Critiques

Lisbonne Télégramme

Hors circuit

  • Sale Cabot
  • 2019
  • 29 minutes
7,5

En 2015, Lisbonne Télégramme lançait son premier disque, Miroir d’automne, nous voici quatre ans plus tard et Maritza Bossé-Pelchat et François Dufault nous proposent Hors Circuit. Sorti en mai dernier, ce deuxième album puise dans les rythmes aériens et enfumés pour mettre en lumière des textes intimistes et mélancoliques.

L’empreinte cinématographique est omniprésente sur cet album qui passe facilement du rêve à l’évasion et la pochette de l’album où figure un panneau d’affichage de bord de route représente bien l’atmosphère musicale du disque. Telle une trame sonore d’un road movie, il n’est pas difficile de s’imaginer avaler des kilomètres d’asphalte à bord d’une Cadillac Eldorado décapotable et de respirer l’air pur avec le vent dans les cheveux.

Réalisé avec doigté par François Dufault, Hors Circuit est assez unique dans le paysage musical québécois actuel. Lisbonne Télégramme crée des ambiances de noirceur occasionnelle de l’étourdissante existence, tout en gardant un regard d’espoir vers la lumière qui illumine la ligne d’horizon. La voix de Maritza nous maintient, tout au long de l’album, dans une douce torpeur. Toujours aussi captivante et mélancolique, elle a conservé cette puissance qui lui permet de créer une bulle musicale foisonnante et fusionnelle.

« S’enfuir

Même si

Tous ces désirs

Hantent nos nuits

De toi

De nous

De cet instant

Après chaque accident »

Les accidents

En plus d’être accompagné d’une grande équipe de musiciens (David Thiboutot, Marc Chartrain, Patrick Gosselin, Julie Boivin, Frédérique Tanguay-Gagnon, Mélanie Bélair et Gabrielle), Lisbonne Télégramme partage sa plume entre autres avec Catherine Leduc (Tricot Machine) sur deux belles chansons, Pas de deux et Hors périmètre, et l’auteur-compositeur-interprète québécois Antoine Corriveau qui signe la particulièrement envoûtante Les accidents, qu’il interprète en duo avec Maritza. Il y a une réelle complicité entre ces deux artistes, et le résultat est hypnotisant.

Parmi les meilleurs moments de cette courte virée introspective et métaphysique de 29 minutes, en plus des morceaux déjà mentionnés, on prête l’oreille à la séduisante La lenteur et on salue Oublie, avec son excellent jeu de guitare. Dans l’ensemble, les arrangements sur Hors Circuit sont agréables, l’orchestration est bien exécutée et on sent très bien l’investissement de chacun des joueurs.

Pas de risque substantiel et pas de virage majeur, Lisbonne Télégramme nous ressert une nouvelle fois leur folk rock planant, style déjà récurrent de leur dernier album, mais au final, on est très heureux de les retrouver et de voir que rien n’a changé.

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