Beak> - >> - Le Canal Auditif

Beak> – >>

beak pochetteL’éminence grise derrière la formation Portishead, Geoff Barrow, est un musicien hyperactif et productif. En effet, lors de la dernière année, notre homme a dirigé de main de maître, l’excellent projet hip-hop nommé Quakers, et a également fait paraître un album avec son trio Beak> intitulé >>. Outre Barrow, la formation est complétée par Billy Fuller (Funk Against Junk) et Matt Williams (Tear Brick). Beak> crée une musique qui se situe aux frontières du krautrock, du new-wave, de l’électro et du rock psychédélique.

À moitié instrumentale, la musique de Beak> se caractérise par un climat sonore absolument sombre et lugubre, souvent claustrophobe, enjolivée de quelques salves de guitares électriques abrasives, et couronnée par une voix gémissante, mixée astucieusement à l’arrière-plan. Ce >> est sans contredit une création qui pourrait déstabiliser le mélomane avide de ritournelles plus accessibles; mais en ce qui concerne les oreilles plus aventureuses, ce disque est un must, rien de moins!

Beak> constitue une version totalement champ gauche d’un LCD Soundsystem qui viendrait s’acoquiner sournoisement avec les atmosphères aigres-douces et dissonantes qui dominent le plus récent Portishead. À la première écoute, nous sommes demeurés de marbre, mais au fil des auditions, cette offrande s’est de plus en plus révélée comme étant une parution de très haut niveau.

Cette œuvre anxiolytique regorge de morceaux qui s’incrustent lentement mais sûrement dans notre cortex cérébral. Nous faisons référence au minimalisme de Spinning Top, à la new-wave Yatton, à ce son de clavier (faisant penser à la trame sonore de Clockwork Orange de Kubrick) qui anime superbement Eggdog, à l’imparable riff abrasif de Wulfstan II, à la dansante/dissonante titrée Elevator, à la très Portishead (ne manque que la voix de Beth Gibbons) intitulée Deserters, et finalement, à la salopée Kidney, qui conclut magnifiquement ce périple délicieusement malsain!

… mais nous avons peu de mérite d’avoir tant apprécié ce disque, car tout le crédit revient à cette satanée Brute du Rock qui a promu cette parution au tout premier rang, dans sa liste des ses vingt meilleurs albums révélés en 2012. De notre côté, si nous avions pu entendre >> plus tôt, cette conception sonore se serait aisément hissée parmi nos disques prisés de l’année qui vient tout juste de s’achever. Parfaitement réussi pour la bande à Geoff Barrow! À écouter et écouter, encore et encore!

Ma note : 8,5/10

Beak>
>>
Invada
47 minutes

beak.bandcamp.com/

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