Critiques

Little Misty

Little Misty

  • Little Misty
  • 2020
  • 40 minutes
7,5

Le premier album du tandem formé de Kathryn Samman et François Jalbert est constitué de neuf chansons aux accents folk, progressif, jazz et bluegrass. Inspirés des Punch Brothers, The Barr Brothers et de Rhiannon Giddens, pour la saveur americana (country et bluegrass), et des univers d’Andrew Bird, Sufjan Stevens et Patrick Watson pour l’intimité et la portée des mots, Little Misty joint ces univers et innove dans la foulée. Un idéal terrain de jeu pour musiciens inassouvis.

Samman est une chanteuse au timbre obscur, énigmatique et sibyllin qui mène bien sa barque au sein de BELLFLOWER et Van Carton. On est séduit d’entrée alors qu’elle glisse sa voix doucereuse au parfum celtique sur Old Ghosts, chanson écrite par l’écrivain et animateur jazz, Stanley Péan. On pense tout de suite à Mary Jane Lamond, artiste originaire des Maritimes, ou à Mary Margareth O’Hara pour le côté dramatique. Il est question de changement dans nos vies, du passé qui nous suit, d’amours perdus, etc. Idem sur Keeper. Le tissu vocal de Samman est tout à fait prescrit dans cette musique de film que n’aurait pas renié David Lynch.

The Path surprend par le double tempo qu’elle suggère, du lent à l’effréné, toujours appuyé par ce combo à cinq d’instruments acoustiques. Plus loin, Blurry Lines vient nous hanter avec la voix de la chanteuse qui semble résonner dans le calme de la nuit. The Dinner est le prétexte resto-rétro à une histoire. Misty Rain est gorgé de mandoline et d’harmonies vocales dans un écrin de bluegrass. Les histoires sont parfois fictives, parfois réelles. Il est question de maternité, de voyage, de santé mentale; tout est concocté pour en faire sortir des petites vignettes sonores. Et c’est très efficace.

Jalbert, quant à lui, est un impénitent défricheur guitariste: John Jacob Magistery, Elizabeth Shepperd, Tunnel, Lucioles, Matt Holubowski, Les Royales Pickles, Yannick Rieu, son parcours est fascinant. La paire devient réellement Little Misty lorsque trois autres membres se joignent à eux: Kieran Poile (violon, banjo),Simon Pagé (basse) et Jérôme Beaulieu(piano, claviers) sont accompagnés de Mark Nelson (batterie), plus effacé, et Joe Grass (Patrick Watson) qui se paye la réalisation de l’album en plus de jouer de la guitare pedal-steel. Voyez un peu la combine? Entendez-vous déjà?

Little Misty lance dans l’univers des chansons intemporelles. Comme première offrande, ça se laisse écouter. C’est à la fois doux et touffu. Sommes-nous dans les années 60? 70? 2020? La réponse est dans vos oreilles!

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