Critiques

Motionless in White

Disguise

  • Roadrunner Records
  • 2019
  • 42 minutes
7

À travers Disguise, Motionless In White entre dans le moule des grosses productions, mais garde tout de même une bonne partie de son esprit d’indépendance. 

Ayant eu des invités de marque sur leurs albums précédents, tels que Jonathan Davis et Dani Filth, le groupe a voulu se séparer des influences extérieures pour celui-ci. Disguise est aussi de l’opus qui marque le départ de Devin «Ghost» Sola, remplacé par Justin Morrow (qui était bassiste dans Ice Nine Kills). 

À l’écoute de ce cinquième album sorti le 7 juin dernier, on constate que la machine de l’industrie musicale est entrée dans le band, surtout dans des pièces comme Brand New Numb. Très pop, on pourrait la comparer à l’ambiance de Rock is Dead de Marilyn Manson. Elle devient facilement énervante dans son intention peu subtile de se hisser dans les palmarès…

Cet album à la production plus que léchée a en outre été co-réalisé par le chanteur du groupe et Drew Fulk, producteur de Los Angeles. Ce dernier a aussi travaillé avec des artistes aussi variés que Lil Peep, Fear Factory, Yelawolf, Beartooth, Lil Xan et Bad Wolves.

C’est tout de même fascinant de voir l’ascension de Motionless In White, bien que le groupe se soit un peu éloigné de son charme DIY et de son lustre de produit homemade. Mais tout n’est pas perdu pour autant, loin de là. L’album se tient, grâce à des chansons puissantes comme Legacy, un hymne de motivation personnelle rappelant Underdog de l’album Infamous (2012). Les superbes <c0de/> et Catharsis sont un hommage à ce qui nous rend humains, à travers notre ère numérique parfois difficile et contraignante.

Avec ces chansons unificatrices qui parlent d’expression de soi et d’individualité, Chris Motionless se positionne encore comme ce rolemodel dans lequel des hordes d’esprits adolescents se reconnaissent, puisant à même la source de sa rébellion qui ne semble pas près de se tarir. Même si le chanteur a maintes et maintes fois asséné qu’il n’a sauvé la vie de personne à travers sa musique, sur Catharsis, il semble vouloir rejoindre ces fans qui se sentent connecté.e.s à lui: 

« This feeling’s getting a bit harder to control
A place to feel completed or a place to be alone?
The rhythm of rebellion from the rattle in your bones
A sonic liberation, salvation in your headphones »

– Catharsis

Undead Ahead 2: The Tale of the Midnight Ride, suite de Undead Ahead de l’album Creatures, se révèle cinématographique grâce aux effets sonores ambiants, notamment des bruits de chevaux. Cette pièce, probablement le morceau central de l’album, nous entraîne dans un univers s’approchant de ceux créés par Dany Elfman, compositeur sur beaucoup de films de Tim Burton. On visite donc un endroit à la fois «cartoonesque» et coloré comme l’Halloween, peuplé d’étranges personnages loufoques. Broadcasting from Beyond the Grave: Death Inc. est du même acabit, même si elle arrive dans l’album comme un succès de Rob Zombie un peu sorti de nulle part.

L’énergie baisse avec Holding on to Smoke, une quasi-balade tout de même accrocheuse où on décèle une sorte de crise identitaire du chanteur, qui exprime la très grande tristesse de perdre ses illusions. Ça reste dans le même ton avec Another Life, où Chris Motionless parle d’une relation difficile. Ce pacing est questionnable; les deux pièces auraient pu se situer quelque part entre les cinq premières.

Bref, Disguise est un album est très diversifié qui démontre par ailleurs toutes les influences de chaque membre. Il manque toutefois une vraie ballade, quelque chose de réellement déchirant et sensuel à la fois, comme Wasp, Sinematic ou City Lights.

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