Chroniques

Georges Ouel | Entrevue : les chemins d’écritures du Festival de la chanson de Tadoussac

C’est une tradition qui est maintenant bien implantée : chaque année, le Festival de la chanson de Tadoussac propose à une cohorte d’auteurs-compositeurs-interprètes un parcours créatif qui est fait de cours et exercices en plus de leur offrir des occasions de prendre la scène pour quelques prestations.

Cette année, les artistes sélectionnées sont Brigitte Jardin, Claudie Létourneau, Édouard Tremblay-Grenier, Embo/phlébite, Marie Amali, Maude Sonier,  Superchérie et Georges Ouel. J’ai pu jaser avec ce dernier, qui a déjà fait une autre version de ce processus avec la SPACQ-AE (Société professionnelle des auteurs, compositeurs du Québec et des artistes entrepreneurs). Dans ce chemin d’écriture précédent, il n’y avait pas la portion concert pour compléter.

« Ce qui est cool, c’est qu’on se retrouve à tous rester dans la même maison. On suit des formations de 9 à 5, ce sont des ateliers d’écriture. On passe des journées avec Xavier (NDLR : Lacouture, le formateur), il est quand même dynamique, il nous amène des ateliers différents. Il y a comme une méthode pour nous faire débloquer l’écriture. Ce qui est dans sa démarche, de ce que je me souviens, c’était de séparer un peu l’auteur de l’interprète. » Georges Ouel explique qu’il a même pu concevoir ses textes comme des textes qui seraient suffisammen différents de ses propres préoccupations pour être destinés à d’autres artistes. Dans le processus, ça permet de prendre un pas de recul, de créer autrement sans se centrer uniquement sur ce qui l’habite à ce moment-là.

Tous dans la même galère

Il y a aussi le groupe. Parce que l’artiste ne rentre pas seul dans les Chemins d’écriture. Il est accompagné de ses pairs qui sont tous dans la même situation. On leur demande de faire preuve d’une grande vulnérabilité en s’exposant à des artistes qu’ils ne connaissent pas nécessairement, mais qui partagent tous d’être des artistes de l’émergence ou de scènes marginales. « Tout le monde est dans la même galère. Ça nous permet d’échanger. Quand il y a des exercices, on lit souvent nos textes après, puis on travaille ensemble dessus. » Il y a donc rapidement une collégialité qui s’installe entre les artistes qui poussent tous dans le même sens. « C’est un peu ça aussi, faire de la chanson : tu te mets à nu quand même. Avec ces exercices-là, dans le processus d’écriture, j’aime ça parce que ça nous met dans un état vulnérable en crisse au cours de la semaine. La gang avec qui j’étais était vraiment le fun, puis justement, vu qu’on est tous là-dedans ensemble, il n’y a personne qui est méchant, bien au contraire. »

En réalité, la perspective de l’autre sert à enrichir le processus qui incite à chercher ailleurs dans la création. « Des fois justement, on écrit juste sur nos petites émotions personnelles et je pense qu’il (NDLR Xavier Lacouture) essaie par sa méthode de nous faire sortir de tout ça. Je pense que c’est un petit peu ça aussi le but quand tu écris. À un moment donné, il faut arrêter de parler juste de nous. » Ces nouveaux outils deviennent des options dans sa boîte à outils de créateur après les Chemins d’écriture. Ça permet de renforcer le processus de chacun des auteurs-compositeurs-interprètes qui participent.

L’avenir est ben plus proche qu’avant

Georges Ouel a lancé son dernier album, Le ciment des âges, en 2023. Il arrivera avec du nouveau cet automne. Il se prépare pour sortir un nouveau EP en début septembre alors qu’un premier extrait arrivera en juin. Cela tombe à point pour Les Chemins d’écriture et la sortie de ceux-ci. Georges Ouel sera en concert le 5 juin à la Chapelle Mackenzie de Bury avant de mettre le cap sur Tadoussac. Là-bas, il donnera un concert en plateau double avec Marie Amali le 13 juin à la Marina en plus de participer aux deux des participants des Chemins d’écriture : les 12 et 13 juin à la Chapelle protestante.

Les chemin d’écriture 2026

En compagnie de Georges Ouel, on retrouvera la Yukonaise Brigitte Jardin, Claudie Létourneau, Édouard Tremblay-Grenier, qui a lancé son premier album plus tôt cette année, Embo/Phlébite, Marie Amali, la Néo-Brunswickoise Maude Sonier et le groupe Superchérie.

Pour plus d’informations sur l’événement, c’est par ici.

*Cet article a été écrit en collaboration avec Le Festival de la chanson de Tadoussac

Crédit photo: Maude Boiselle

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