants, nommés Clouds et An Irrational Fears Of Sailors, sont probablement ceux qui écorchent le moins les canaux auditifs et rappellent quelque peu l’excellente formation The Intelligence. Par la suite, et jusqu’à la fin, c’est une décharge sonore sans merci. Les Learned Hopelessness, Guided Missile, Pagodas et I’ve Been On A Lot Of Camels m’apparaissent être les autres pièces les mieux réussies du lot.

Dire que cette offrande musicale n’est pas destinée à tous relève de l’euphémisme. La très forte majorité des gens préféreraient probablement boire un grand verre de décapant à peinture plutôt que d’écouter une demi-heure de Lamps. Par contre, ceux et celles qui oseront écouter Under The Water Under The Ground quelques fois, y trouveront un excellent disque qui se dévoile lentement au fil des répétitions et des saignements d’oreilles.

Lamps
Under The Water Under The Ground
In The Red Records
31 minutes
Paru en 2012

1. Dogcatcher
2. Clouds
3. An Irrational Fear Of Sailors
4. Learned Hopelessness
5. Pigeon Guided Missile
6. H.B.D.
7. You’re Belinda
8. Pagodas
9. Famous Chimps
10. I’ve Been On A Lot Of Camels
11. Hawaiian Voters

https://www.facebook.com/LAMPSLAMPSLAMPSLAMPS/