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Festival Musique du Bout du Monde 2022 – Jour 1 & 2 : Cha Wa, Lisa LeBlanc, Flore Laurentienne, The Franklin Electric et Les Louanges

Pour mon avant-dernier festival de la période estivale, j’ai jeté mon dévolu sur le Festival Musique du Bout du Monde (FMBM). Voici mon retour sur les deux premiers jours du festival, où j’ai assisté aux prestations de Cha Wa, Lisa LeBlanc, Flore Laurentienne, The Franklin Electric et Les Louanges.

Crédit : Ricochetdesign

Cha Wa

Dans la vie, mon père m’a toujours dit (très ironiquement) que le beau chemin ne rallonge pas. Parfois parce que ça me prenait 15 minutes raconter une histoire qui aurait pu en prendre 3; parfois parce que je préférais éviter de prendre l’autoroute et passer par les petites routes pour me rendre quelque part, doublant presque le temps d’un trajet (j’avais une peur bleue de l’autoroute à l’époque). C’est apparemment cette devise que j’ai décidé d’adopter en partant de Montréal vers la Gaspésie. J’ai fait littéralement le tour de la péninsule gaspésienne au lieu de passer au travers des terres pour rejoindre mon hôtel, ce qui m’a rajouté beaucoup de temps de route. Ce qui m’a aussi fait manquer la presque totalité du spectacle du groupe de la Nouvelle-Orléans Cha Wa.

Avant même de partir, j’avais déjà fait une croix sur le fait d’arriver à temps pour le spectacle de Kora Flamenca qui était à 17h. J’avais pourtant espoir d’arriver à temps pour la performance complète de Cha Wa. Malheureusement, je suis arrivée tout juste à temps pour attraper les deux dernières chansons. Vous comprendrez qu’il me sera impossible, dans ce cas-ci, de vous faire un compte-rendu complet et détaillé de la performance du groupe de la Nouvelle-Orléans. Je dirai simplement que j’étais très déçue d’être arrivée aussi tard, car à mon arrivée, l’énergie sous le chapiteau était tout simplement électrisante. Je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, mais avant même de voir ce qui se passait sur scène, j’étais prise d’un désir de danser impossible à résister. Bref, je me promets d’essayer d’attraper Cha Wa la prochaine fois que je le peux!

Crédit : Ricochetdesign

Lisa LeBlanc

Ce qui est spécial au FMBM, c’est que les entractes entre deux spectacles se déroulant sur la même scène sont occupés par une performance de cirque. Je ne comprends pas qu’il n’y ait pas plus de festivals qui proposent ce genre d’alternative à l’attente sur place entre deux spectacles sur une même scène. En tout cas. En ce premier soir de festivité, l’entracte était assuré par deux artistes de cirque aérien. L’une était au tissu aérien, alors que l’autre était sur une espèce de balançoire. Je ne vous offrirai pas une critique approfondie de leur performance, je doute que ce soit l’endroit idéal pour ce faire, mais disons simplement que c’était impressionnant et que ça faisait du bien d’attendre en faisant quelque chose d’autre que le piquet.

C’est tout en paillettes que Lisa LeBlanc est montée sur la scène du FMBM. Comme on a somme toute souvent couvert le spectacle de Lisa LeBlanc cet été et qu’il ne change pas tant que ça, je serai brève. La foule de Gaspé lui a réservé un accueil de rock star. Celle qui a perdu énormément de matériel après qu’une bonne pluie se soit invitée au Festif! de Baie-Saint-Paul s’est fait applaudir chaleureusement après deux chansons. « Je freak out right now! […] Je suis un peu gênée là! » a-t-elle lancé à la foule en délire. L’énergie de la foule était tout simplement incroyable, ça semblait même dépasser l’autrice-compositrice-interprète.

Des after incroyables avaient lieu après Lisa LeBlanc, mais comme je suis une fille responsable, que j’étais épuisée après les longues heures de route pour m’en venir à Gaspé, mais surtout que je sais qu’une nuit blanche (ou presque) m’attend d’ici la fin du festival, j’ai préféré regagner ma chambre pour un petit somme.

Jour 2

Crédit : Roger St-Laurent

Flore Laurentienne sous la flotte!

Outre les entractes de cirque, pour lesquelles je développe apparemment une passion dévorante, j’ai une autre passion dans les festivals. Les fontaines d’eau gratuite pour remplir nos gourdes d’eau? Oui, mais ce n’est pas ça cette fois-ci. C’est les navettes gratuites. Pour le premier spectacle de ma seconde journée au FMBM, j’ai commencé avec Flore Laurentienne au sommet du Mont-Béchervaise. Pour me rendre, j’ai pris un autobus scolaire transformé en navette gratuite. Ça m’a permis de faire un petit retour dans le passé et de me sentir comme une écolière. Arrivée au Mont-Béchervaise, il me reste à effectuer une petite balade en téléphérique d’une vingtaine de minutes. Il s’agit d’un beau moment de tranquillité où on peut profiter de la beauté naturelle de la Gaspésie. Le bruissement du vent dans les feuilles, particulièrement, m’a apaisée et m’a forcée à respirer un bon coup.

Arrivée en haut du Mont, je suis accueillie par plusieurs petits bancs gossés en bois, une scène et une vue imprenable sur la baie de Gaspé. C’est la seconde année que le festival et le Mont-Béchervaise présentent des spectacles dans ce lieu inusité. J’espère que cette scène restera longtemps, car elle vaut le détour. Un peu avant que Flore Laurentienne monte sur scène, cependant, une bonne averse commence. Les gouttes qui heurtent mon parapluie semblent pourtant faire partie de la prestation offerte, tellement la musique de Flore Laurentienne remplit l’espace naturel. Comme Mathieu David Gagnon l’a dit lui-même : « Festival Musique du Bout du Monde! C’est un bon match, mettons! » Il y avait en effet quelque chose de plus grand que soi dans le pairage.

C’était la première fois que j’assistais à un spectacle de Flore Laurentienne. Ses interactions sont parfois un peu maladroites, mais à mes yeux, c’est ce qui le rend charmant. Entre certaines pièces, il prend le temps d’expliquer un peu la théorie musicale derrière celle qui s’en vient. C’est pertinent, sans être trop lourd. Je dois avouer que j’ai trouvé ça beau de voir autant de gens braver la pluie pour écouter sa proposition de musique instrumentale électronique. Ce qu’il offre est somme toute plutôt contemplatif et planant. À noter d’ailleurs que s’il est plutôt maladroit lorsqu’il s’adresse avec les mots, il en est tout autrement lorsqu’il laisse parler la musique. C’est beau de le voir diriger les six musiciens qui l’accompagnent sur scène uniquement grâce à ses mains.

Crédit : Ricochetdesign

The Franklin Electric

The Franklin Electric est le genre de groupe que j’ai l’impression de connaître depuis toujours, sans savoir exactement comment ça s’explique. Finalement, c’est en entendant This Is How I Let You Down que ça m’est revenu. Permettez-moi une petite incursion dans mon passé. Je suis au cégep, mon copain de l’époque n’a pas tenu une promesse qu’il m’avait fait. On se dispute dans l’auto. Puis, This Is How I Let You Down se met à jouer à la radio. Je lui demande d’arrêter de parler, pour que je puisse l’écouter, montant même le volume. Depuis, j’écoute sporadiquement la pièce, que j’apprécie toujours autant, malgré le souvenir auquel elle est associée.

Retour au programme principal, c’est-à-dire le spectacle de Franklin Electric. Une fois de plus, la foule est déchaînée. Après seulement deux chansons, une personne commence à faire du bodysurf. Pourtant, on s’entendra que la formation de Jon Matte n’offre pas exactement le genre de mélodies qui donnent envie de se lancer la foule. Bref. Clairement, certaines personnes ne sont pas de mon avis. D’ailleurs, j’ai cru remarquer que certaines offrandes musicales plus douces passent moins bien en contexte de festival : certains festivaliers veulent se dégourdir les jambes et la langue, parlant souvent pendant les chansons. Lors de performances plus électrisantes, ça passe davantage sous le tapis (ou sous le bruit, disons), mais dans celles plus douces, c’est plus difficile à camoufler.

Pourtant, The Franklin Electric réussit à être énergique, malgré la douceur de leurs mélodies. Or, avant une chanson (je ne les connais pas assez pour reconnaître les titres), Jon Matte devra somme toute demander le silence à la foule. « We’re gonna have to be a lot more quiet, it’s a folk song! » (« On va devoir être plus silencieux, c’est une chanson folk », en français). Malgré son avertissement, le public reste plutôt bruyant. D’ailleurs, il ne sera pas le seul à sommer la foule de se taire avant une certaine chanson. Le soir d’avant, Lisa LeBlanc le fait avant d’offrir Kraft Dinner. Elle demande textuellement à la foule « de se fermer la yeuille », après avoir lancé : « Je sais que vous êtes capables de crier comme des esti de malades. » Si les résultats sont souvent mitigés, j’apprécie l’effort des artistes.

Bref, The Franklin Electric a offert exactement ce que je m’attendais du collectif : une performance plutôt douce quoi qu’énergique et un bon folk agréable à écouter.

Crédit : Ricochetdesign

Les Louanges

Après un entracte très réussi de Julia Perron, une artiste de cirque spécialisée en roue allemande plutôt extravertie, je me suis dirigé une fois de plus sous le chapiteau pour assister au spectacle de Les Louanges. Comme il s’agit également d’un artiste que l’on a couvert à de multiples reprises depuis le début des festivals, je serai brève également. Crash et La nuit est une panthère sont deux albums qui se marient bien en spectacle et qui ont une très belle vie sur scène. Vincent Roberge, l’humain derrière le projet, a une complicité très belle à voir avec Félix Petit, musicalement mais aussi humainement. À un certain moment, ils se tiraillent comme des frères. Roberge prend de plus en plus d’assurance sur une scène, c’est franchement beau à voir. Et, ma dernière mention, mais non la moindre : je trouve que l’harmonie de Roberge dans Crash, qu’il fait seul, lorsque Corneille n’est pas là, est tout simplement magnifique.

Pour les mêmes raisons citées ci-haut, j’ai décidé de rentrer à ma chambre plutôt que d’assister aux spectacles d’after.

Crédit photo: Ricochet design