Critiques

Lisbonne Télégramme

Miroir d’automne

  • L-A be
  • 2015
  • 39 minutes
7

lisbonne télégramme«J’ai fait de nous des ennemis/Des armes se dressent/En plein cœur de la nuit/Je fuis les mots, je fuis les gestes/Les vestiges qui blessent /Les vertiges de l’écho.» – Paroles de la chanson Je n’ose plus.

La fuite. Le départ. La perdition. De ces trois thèmes, Lisbonne Télégramme fait résonner les murs et la nuit d’Alfama, à Lisbonne, au son d’une guitare larmoyante. Le décor est planté, flou, mystérieux, l’ambiance est enfumée, mélancolique.

La prémisse des neuf histoires de ce Miroir d’automne: le voyage de la chanteuse Maritza au Portugal, en 2012. L’ex-participante de Star Académie quitte alors le Québec pour gagner le pays du fado, le temps d’une pause. De son appartement lisboète, elle entretient une correspondance avec le guitariste et parolier François Dufault. Les deux s’échangent de textes, s’aventurent dans les méandres de la solitude et de l’abandon, laissant courir leur imagination.

«Au son des vagues qui me berce/J’invente des pages du bout des doigts/Puis, je tends les bras et je divague/Laisse-moi avant que l’on se noie.» – Paroles de la chanson Avant que l’on se noie.

Pour peindre l’arrière-plan musical de cette dictée, Dufault fait appel aux autres membres de l’ex-formation montréalaise The Blue Seeds, avec qui il a joué durant quelques années. En plus de Martin Farmer (basse, batterie et synthé) et d’Éric Rathé (guitares, mellotron et piano), la violoniste du groupe Godspeed You! Black Emperor, Sophie Trudeau, vient compléter le projet Lisbonne Télégramme.

C’est d’abord les guitares qui résonnent sous les paroles et la voix triste de Maritza. Elles sont précises, aux accords étirés, battant tantôt le froid, tantôt le chaud, s’électrifiant aux besoins, glissant sous les doigts en d’autres.

L’autre instrument à cordes audible: ce violon, triste, lointain, que Sophie Trudeau laisse pleurer de temps à autre sous son archet.

Puis, il y a ce piano, aux notes éparses, qui n’oublie pas de laisser une place au silence, ce silence si important dans le projet saturnien de Lisbonne Télégramme.

Ce Miroir d’automne n’est pas parfait – la pièce Bientôt détonne de l’ambiance minimaliste préconisée, les textes ne sont pas tous de force égale –, mais voilà un beau voyage qu’il fut plaisant d’entendre.

Ma note: 7/10

Lisbonne Télégramme
Miroir d’automne
L-Abe/Select
39 minutes

http://lisbonnetelegramme.com/

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