Critiques

Puscifer

Money Shot

  • Puscifer Entertainment
  • 2015
  • 52 minutes
7

Maynard James Keenan revient avec un troisième album en huit ans avec Puscifer, le tout entrecoupé de plusieurs maxis et remix de toutes sortes. Bref, Puscifer est hyperactif alors que Tool semble englué dans une léthargie musicale et créative… Keenan a créé ce projet en tant que véhicule créatif pour ses idées qu’il enregistre sur son domaine vinicole de l’Arizona. Depuis la sortie de Conditions Of My Parole, ceux qui l’accompagnent changent très peu. On retrouve sur Money Shot sensiblement la même équipe qui avait aidé l’Américain à accoucher de l’opus précédent, dont Carina Round qui est toujours très présente. Certains invités de marque font aussi une apparition, dont Tim Alexander (Primus, A Perfect Circle) et Jon Theodore (ex-Mars Volta, QOTSA), à la batterie.

Musicalement, on nage dans les mêmes eaux que Conditions Of My Parole avec un petit penchant pour les distorsions qu’on retrouvait sur «C» Is for (Please Insert Sophomoric Genitalia Reference HERE). On ne peut pas dire que Puscifer prend un risque ou fait un bond en avant. On sent plutôt que Keenan solidifie son aire de jeu, mais du même coup n’offre rien de révolutionnaire. Le mélomane qui a abusé des derniers albums ne sera pas surpris par les propositions de Money Shot. Cependant, on est loin d’être déçu du résultat.

Galileo qui ouvre la galette est un parfait exemple de ce à quoi l’on peut s’attendre. Un mélange de batterie naturelle et de boîte à rythmes, une guitare légèrement abrasive et des harmonies vocales très présentes. Bien que celles-ci aient toujours été présentes dans la démarche de Puscifer, l’alliance des voix de Keenan et Round est magnifique. On en retrouve plusieurs exemples sur Money Shot, entre autres dans Grand Canyon, premier simple paru ou encore dans The Remedy. La deuxième est particulièrement marquante par son approche beaucoup plus rock. Sans être du Tool, on est un peu plus dans les eaux de la formation californienne dans le traitement de la basse. Évidemment, sans Danny Carey à la batterie, ce n’est jamais aussi nuancé et complexe.

The Arsonist prend aussi la route du rock et ce n’est pas sans rappeler certaines pièces sur Thirteen Step d’A Perfect Circle. L’agressivité est à son comble sur la chanson-titre de l’album qui compte sur une batterie nuancée et surprenante. On a aussi droit à un gros refrain saturé et martelé avec vigueur. Simultaneous est l’une des pièces qui offrent une approche unique et intrigante avec son monologue qui raconte une rencontre inusitée dans un bar.

Disons que Money Shot est un album qui n’entre pas dans la catégorie des surprises de la part de Keenan. On y trouve des pièces engagées dans la même lignée artistique que Conditions Of My Parole paru en 2011. L’admirateur y trouvera tout de même beaucoup de réconfort, car on retrouve Puscifer exactement là où on l’attendait.

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