Critiques

Rayland Baxter

Imaginary Man

  • ATO Records
  • 2015
  • 41 minutes
6,5

Rayland BaxterCommençons par les présentations.

Rayland Baxter, jeune trentenaire américain, adepte de la guitare et fils de Bucky Baxter, qui a notamment joué de la guitare glissante (slide guitar) aux côtés de Bob Dylan (sur les albums Unplugged et Time Out Of Mind), R.E.M. (Green) et, plus récemment, Ryan Adams (Gold, Demolition et The Suicide Handbook).

De ce paternel, Rayland a gardé l’efficacité des arrangements simples et entrelacés, puis y a ajouté un amour évident pour les histoires, les siennes, qui nous arrivent ces jours-ci numérisées sur son deuxième album solo, Imaginary Man.

Aux premières écoutes de ce disque aux accents americana et country alternatif, et à l’image de la pochette, où l’on voit le chanteur fraîchement rasé (il a porté durant quelques années la moustache et la coupe Longueuil!), on constate le travail (trop) propre et (trop) poli de Rayland Baxter, où les écarts de conduite sont peu nombreux.

En ouverture de ce onze pièces, trois compositions à la Paul Simon – on pense aussi à Peter Gabriel -, où la propulsion ne vient non pas de la guitare – bien exploitée cependant au deuxième rang -, mais bien de l’amalgame basse, batterie et clavier. Les refrains, simples, s’assimilent facilement.

Par contre, ce type musical a déjà été entendu (mille fois!) et ne permet pas à Rayland d’exploiter adéquatement son instrument de prédilection, à savoir la guitare. Cette dernière souffle finalement le chaud et le froid sur la quatrième composition du disque (Yellow Eyes), une pièce qui marque par le fait même la véritable entrée dans la tête – et dans les textes – du protagoniste.

Car voilà où l’intérêt réside vraiment sur ce Imaginary Man: dans les histoires entendues, celle marquée par le dérapage de l’amour, celui que l’on voit fuir sans pouvoir le retenir, celui qui rend fou.

«Je peux t’entendre de loin, je te vois, là-bas. Je peux bien sûr être ton ami, mais c’est seulement dans ma tête. Je ne veux pas me réveiller, mes yeux continuent de rêver» peut-on librement traduire des paroles cette chanson entendue à mi-parcours (All In My Head).

Cette spirale émotive, cette perte de contrôle associée à un amour qui se meurt ou non réciproque, Baxter en tire l’essentiel nécessaire au reste de son opus et, associés aux sonorités moins cadrées des chansons Young Man et Freaking Me Out, les textes trouvent (enfin!) un partenaire de jeu intéressant sur la deuxième portion du disque, alors que la guitare crie (quelque peu) et fait vibrer (à l’occasion) le cadre établi.

On aurait espéré plus de chansons de cet acabit, ce qui aurait permis une lecture différente et possiblement plus intéressante des histoires de fuite proposées par un Baxter bien en verve.

Ma note: 6,5/10

Rayland Baxter
Imaginary Man
ATO Records
41 minutes

http://www.raylandbaxter.com/imaginary-man/

https://soundcloud.com/ato_records/rayland-baxter-yellow-eyes

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