Chroniques

De la diversité dans tous les sens — Entrevue avec Clément Turgeon Thériault chez Le Festif! de Baie St-Paul

Chaque année Le Festif! essaie de proposer de nouvelles initiatives. Après deux années atypiques en raison de vous savez quoi, le festival est de retour à 100% avec les coudés franches et l’envie de renouer avec la folie qui s’empare de Baie-St-Paul.

« On est toujours dans des lieux atypiques, donc on a toujours des choses à gérer. L’an passé, on a fait Klô Pelgag dans un champ pis le producteur à côté a dit : «…l’an prochain faut que ce soit tranquille, nos vaches ont freaké». J’ai envoyé ma prog cette année en lui montrant que c’était tranquille. Il faut presque je fasse autoriser ma prog pour des vaches. » C’est cette réalité qui occupe l’organisation lorsqu’il prépare une nouvelle édition. Même son de cloche pour la scène flottante qui nécessite des autorisations d’une organisation de protection de la rivière à saumon. Clément Turgeon Thériault, directeur général et artistique de Le Festif! de Baie-St-Paul, ne s’en plaint pas. Pour lui, l’entente avec la communauté est primordiale, ce sont ses voisins.

Les défis de l’international

Chaque année, Le Festif! se fait un devoir de faire venir des groupes internationaux à Baie-St-Paul. Ceci crée son lot de défis. Cette année, 14 artistes viennent de l’extérieur du Québec, dont le Golden Dawn Arkestra et Mattiel des États-Unis, L’Impératrice et Polo & Pan de France, King Hannah d’Angleterre et Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp de Suisse. « Je booke souvent des bands plus underground. Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp ils m’ont dit : ça va être difficile. Ils sont 14 dans le band. Heureusement, Marilyne Lacombe (Mothland) a embarqué dans le projet et ils font une dizaine de dates. On a initié ça en septembre, donc ç’a pris plusieurs mois pour y arriver. »

L’autre chose qui rend la programmation plus compliquée, ce sont les clauses d’exclusivités qui font souvent partie des contrats que les artistes signent avec d’autres organisations. « Je ne veux pas m’embarquer dans une guerre contre ça et me mettre à dos des gens. Nous, on ne fait pas ça. C’est sûr qu’on demande qu’ils ne jouent pas immédiatement avant ou après dans notre région (Charlevoix) parce que ça serait dull. C’est juste le gros bon sens. Souvent ce sont de plus gros festivals aussi qui demandent ce genre de chose et nous, nous n’avons pas du tout les mêmes jauges. On ne va pas leur nuire. »

La diversité

Lorsque je lui demande s’il y a une prise qui le rend particulièrement fier, Clément Turgeon Thériault me répond que ce qui le rend le plus fier cette année, c’est la parité. Le festival a réussi à atteindre un équilibre 50 / 50 hommes et femmes. Mais ce n’est pas tout, c’est aussi une diversité culturelle, mais aussi d’âge. On y pense pas souvent, mais entre les Lunatiques et Diane Tell, il y a des générations de différences. « On essaie aussi de trouver la limite où on peut aller. Si on avait programmé Marc Dupré, tu nous trouverais peut-être un peu bizarres, mais Édith Butler, ça marche. Elle vient juste de lancer un album réalisé par Lisa Leblanc. Je suis très intégré dans la région et je dois trouver le juste milieu pour la population. On ne veut pas imposer juste une grille de bands underground à la région. »

Ça permet aussi de faire venir des groupes à Baie-St-Paul qui ne pourrait pas y aller autrement. Le but aussi, c’est de mélanger ce que le grand public a envie de voir et d’autres artistes moins connus. En 13 ans, le directeur du festival a remarqué une grosse différence dans les habitudes d’écoutes de la population. Le but est de faire du développement de public.

Rendre sa pandémie utile

Pendant les deux années plus rocambolesques que nous avons vécues collectivement, Le Festif! a tâché de créer des initiatives pour les citoyens. Que ce soit la tournée aux portes ou encore Le Festif! à l’école, l’organisation peut se vanter d’avoir mis en place des projets qui durent dans le temps, malgré le « retour à la normale ». Dans ceux qui tiennent le plus à coeur à Clément Turgeon Thériault, il y a le projet dans les écoles. « Avant j’étais travailleur social et j’ai toujours travaillé avec les jeunes dans les maisons de jeunes. Je m’occupais du volet musical. C’est un peu une boucle qui se complète. L’an prochain, on s’en va dans 70 écoles à travers tout le Québec. On part en tournée en octobre et on va l’être jusqu’en avril 2023. On va dans des communautés autochtones et sur la Basse-Côte-Nord. On explore le Québec! »

Le projet est tellement populaire qu’il a reçu 325 demandes, mais faute de moyens, ils en feront 70. Ce qui est déjà beaucoup! L’organisation a donc décidé que ce serait un projet qui restera intact pour les prochaines années. Une bonne nouvelle pour les écoles et pour Le Festif!

On se voit donc au Festif! de Baie-St-Paul du 21 au 24 juillet prochain! Pour en connaître plus sur la programmation, c’est par ici!

*Cet article a été créé en collaboration avec le Festif! de Baie-St-Paul.

Crédit photo: Jay Kearney