Critiques

American Football

LP4

  • Polyvinyl Records
  • 2026
  • 44 minutes
7,5

American Football a fait patienter un peu plus les fans qu’entre le deuxième et le troisième album, mais moins qu’entre le premier et le deuxième. Les cousins Kinsella et leurs amis, les deux Steve sont de retour pour autre tour de rock emo du Midwest américain. Bien qu’il s’en fût de peu! Steve Lamos avait décidé de quitter le groupe en juillet 2021, mais est revenu en 2023. Le quatrième album homonyme de la formation démontre qu’on peut vieillir comme du monde.

Dans une récente entrevue avec Kerrang!, Mike Kinsella affirmait qu’il ne voulait pas qu’American Football devienne un groupe dédié à la nostalgie. Tout semble indiquer que le groupe fait tout ce qu’il faut pour s’en éloigner. Commençons par le fait qu’il a invité la formation montréalaise Afternoon Bike Ride en tournée à travers les États-Unis. De plus, la formation a fait de la place à une autre génération de musiciens en invitant Brendan Yates de Turnstile sur le titre lancinant No Feeling. American Football a aussi tendu la main à la vedette montante du shoegaze Wisp pour la pièce Wake Her Up.

La formation reste bien ancrée dans le rock emo à travers l’album. Par contre, il montre aussi le côté plus math rock de son approche sur l’excellente Man Overboard qui ouvre l’album. Steve Lamos y montre l’étendue de son talent de batteur avec une excellente partition qui varie entre le très carré et un sentiment de batterie qui est en train de l’échapper. Une des meilleures partitions de percussions de l’année, il n’y a aucun doute. Blood On My Blood est un autre bon moment de LP4 qui mise plutôt sur un rock emo assez traditionnel.

La pièce de résistance est Bad Moon, qui prend plusieurs minutes pour s’installer sur une musique un peu plus douce, menée par le son d’une harpe et une basse avant que les guitares viennent en ajouter une autre couche. Puis, après la moitié de la pièce de passé, on tombe dans un vortex shoegaze irrésistible où, une fois de plus, Steve Lamos s’en donne à cœur joie à la batterie. Mike Kinsella est convaincant à travers l’album avec son ton emo bien dosé. Il est souvent lancinant, toujours mélancolique et mélodieux. Son summum est certainement son excellente interprétation sur Bad Moon alors que sa voix craque lorsqu’il chante le désespoir et la tentation du suicide.

I lost my mind in the dark
I told all my lies in the dark
I poured my drinks in the dark
I explored new kinks in the dark
I found every vein in the dark
I hid my shame in the dark
I got turned on in the dark
I was so far gone in the dark
I bit my tongue in the dark
I collapsed a lung in the dark
I held my breath in the dark
I welcomed death in the dark
I slit my wrists in the dark
I didn’t exist in the dark until I found you in the dark
Bad Moons

La fin de l’album est un peu moins convaincante, sans jamais être mauvaise pour autant. Ça s’essouffle tout de même à partir de Desdemona. Il faut dire que le groupe nous transporte à des climax franchement convaincants en amont de ces deux chansons.

Si la peur de la redite ou pire, de devenir un groupe de nostalgie, inquiétait American Football, il peut certainement se dire : mission accomplie. LP4 démontre une fois de plus la maîtrise du genre de la formation, la curiosité dont il fait preuve et la créativité immense de ses membres.

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