Critiques

Kid Koala

Music To Draw To: Satellite

  • Arts & Crafts
  • 2017
  • 72 minutes
8
Le meilleur de lca

Kid Koala est, pour ceux qui ne le connaissent pas, un artiste fascinant. De ses collaborations avec Gorillaz, Lovage et Peeping Tom, à ses performances hallucinantes accoutré de son emblématique costume de koala, il ne fait rien à la légère. Il a aussi joué en première partie de Radiohead et Björk. Ça vaut quelques morceaux de robots (si ce n’est pas le robot au complet!) Voilà bien cinq ans que 12 Bit Blues est paru et Eric San, Montréalais d’adoption, arrive enfin avec un nouvel album.

Music To Draw To : Satellite est un projet très différent du dernier. 12 Bit Blues s’attaquait à des classiques du genre qui étaient remixés, triturés et sur lesquels San ajoutait de nouveaux sons. C’était assez rythmé et entraînant. Son petit nouveau nous plonge plutôt dans un espace méditatif, en apesanteur, pour retrouver une paix intérieure. Music To Draw To est un album qui nous amène à adopter une attitude contemplative. Il est justement titré et donne envie de se tourner vers les étoiles et nous interroger sur l’origine de l’humanité, sur nos vies, mais surtout sur le sens qu’elles prennent. C’est un album qui nous attire le regard vers le haut pour mieux regarder ce qui se passe à l’intérieur.

Émilíana Torrini possède la voix parfaite pour le projet de Kid Koala. Son timbre léger et aérien, qui ressemble un peu à celui de Camille Poliquin (Kroy, Milk & Bone), se colle à merveille aux chansons légères de San. La fantomatique Fallaway est un bon exemple de la parfaite symbiose entre la voix de l’Italo-Islandaise et la musique du Montréalais. Certaines chansons sont plus obscures. Dans The Darkest Days, la trame est beaucoup moins douce. Il y a des hachures constantes et la voix de Torrini est passée à travers un filtre qui lui enlève sa chaleur et son effet apaisant.

Entre les pièces auxquelles la chanteuse prête sa voix, Kid Koala nous offre des compositions entièrement instrumentales qui font le lien tout en possédant leur propre personnalité. The Observable Universe qui lance le bal est d’une beauté rare et sa lente progression est parfaitement construite. Transmission 1 est un exemple de chanson un peu plus rythmée. C’est réussi, on se sent prisonnier du temps avec ses sons qui rappellent ceux d’une horloge grand-père. Photons représentent les moments les plus exploratoires de Music To Draw To avec ses sons clairsemés et émaciés.

Kid Koala n’a pas manqué son coup avec Music To Draw To : Satellite. Cet album léger et aérien crée une atmosphère quasi spirituelle avec ses trames bien composées et justement calibrées. Emilíana Torrini qui l’accompagne joue le jeu de la délicatesse et c’est tout à fait séduisant. Ne manquez pas les spectacles du début février au Centre Phi où les spectateurs seront appelés à influencer la musique de Kid Koala pendant la performance. C’est votre chance de prendre part à la création et vivre un moment mémorable.

Ma note: 8/10

Kid Koala featuring Emilíana Torrini
Music To Draw To: Satellite
Arts & Craft
72 minutes

http://kidkoala.com/

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