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Critiques

Truck Violence

The weathervane is my body

  • Mothland
  • 2026
  • 32 minutes
6,5

Le virage de Cru5t en punk hardcore en devenant Truck Violence a été fait avec succès. Aussi improbable que ce soit, un groupe de rap est devenu avant même la sortie de son premier album un groupe de punk hardcore assez fâché, merci. Sur The weathervane is my body, le groupe continue de creuser leur nouveau terrain de jeu, mais commence déjà à y inclure des influences extérieures au genre, comme le folk.

Dans cette nouvelle aventure, on remarque deux choses : d’abord le groupe a plus de moyens et l’ensemble de l’enregistrement sonne franchement mieux que le premier. Deuxièmement, Truck Violence a écouté beaucoup de Chat Pile depuis leur dernier album. On y retrouve beaucoup de cette approche brutale qui dépeint des scènes sous un jour quasi cauchemardesque. C’est particulièrement vrai sur Your name its walking ou encore New Jesus. La deuxième de plus reprend des thématiques habituelles du groupe américain, ce qui pousse encore un peu plus la comparaison facile entre les deux.

Cette nouvelle qualité d’enregistrement sourit à Truck Violence qui l’utilise à bon escient. C’est le cas sur My dog would fuck the air où la basse sonne en masse sous les couches de guitares bruyantes. C’est aussi vrai sur Jundiced and reaching for a mother qui complète une paire de chansons qui démarre The weathervane is my body avec un aplomb appréciable.

Là où Truck Violence surprend, c’est par le folk qui s’immisce entre les pièces plus lourdes de l’album, la première étant House caught on fire, qui mise à la fois sur des banjos et sur la guitare. Leur approche n’est pas traditionnellement folk, mais elle n’est pas non plus très éloignée de la chose. Ça donne de bons moments qui changent franchement le ton de Truck Violence. Gerard, be quiet est l’autre moment où le folk prend le dessus. Le seul moment où les deux univers cohabitent un peu, c’est Stomach as a tower and globules descending.

C’est un autre point faible. On sent que le groupe a une idée de mélange de genre qu’il serait capable de créer, mais il n’arrive pas tout à fait encore à faire cohabiter les deux univers. Sur The weathervane is my body, on se retrouve plutôt avec deux tranches de folk entourée d’un pain qui est formé de punk hardcore. Les deux univers ne se répondent pas tant que ça. Il y a comme un sentiment de dissociation qui se forme entre les deux couleurs.

C’est tout de même satisfaisant dans les moments plus lourds de The weathervane is my body. Cet album sonne comme le début de quelque chose qui n’est pas tout à fait achevé dans la recherche sonore. Si ce n’est pas tout à fait abouti ici, on ne peut qu’être curieux d’où se rendra Truck Violence à partir d’ici.

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