Chroniques

Modern English Decoration

  • Tough Love Records
  • 2017

Qu’est-ce que ça donne si on mélange la musique de Radiohead, Sonic Youth, Autolux, Brian Jonestown Massacre et Deerhunter ? C’est bien cela, votre réponse est bonne : ça donne de l’excellente musique. Mais il est aussi important de prendre note qu’il y a un groupe, en provenance de Reading, en Grande-Bretagne, qui semble s’inspirer fortement de ces formations, sans être une pâle et vulgaire photocopie, et qui, s’en tire admirablement bien. Je parle ici du groupe Ulrika Spacek. Absolument rien à voir avec l’ancien défenseur moribond des Canadiens de Montréal : Jaroslav Spacek. Le groupe est mille fois meilleur. Et fort probablement mille fois moins riche.

Paru en juin 2017, via l’étiquette Tough Love Records, Modern English Decoration est la deuxième galette du groupe à voir le jour, après un premier essai fort convenable, un an plus tôt, intitulé The Album Paranoia.

Ce Modern English Decoration, toujours excellent, de la première à la dernière note, constitue un périple de quarante-six minutes qu’on ne doit surtout pas interrompre si on souhaite comprendre l’univers de ces jeunes Anglais.

En effet, avec à l’avant-plan un trio de guitares qui donnent parfois dans les belles mélodies accrocheuses, quelques fois dans les envolées grinçantes de distorsions, ainsi qu’à quelques reprises dans le minimalisme un peu hypnotique, il n’est pas faux d’avancer que ces musiciens à six cordes nous font passer par toutes sortes d’émotions. Les dix morceaux qui composent l’album nous titillent les tympans sans temps mort à l’aide de fréquentes bourrasques électriques bien dosées.

La voix souvent relâchée et presque maladive du chanteur-guitariste, Rhys Edwards, est régulièrement submergée dans l’écho et la réverbération, et ça s’annexe fort bien avec l’ensemble du groupe.

L’ensemble des chansons se montre musicalement très cohérent et rend le disque parfaitement abouti. Les ambiances proposées sont en constantes progressions et nous démontrent à quel point le quintette est habile à créer des chansons efficacement construites. La bande semble privilégier l’instinct, plutôt que la technique, pour composer et assembler leurs chansons et puis ça, on aime ça beaucoup. Elle arrive même à puiser dans les méandres du krautrock, et puis ça aussi, on aime ça.

Ulrika Spacek saura plaire aux amateurs de rock alternatif, de shoegaze et de musique indie psyché. De la musique indie de bon goût, bien sûr. Pas celle qui goûte le prémâché que l’on entend beaucoup trop depuis six ou sept ans. Et ça ne sert à rien de me demander de quels groupes indie qui goûtent le prémâché dont je parle. Je ne le dirai pas. Je n’ai surtout pas envie de me faire agresser par quelques « courageux » sur les réseaux sociaux, puis devoir déménager au Kirghizistan sous un autre nom pour fuir ces menaces et commentaires désobligeants.

Pour terminer, sachez qu’à mon humble avis, avec le talent et l’aplomb démontré sur cet album, il n’y a pas vraiment de doute à y avoir, il faudra assurément compter sur Ulrika Spacek pour les années à venir. Du moins, je le souhaite fortement.

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