Critiques

Give Me Something Beautiful

Ghost On A Throne

  • Indépendant
  • 2016
  • 50 minutes
7,5

Give Me Something BeautifulÉtonnant, brillant et intriguant, trois adjectifs pour décrire Ghost On A Throne, le premier long jeu du trio Give Me Something Beautiful. Composé de Matthew Hills (voix principale, synthés, guitare, claviers), Raphaël Pellerin (batterie et voix) et d’Étienne Dextrase-Monast (basse et voix), Give Me Something Beautiful fait dans la pop orchestrale influencée par le jazz et le rock britannique. Le tout est éclectique, complexe et fin, en plus d’être entièrement autositedemo.cauit.

Destroy Me, la pièce d’ouverture, commence directement avec la phrase «Inside, there is nothing but lies». Le ton est donné: esprit torturé, mensonge, nostalgie et spleen reviendront pour les cinquante minutes de l’album. La musique et la voix de Mathiew Hills, nasillarde et chevrotante, rappellent Spoon ou Gardens & Villa. La voix. Il faut quelques minutes à l’oreille pour s’habituer à ce timbre particulier, pas plus, car les mélodies captivent et la superposition des couches de l’arrangement musical pique la curiosité.

Quelques pièces de l’album proviennent des trois EP sortis dans les cinq dernières années, comme Invisible Stars, Invisible Sky ou encore Fille, une chanson ironique à souhait: «I know a girl who is pretty as you in the morning/But she don’t taste like you do», chanté langoureusement. Même si les mélodies, les paroles ont déjà été enregistrées et diffusées auparavant, les pièces tirées des EP (qu’on ne peut plus trouver à moins de faire preuve de talents de détective) ont été remaniées, réorchestrées et la reprise garde de sa fraîcheur.

Tantôt douces, tantôt frénétiques, les mélodies se succèdent sans se ressembler, et ce, parfois même dans la même pièce. La guitare sur Tiger Beetle rappelle celle de Ludovic Alarie, d’ailleurs cité dans les remerciements. Cette pièce se démarque par la beauté de la guitare, par la voix posée pour une fois de Hills, la percussion créative et mouvante de Pellerin, l’ajout de trompette (Francis Leduc-Bélanger) et de trombone (Chris Paul). On sent bien que le trio est composé de musiciens formés à l’université tant en jazz qu’en électroacoustique. Par là, je veux dire qu’il y a un certain intellectualisme dans les arrangements, dans le texte. On ne cherche pas la tournure la plus catchy, on cherche à surprendre, à explorer, à déployer.

Si l’album commence abruptement, droit au but, Ghost On A Throne se clôt par une pièce douce et onirique, chantée en duo avec Lianne Seykora, avec des paroles d’oracle encore une fois teintées de mélancolie: «I’m running out of truth, but I can give you this one/You can’t just escape from the things that you’ve done».La dernière minute et demie déploie un chœur digne de la plus belle messe. On touche à un bout du ciel.

Ma note: 7,5/10

Give Me Something Beautiful
Ghost On A Throne
Indépendant
50 minutes

http://music.givemesomethingbeautiful.com/

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