Concerts

La Noce 2024 | Peter Peter, Helena Deland, Le Belladone, N Nao et Patche

En ce dernier jour de La Noce de Chypre, 7e édition de La Noce, c’est une autre journée remplie d’artistes musicaux diversifiés et talentueux qui ont foulé les scènes du festival de Chicoutimi. Ici, on vous jase de Peter Peter, Helena Deland, Le Belladone, N Nao et Patche.

Peter Peter

Il est forcé d’avouer que le spectacle de Peter Peter et ses acolytes aurait très bien pu se dérouler lors des afters du festival, mais ce fut la première prestation de la journée et on peut dire qu’en renversant le sablier, c’est tout aussi efficace. Mis à part que le son grichait parfois et qu’il était parfois trop fort, au niveau de la présentation et de la suite des compositions, c’était captivant. Sa pop dansante à la française oscille entre mélancolie et euphorie : les paroles sont tendres et poétiques tout comme sa voix alors que les mélodies oscillent entre le synthétique et l’atmosphérique, DJ set électro spatial et légèreté. Bref, les paysages sonores proposés étaient intéressants alors que l’assemblage des instruments donnait un aspect organique à ce qui était joué. On retient qu’il a circulé dans ses albums dont son dernier Éther et les trames Soleil et 20k heures de solitude, mais aussi l’éponyme de Noir Éden par exemple. Le spectacle s’est terminé avec un long moment instrumental où Peter Peter en a profité pour laisser ses musiciens jouer, animant la foule tout en fumant une cigarette avant de retourner derrière ses touches.

Helena Deland

Quand j’y pense, c’est la 4e fois que je parle de l’autrice-compositrice-interprète Helena Deland, la première fois étant suite à sa première partie de Connan Mockasin au FIJM en 2019. Je dirais qu’à chaque fois que je retrouve sa voix et sa musique folk adoucissante et entraînante. Je comprends pourquoi sa présence est un rendez-vous à ne pas manquer lorsque dans la chaleur on a besoin d’une bonne brise. Ça m’a beaucoup rappelé le spectacle de Shaina Hayes vu récemment au FIJM. Surprise, Francis Ledoux joue de la batterie dans les deux projets. Il y avait également Larynx à la guitare, Lysandre aux touches et au chœur ainsi que Cédric Martel à la basse; bref, on comprend pourquoi ça sonnait bien. En plus de nous faire vibrer sur les trames de Goodnight Summerland, Helena Deland et ses acolytes ont notamment passé par Someone New pour y jouer Truth Nugget ainsi que par Drawing Room avec Baby.

Le Belladone

La performance offerte par Le Belladone et les 5 autres musiciennes, toutes vêtues de blanc, c’est un arrêt musical et théâtral qui a été présenté avec conviction. L’énergie dégagée par le côté ensorcelant, sensuel et étrange de sa musique pop vaporeuse qui part dans tous les sens, le côté féministe et traumatique de ses paroles comme dans Bitch avec « tous les hommes détestent les femmes » emmène une forte attitude singulière à l’artiste découverte lors des plus récentes Francouvertes. À cela s’ajoute le côté punk électro new-wave groovy jazz qui rappelle autant Hubert Lenoir que JPEGMAFIA que Laurence-Anne. Bref, vous voyez où je veux en venir. Je dirais qu’on n’a pas fini d’entendre parler de ce projet et qu’il sera intéressant d’y porter les tympans. Ne cherchez pas sa musique, vous ne la trouverez pas. Sur son compte Youtube, c’est écrit : « Bientôt de la musique ».

N Nao

C’est à la nuit tombante que N Nao et ses deux instrumentistes sont venus offrir une solide performance avec une série de compositions éthérées, atmosphériques et flottantes, lesquelles emmènent une belle légèreté même si l’approche musicale n’est pas que minimaliste, puisque plusieurs effets comme le délai, la distorsion et l’autotune ont notamment été utilisés pour texturer ce moment rempli de sons synthétiques, de drum pads et d’étincelles. Plusieurs compositions de son projet L’eau et les rêves ont fait partie du moment, comme Lac Léman et La plus belle chose en plus de caresser son plus récent EP Miroir. C’est un spectacle, voire de la musique à écouter autant pour vivre un moment de calme qu’un moment de connexion grandiose avec un son qui est également très organique.

Patche

Le festival, de mon côté, aura vu sa fin s’atteindre avec la déjantée performance du quintette Patche, lesquels ont démontré leur indéniable cohésion et créativité en proposant un genre de DJ Set aux transitions bien mesurées et aux agencements qui rappellent plusieurs genres dont la techno, l’ambiant, le rock, le funk, le reggae et le jangle. En spectacle, ça a l’air de 5 chums calés en musique (on parle ici de Mandela Coupal-Dalgeish (batterie), Étienne Dupré (basse), Elliott Durocher Bundock (synthétiseur modulaire, boîte à rythmes), Lévy Bourbonnais (harmonica, création sonore) et JB Pinard (synthétiseur modulaire) qui font un jam impro des plus organiques. C’est pertinent dans le sens où ce genre de musique se démarque du paysage sonore québécois actuel tout en démontrant une solide faculté à obtenir un son riche et imprévisible. Ça fait danser comme ce n’est pas possible tout en donnant le goût de s’arrêter pour capter toutes les subtilités apportées par les variations. Pour un voyage astral, leurs albums Document et Patche vous serviront de vaisseau.

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