Critiques

This Is the Kit

Off Off On

  • Rough Trade
  • 2020
  • 46 minutes
8
Le meilleur de lca

Même si j’avais déjà vu This Is the Kit faire la première partie du groupe The National au MTELUS en 2017, je n’avais jamais pris le temps d’explorer leur catalogue. Alors, c’est avec grand plaisir que je termine mon année avec la découverte de leur dernier album, Off Off On.

Détenant déjà 4 albums studio à son actif, Krulle Bol (2008), Wriggle Out the Restless (2012), Bashed Out (2015), Moonshine Freeze (2017), ce projet mené par Kate Stables (guitare/banjo/voix), associé à la scène folk rock, et constitué des collaborateurs réguliers, Rozi Plain né Rosalind Leyden (basse/voix), Neil Smith (guitare) et Jamie Whitby-Coles (batteries), ajoute une convaincante cinquième pierre à l’édifice de son œuvre avec cette nouvelle offrande.

Produit par Josh Kaufman (Bonny Light Horseman, Muzz) et enregistré au studio Real World à Wiltshire au Royaume-Uni, bien avant le confinement, ce recueil de 11 chansons aux éléments automnaux et introspectifs fonctionne étonnamment avec le sentiment de vulnérabilité que beaucoup de gens éprouvent actuellement. Des chansons qui challengent, démêlent les nœuds émotionnels que nous possédons tous et tissent des histoires remarquables, exactement comme le confie la parolière en entrevue : “Off Off On est à propos des événements qui vous rattrapent et comment vous rattrapez les événements” et cela même dans les détails les plus intimes et sombres de la vie, tels que le décès d’un ami de la chanteuse dont la pièce-titre est inspirée.

« Breathe out, Breathe in but

Breathe out, both ways

You’re leaving both ways

Wide Awake

Eyes that move

In This Room

Sleeping Soon »

– Off Off On

Grâce à son chant somptueux et son habile jeu de banjo, la chanteuse séduit plus que jamais. Le groupe n’a rien perdu de son côté intimiste et sa meneuse se montre toujours aussi éloquente et dotée d’une sagesse insoupçonnée. Les envolées de guitare, les sonorités rétro, les harmonies vocales, les cordes et percussions parlent autant que les morceaux eux-mêmes, sinon davantage.

Partagé entre le folk traditionnel réinventé, l’indie rock, le blues et les ballades; le dosage est bon et l’énergie se défend bien. Tenant la cadence sur l’incisive This Is What You Did, la très jazzy Slider (où les cordes et les cuivres entrent en scène) ou encore sur la funky, coulante et déchirante Coming to Get You Nowhere, Stables se raconte avec une justesse troublante et innocemment désinvolte.

« Turn the timing off

Reverberate slightly obscene

Careful clarity

Fogging our breath on the screen […]

You don’t need to be

You won’t need to see

You won’t need to need

Anything when they’re coming to get you nowhere »

– Coming to Get You Nowhere

Une certaine plénitude s’installe à travers cet album et c’est pour cela qu’il est si attachant. Grande sensibilité atmosphérique, des paroles intelligentes, des instrumentations joliment disparates et de magnifiques modèles vocaux. Avec l’aide d’une bonne équipe de musiciens incluant le mari de Stables, Jesse D. Vernon comme guitariste et claviériste, le groupe s’étoffe au fur et à mesure et crée un album vertigineux et enivrant qui arrive à mettre en valeur les talents respectifs de chacun des membres, même si la parolière demeure de l’avant au fil de l’album.

Avec Off Off On, This Is the Kit dépeint un paysage sonore idéal et offre un album reposant et classieux à explorer lors des longues soirées d’hiver à venir.

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