Ryan Adams - Ryan Adams - Le Canal Auditif

Ryan Adams – Ryan Adams

d138c563Quatorzième album au compteur pour le futur quarantenaire nommé Ryan Adams; un disque éponyme qui paraît trois ans après le bien reçu Ashes & Fire. Réalisé une nouvelle fois par Glyn Johns, le prolifique songwriter (qui a heureusement ralenti la cadence ces dernières années) s’est adjoint les services de compétents instrumentistes: Belmont Tench des Heartbreakers (claviers), Jeremey Stacey (batterie), l’ex-Cardinals Cindy Cashdollar (pedal steel), le comparse de toujours Ethan Johns (guitare) ainsi que le réputé Don Was (basse).

Adams s’est passablement assagi au cours des dernières années, lui qui était réputé pour ses comportements scéniques erratiques, ses prises de bec avec un certain public qui (sarcastiquement et volontairement) le confondait avec le Canadien soporifique Bryan Adams. Si on ajoute à cela, une consommation excessive de drogues, on pouvait craindre pour la longévité de la carrière de ce petit génie du songwrting. Génie? Absolument, car Ryan Adams peut écrire une panoplie de chansons qui se tiennent, et ce, dans un laps de temps ridiculement court, un peu comme un certain Joseph Arthur.

Ceci dit, le créateur chansonnier avouait en interview s’être inspiré des Smiths et du Velvet Underground pour la création de cet opus. Ce musicien, capable du meilleur (Heartbreaker, New York) et du pire (Orion) fait ce qu’il veut. Cette fois-ci, notre homme lorgne autant vers des hymnes «stadium rock» (Gimme Something Good), parfois «classic rock», à la Petty/Springsteen (Feels Like Fire) que vers les racines folk-country qu’il maîtrise si bien (My Wrecking Ball)… mais le Velvet et les Smiths semblent reléguer à l’arrière-plan, car l’empreinte Adams est trop forte. C’est un compliment, il va sans dire!

Cette production plaira assurément aux fans qui reconnaîtront d’emblée cette écriture chansonnière si authentique, même si la recette présentée ne présente pas beaucoup de modifications. Toujours ce songwriting complètement efficient qui côtoie une inconstance stylistique (moins marquée qu’à l’accoutumée) qui peut agacer le mélomane avide de stabilité; mais l’homme a encore la pêche et la maturité lui sied très bien. Un disque tout en finesse/retenue, un peu «adulte contemporain» qui tient somme toute très bien la route.

En plus des ritournelles évoquées auparavant dans le texte, on a beaucoup apprécié le riff à la Neil Young caractérisant Trouble, la touchante Am I Safe, et curieusement, le petit penchant pop-rock eighties titré Stay With Me qui normalement aurait dû exaspérer votre vieux grincheux favori. Pas un grand cru, mais un disque qui fait brillamment le travail au fil des auditions.

Alors? Un disque tout à fait délectable qui plaira aux fervents et qui pourrait séduire le mélomane friand de pop-rock astucieux et foutrement bien écrit. Adams est en contrôle (peut-être un peu trop) et fait la preuve de son indéniable talent de compositeur. Il s’affirme indéniablement comme une sorte de Gram Parsons modernisé. Fiable!

Ma note: 7/10

Ryan Adams
Ryan Adams
PAX AM
43 minutes

paxamrecords.com

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