Critiques

Puscifer

Existential Reckoning

  • Alchemy Recordings / BMG / Puscifer Entertainment
  • 2020
  • 66 minutes
5,5

Au printemps dernier, lors de la sortie de la chanson Apocalyptical, Maynard James Keenan exprimait son désarroi face à une société prise entre les complotistes qui nuisent aux questionnements importants de nos démocraties et des défenseurs fervents du pouvoir en place. On peut dire que cette réflexion teinte l’ensemble de l’album Existential Reckoning.

Puscifer a fait bien du chemin depuis V… is for Vagina. D’abord, très groovy et expérimental, le projet s’est transformé à travers les albums. On peut dire qu’Existential Reckoning est une sorte de plateau. On retrouve le groupe exactement à la même place musicalement que sur Money Shot en 2015. Et ce, malgré l’ajout de Greg Edwards (Failure) à la guitare. Sa venue ne change malheureusement pas grand-chose au son de l’album qui a été réalisé par Mat Michell, un membre central du projet depuis 2007.

Il y a de bons moments sur Existential Reckoning comme la surprenante Bullet Train to Iowa ou encore la plus dynamique Postulous. C’est peut-être la dernière pièce de l’album Bedlamite qui retient le plus l’attention avec son riff de guitare nerveux, sa batterie qui prend plus de place et ses arrangements qui dépassent le statu quo du groupe.

C’est un peu ça en fait le problème. Rien n’est mauvais. Mais rien ne sort du lot par rapport à tout ce que Puscifer a fait depuis Condition of My Parole en 2011. Les harmonies vocales entre Keenan et Carina Round n’ont pas beaucoup changé non plus depuis. Dans une entrevue avec Lars Ulrich en 2018, Keenan disait qu’à son âge, il ne cherchait plus à plaire. Bien que ces paroles sont pleines de sagesse, sur Exitential Reckoning, on a plutôt l’impression que c’est une excuse pour être paresseux musicalement. C’est toujours bien composé, mais tout sonne pareil. On peut passer à travers l’album en ne remarquant que très peu le changement de chanson, et ce n’est pas dans un sens positif.

On a un peu l’impression que Puscifer est rendu à un moment où le son est cristallisé et ne bougera plus du tout. Ainsi, des chansons comme Bread and Circus, Apocalyptical et Personal Prometheus utilisent sensiblement les mêmes sonorités et les mêmes arrangements. Heureusement, même avec des sonorités identiques, Maynard James Keenan réussit à faire du neuf avec du vieux sur The Underwhelming.

C’est un album correct sans plus. Un album qu’on va sans doute oublier rapidement dans la discographie de Puscifer et qui nous donne plutôt le goût de revenir aux premiers.

5 commentaires

  1. Francesco, le 2020-11-17 à 16:25

    On fait de la critique quand on ne peut pas faire de l’art, de même qu’on se met mouchard quand on ne peut pas être soldat.

    • Louis-Philippe Labrèche, le 2020-11-17 à 16:28

      Hahaha, c’est un drôle de jugement de votre part! Donc, on discute seulement de l’art si on fait de l’art? Alors, est-ce que ça voudrait dire que vous ne pouvez pas parler de critique étant donné que vous n’en faites pas?

  2. Fouad, le 2020-11-27 à 10:53

    Bonsoir,

    Paradoxalement, j’aime lire des critiques après avoir écouté un album. Aujourd’hui je fais a l’envers….
    Cette critique m’évoque parfaitement le gâchis de “Eat the Elephant” par rapport au reste de la discographie de APC…Je m’en vais donc écouter “Existential Reckoning” la boule au ventre…

    • Louis-Philippe Labrèche, le 2020-11-27 à 10:55

      Salut Fouad. Moins un gâchis qu’Eat the Elephant qui est plate. Mais ici, j’ai l’impression que Maynard fait du surplace. C’est mon humble avis.

      • Fouad, le 2020-11-27 à 10:59

        je m’y mets…

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