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Festival Musique du Bout du Monde 2022 – Jour 3 : EMDE, Léonie Gray, Laura Niquay, Lido Pimienta et Ghetto Kumbé

Et d’une troisième journée pour moi à Gaspé pour le Festival Musique du Bout du Monde (FMBM)! Au programme : EMDE, Léonie Gray, Laura Niquay, Lido Pimienta et Ghetto Kumbé.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire

EMDE

Je suis arrivée au spectacle d’EMDE alors qu’il commençait à peine. Comme la foule était encore plutôt clairsemée, j’ai réussi à me faufiler jusqu’à l’avant. Malgré la distance qui séparait la foule du devant de la scène, les gens s’adonnaient avec joie à quelques pas de danse. Le spectacle d’EMDE, que je ne connaissais ni d’Ève ni d’Adam avant d’arriver à ce bout de la rue de la Reine, m’a fait l’effet d’un beau jour d’été. Vous savez, ce genre de moment où l’on sort de la maison, dans un état d’esprit plutôt neutre, et que les rayons du soleil qui nous parviennent au travers d’un grand ciel bleu nous donnent immédiatement le sourire et nous rappellent que finalement, la vie, ça vaut la peine d’être vécu? C’était exactement l’effet que m’a fait ce spectacle.

EMDE est musicien autodidacte originaire du Mali. Ce qui le distingue particulièrement, c’est qu’il a créé son propre instrument, qu’il appelle bahouinou (les cordes d’un homme en français). La sonorité de cet instrument, qui se trouve à mi-chemin entre la kora et le kamenlengoni (n’goni), est tout simplement fascinante. Sa performance, quant à elle, est dansante, énergisante et entraînante. Le public de tous âges rassemblé pour sa performance ne se fait pas prier pour se délier les jambes à sa demande. Il semble impossible de rester statique devant EMDE. Il réussit également à faire chanter les gens rassemblés. Il souligne également à plusieurs reprises l’importance des femmes dans la société, sans qui « il n’y a pas d’amour, il n’y a pas de famille, il n’y a pas de paix. » « Vive les femmes » résonne à plusieurs reprises.

Bref, aller voir EMDE m’a mis de bonne humeur, pour bien commencer ma troisième journée de spectacle. Je vous le conseille chaudement, vraiment, si vous en avez l’occasion un de ces quatre.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire

Léonie Gray

Comme il y a près d’une heure qui sépare le spectacle d’EMDE de celui de Léonie Gray, je décide d’aller m’installer au café Oh les pains sur la rue de la Reine. J’établissais, lors de mon dernier jour au FRIMAT, à quel point je suis une femme rock’n’roll. C’est pour cette raison que je suis allée m’installer avec un latté glacé et un livre pour attendre l’arrivée de Léonie Gray sur la scène Loto-Québec. De mon emplacement, je pouvais d’ailleurs assister aux spectacles d’art de la rue présentés par le festival. Ces derniers sont vraiment bien et semblent vraiment plaire aux petits comme aux grands.

Finalement, lorsque 15h30 arrive, je me dirige vers la scène pour assister au spectacle de Léonie Gray. Cette dernière avoue rapidement n’avoir dormi que trois heures, comme elle et son batteur sont partis à minuit le soir d’avant de Montréal. Léonie Gray devait prendre part au FMBM en 2020, mais pour les raisons que l’on connait, cela a été impossible. Elle nous raconte qu’elle était en Abitibi la semaine dernière et qu’elle a lancé dans l’univers son envie d’être au FMBM l’an prochain; trois jours plus tard, elle y était invitée pour remplacer Odreii.

Je ne suis pas particulièrement familière avec l’œuvre de Gray. J’ai entendu sa chanson Monsters and Echoes sur Instagram et j’ai eu un véritable coup de cœur, mais je n’ai pas poussé mes recherches plus loin. Rapidement, l’autrice-compositrice-interprète en met plein la vue à la foule rassemblée. Elle possède une très belle voix, puissante ainsi qu’un trémolo agréable. Elle semble très à l’aise sur une scène, malgré ses quelques heures de sommeil. Lorsqu’elle demande si des gens la connaissaient avant ce spectacle, nous ne sommes que quelques-uns à répondre par l’affirmatif. Malgré (ou grâce?) le peu de gens qui la connaissent, Léonie Gray a offert un excellent spectacle, présentant la totalité de son premier album Who paru plus tôt cette année. Je dois finalement la quitter à contrecœur avant la fin de son concert puisque la dernière navette vers le Mont-Béchervaise, où j’ai rendez-vous avec Laura Niquay, part bientôt.

Crédit : Alexya Crôteau-Grégoire

Laura Niquay

C’est la troisième fois que je vois Laura Niquay cet été. Je l’ai vue pour la première fois dans un spectacle complet à La Noce, où elle m’avait tout simplement jetée à terre. Donc, quand l’occasion de la revoir, qui plus est dans l’endroit idyllique qu’est le sommet du Mont-Béchervaise, s’est présentée, il était impensable que je la rate. Je ne reviendrai pas sur le spectacle en soi, comme j’en ai parlé amplement ici et que LP en a fait de même lors de son passage au Festival de Petite-Vallée. Voici malgré tout mes highlights, comme on dit en bon français.

  • Voir Laura Niquay au sommet du Mont-Béchervaise, pour deux raisons. Tout d’abord, avant de se lancer dans Aski – Terre, Niquay a expliqué : « Aski, qui veut dire la Terre! On est bien placés aujourd’hui pour chanter pour la Terre. C’est le fun de vous voir autant connectés avec la Terre, avec les petites roches […], avec la bonne bière aussi! Santé! » Ensuite, juste avant de lancer la chanson Ipcimik – Le sommet, vers le haut, elle a souligné qu’elle ne l’avait pas toujours eu facile et qu’elle est maintenant pleine de gratitude pour là où elle est, disant qu’elle l’est, maintenant, sur le sommet. Littéralement. Elle a pris le temps de remercier chaudement le public.
  • « L’ambassadrice de [s]on peuple », comme elle s’autoproclame, mérite tout ce qui lui arrive récemment. Son talent est brut et véritable, sa voix est touchante et puissante. Sa présence sur nos scènes est plus que nécessaire.
Crédit : Ricochetdesign

Lido Pimienta

J’ai commencé à me rapprocher de la scène alors que l’animatrice de la soirée commençait la présentation de Lido Pimienta. C’était la première fois en trois soirs qu’il y avait si peu de monde en arrivant à la scène. Ça ne prendra pas de temps avant que la foule s’amasse, mais quand même. Plus tôt dans la journée, avec une amie rencontrée durant le trajet de téléphérique pour assister au concert de Laura Niquay, on se questionnait à savoir s’il y aurait autant de gens pour Pimienta et Ghetto Kumbé que pour les autres concerts (Cha Wa – Lisa LeBlanc et Franklin Electric – Les Louanges). La réponse apparente serait de dire que non, du moins, pas immédiatement. Comme Julien St-Georges a récemment parlé (avec brio, d’ailleurs) du spectacle de Lido Pimienta alors qu’elle était de passage au FEQ cette année, je n’en dirai pas beaucoup plus. Si ce n’est qu’elle sait faire réagir une foule, dans le bon sens du terme. Sa puissance vocale a fait résonner le chapiteau. Ses quelques paroles échangées en français aussi. Très rapidement, il m’a semblé, elle avait le public dans sa petite poche. Son utilisation d’effets sur sa voix est également très pertinente et intéressante à écouter.

Crédit : Ricochetdesign

Ghetto Kumbé

C’est à Ghetto Kumbé que le FMBM a donné le mandat d’offrir le dernier concert de la scène Hydro-Québec sous le chapiteau à l’Arche. Dès que leurs masques ethnofuturistes fluorescents sont apparus sur la scène, les gens les ont accueillis comme des rock stars. Dès les premières notes, l’audience s’est déchaînée. Les pas de danse se sont enchaînés, les sauts et les mains dans les airs également. Les mélodies afro house ont déclenché une véritable transe dans la foule. « Préparez-vous à danser et à avoir chaud », a lancé l’animatrice de la soirée juste avant le début du spectacle de Ghetto Kumbé. Jamais un avertissement n’aura été si vrai. J’avais l’impression de m’être retrouvée dans un club, littéralement. Dans un club, ou à l’IleSoniq (du moins, comment j’imagine ce festival comme je n’y ai jamais mis les pieds, la musique électro n’étant pas mon fort).

Vers la fin de la prestation, Lido Pimienta les a rejoints sur scène, au grand plaisir de la foule. Elle a poussé la note pendant quelques minutes en dansant, sous les acclamations du public. Vraiment, Ghetto Kumbé était un excellent choix pour faire danser les gens avant de fermer cette scène pour l’année 2022. Celles et ceux qui souhaitaient aller dormir avant le spectacle au lever du soleil (ou simplement en général) ont pu dépenser leurs dernières énergies, alors que celles et ceux qui désiraient continuer la fête étaient énergisés pour le reste de la soirée. Une preuve de plus qu’il s’agissait d’un excellent choix? Les deux rappels qui ont été exigés du groupe.

Crédit photo: Ricochetdesign

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