Björk - Vulnicura - Le Canal Auditif

Björk – Vulnicura

homepage_large.9ee25a14Prévu en mars, voilà que Björk est contrainte, à la suite d’une fuite sur internet, de devancer la sortie de son neuvième album solo. Nous est donc arrivé mardi dernier ce Vulnicura marqué par la mélancolie et la rupture amoureuse. En pleine saison du froid et de la neige, ce disque, où le soleil ne brille que très rarement, atteint la cible avec précision dans sa première partie. La noirceur s’y déploie avec justesse alors que les éléments classiques côtoient une Björk qui dicte davantage qu’elle ne chante.

Vulnicura est construit sur la rupture amoureuse qu’elle et Matthew Barney, son conjoint des quinze dernières années, ont vécue récemment. Nous voici donc, en ouverture, avec la pièce Stonemilker, à neuf mois dudit événement. Déjà, les problèmes apparaissent dans le couple:

«Show me emotional respect, I have emotional needs», lance la chanteuse, au gré d’une musique construite sur les cordes tendues d’un violon et d’un violoncelle.

Plus on se rapproche de la date fatidique, plus Björk trempe ses propos dans un encrier de chagrin et d’amertume.

À cinq mois, les questions fusent: «Maybe he will come out of this loving me, maybe he will come out of this (…) I demand clarity.» (Lionsong)

À trois mois, l’évidence: «I wake you up, in night feeling, this is our last time together.» (History Of Touches)

Puis, survient l’inévitable. Événement que Björk évite, justement, préférant passer outre la mort de son couple. On la retrouve plutôt deux mois plus tard, alors que les émotions noires la submergent.

«My shield is gone, my protection taken (…) my heart is enormous lake, black with potion, I am blind, drowning in this ocean», chante-t-elle sur Black Lake.

Musicalement, les premiers éléments électroniques intéressants font leur apparition, s’agrippant aux sonorités classiques décrites ci-haut. Le tempo s’accélère, devient confus, se déconstruit au rythme des déclarations, des questions et des émotions exprimées sur les pièces suivantes (Qu’adviendra-t-il de notre fille? Nos souvenirs de cette relation resteront-ils intacts? Est-ce que l’amour est possible à nouveau?).

La fin de l’album, malheureusement, s’essouffle, alors que Björk s’éloigne de son concept initial. Est-ce une façon de nous démontrer qu’elle est déjà passée à autre chose? Qu’elle a la tête ailleurs et des projets musicaux en devenir? Probablement. Mais on aurait souhaité que Vulnicura demeure circonscrit musicalement autour de cette idée de rupture.

Ma note: 7/10

Björk
Vulnicura
One Little Indian
62 minutes

http://bjork.com

Commentaires

  1. Toujours est-il qu’on ne peut que saluer son retour vers des sonorités plus écoutables que sur Biophilia, même si le format utilisé est assez déstabilisant : on est obligé d’écouter le projet dans sa globalité, sinon, on perd largement en émotion et en intérêt.

    • Stéphane Deslauriers a écrit : :

      Oui, en effet. Je n’ai pas fait la critique, mais c’est un disque plus intéressant que Biophilia. Je suis d’accord avec P. Beauchemin en ce qui concerne la conclusion de l’album plus hermétique et moins «émotive» que la première partie. Merci de commentaire!

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