Dolbeau-Mistassini : au pays de Sara Dufour
À quelques jours de la sortie de l’album Dolbeau-Mistassini, Sara Dufour a invité une poignée de journalistes chez elle au Lac-Saint-Jean. Récit d’une journée atypique dans la vie d’un chroniqueur culturel.
Toute les photos sont d’Annie Diotte
Il est 7h30 quand je me gare dans le stationnement d’Air Creebec pas très loin de l’aéroport Pierre-Elliot Trudeau. Il y avait une certaine fébrilité dans l’air à l’idée de faire le voyage au Lac-Saint-Jean pour découvrir Dolbeau-Mistassini à l’invitation de Sara Dufour. La ville d’origine de l’autrice-compositrice-interprète est aussi le titre de son prochain album.
Après un arrêt à Québec pour récupérer quelques autres journalistes et personnes faisant le voyage, on se met en chemin en remontant la rivière Saguenay, mais en avion. Ç’a le mérite de prendre pas mal moins de temps que le canot. À peine l’avion a touché terre jeannoise que la musique se fait entendre. Je reconnais immédiatement les airs du prochain album de Sara Dufour.

Bienvenue au pays de Sara Dufour
Un artiste n’existe jamais seul. Il fait toujours partie d’une communauté. C’est le cas de Sara Dufour, il n’y a pas de doute. On se fait accueillir par Patricia Dufour, la sœur de l’autre, et, à l’entendre parler, il n’y a pas de doute sur la parenté. À ses côtés, Dominique Hudson, le chum de Sara Dufour, est aux petits soins avec nous. Le clan est là. Tout ça prend rapidement des airs de Petite séduction. La communauté qui nous accueille, les arrêts qui seront faits pendant la journée pour nous faire découvrir la ville et finalement le bus. Attaboy, le bus aux grosses lettres jaunes : Au pays de Sara Dufour. Le bus n’est pas neuf et on peut deviner que pendant les quelques jours précédents notre arrivée, il y a du monde qui était attitré à la job de peinture sur l’autobus.
Premier arrêt : chez Monsieur le Maire. Après tout, c’est la chose à faire. On sent Rémi Rousseau ému et il exprime bien l’impact qu’une Sara Dufour a sur la jeunesse de la ville de près de 14 000 habitants. Même chose du côté du préfet de la MRC Maria-Chapdeleine, Jean Morency, qui brille surtout lorsqu’il détourne le regard de son discours. Soudainement, il reprend une familiarité qui nous fait comprendre tout le respect et l’admiration qu’il a pour Dufour.

En route vers Mistassini
Après notre arrêt à la mairie, on a pris le chemin de la salle Desjardins Maria-Chapdeleine de la partie Mistassini de la ville. Première chose à dire : ayoye la salle. Avec ses grands murs rouges, son immense luminaire et la bonne humeur des gens qui nous ont accueillis, ça donne le goût d’y retourner. Tout comme elle le fera vendredi soir, Sara Dufour nous a présenté le documentaire qui explique la création de l’album, suivi d’une courte prestation et d’une session de questions et réponses.
C’est à travers le documentaire de Philippe David Gagné qu’on découvre le processus de création de Sara Dufour en compagnie de son groupe, mais surtout avec Dany Placard qui la suit depuis ses débuts. Elle nous offre des clés de compréhensions et des informations qu’il serait impossible d’avoir autrement. Ça explique notamment le son plus rock de l’album qui était voulu par Dufour et Placard. Ce dernier m’a expliqué d’ailleurs qu’il s’est beaucoup inspirés des albums des Rolling Stones au début des années 70 pour venir colorer l’album qui offre des tranches de vie que Sara Dufour veut bien nous partager.

Faire découvrir les endroits qu’elle aime
Si Sara Dufour nous a fait voyager autant, ce n’est certainement pas simplement pour nous garder entre quatre murs. Assez rapidement, nous sommes ressortis pour nous retrouver dans le fameux Dépanneur Pierrette avec son mur de jujubes. C’était intéressant de se retrouver dans une chanson de Sara Dufour dans la vraie vie. Un peu le quotidien des gens de Dolbeau dans le fond. Puis, une petite molle au bleuet nous attendait à La Crémière du Nord. Délicieux, vous dites?
Finalement, on a pris le fameux rang Saint-Luc de Semi-route semi-trail pour se rendre au domaine des Dufour. L’endroit, où Sara Dufour réside une bonne partie de l’année, est une enclave familiale où 32 membres de la famille ont un chalet. C’est là, devant les chutes, un peu plus loin dans le domaine des Dufour, qu’on prend la mesure du côté magnifique de ce coin de pays. Devant le spectacle majestueux, on écoute Mon cœur, une pièce qui raconte la fois où Sara Dufour a perdu le pendentif de sa mère à Rouyn-Noranda. Un moment émouvant en partie pour la pièce, l’histoire et le paysage. Puis, elle nous a même fait une prestation dans la remise où l’album a été enregistré avant de nous renvoyer vers Montréal.

Il y a quelque chose d’un peu irréel à entrer dans les lieux qui ont inspiré des chansons. Soudainement, ça devient concret et ça change complètement la façon qu’on voit ou entend la chanson. C’est rare qu’on ait la chance de vivre ce genre d’expérience. Merci à Sara d’avoir été notre guide dans son pays.
Dolbeau-Mistassini de Sara Dufour sort le 18 septembre
Lancement à Dolbeau-Mistassini, le 18 septembre
Sara Dufour sera au Grand Théâtre de Québec le 6 mars 2027
Crédit photo: Annie Diotte