Fuudge
Les horribles
- Folivora Records
- 2026
- 36 minutes
Fuudge revient après trois ans sans albums, ce qui est quand même un long laps de temps dans la discographie du groupe qui est hyperactif depuis qu’il a fait les Francouvertes il y a dix ans. On peut dire que pendant la décennie, le groupe mené par David Bujold s’est taillé une réputation d’excellent groupe rock et, avec Les horribles, le groupe confirme qu’il est toujours sur la bonne voie avec des pièces qui s’inscrivent dans la continuité sans non plus avoir l’impression qu’il fait dans la redite.
Les horribles, c’est un album qui aborde deux thèmes en filigrane : le changement et la monstruosité, selon David Bujold. C’est assez raccord avec ce qu’on retrouve sur cet album qui mise surtout sur un rock alternatif qui évoque des artistes du genre que l’on connait bien : Ty Segall, Unknow Mortal Orchestra et même un peu de Melvins par-ci, par-là.
Quand on parle de Ty Segall, c’est particulièrement vrai sur L’abomination, la dernière pièce qui est parue avant la sortie de l’album. C’est aussi peut-être la pièce, thématiquement parlant, qui semble le plus près de …Qu’un cauchemar devienne si vrai. C’est une pièce qui mène sur les guitares acoustiques qui sont complétées par des guitares avec du muscle, un peu comme sur Manipulator. Ça se poursuit par la suite sur l’excellente La honte qui offre à Bujold des occasions de se faire aller le gosier alors que la basse de Pierre-Alexandre est groovy à souhait.
Dans les aventures de rock alternatif, il y a la sympathiquement bizarre Le mentor qui est un genre mélange de Fred Fortin et Unknown Mortal Orchestra. Son refrain est léger, mais les couplets, eux, sont pile-poil dans l’Unknow Mortal Orchestra.
Pour les amoureux de rock plus lourd et plus rapide, J’vois noir dans l’clair, qui, dans les paroles, se rapproche des premiers albums de la formation, mais qui rentre au poste avec un gros riff musclé où la batterie se fait aller sur un moyen-temps. Je sais pas c’que j’fais icitte est aussi surprenante avec son sentiment de section rythmique qui déboule les escaliers fort bien exécutés. Sur une note particulièrement intense, V’là les horribles prend un peu la tangente punk.
C’est vraiment un album franchement convaincant pour Fuudge, qui rentre au poste avec de belles influences que le groupe passe au mélangeur avec sa touche unique. Les horribles est un album qui s’inscrit dans la continuité sans se répéter et ça, c’est rare. Du bon rock bien d’ici.