Aller au contenu

Concerts

Alabama Shakes + Emily King au MTELUS le 15 septembre 2026

Alabama Shakes était de passage hier à Montréal dans le cadre de leur tournée pour I Must Be Dreaming, leur tout dernier album qui marquait la fin d’une absence de plus de dix ans pour le groupe.

Photos : Coline Beulin

C’est entre les murs d’un MTELUS complet que Brittany Howard et sa nouvelle formation, désormais un trio, ont offert l’un des derniers spectacles de leur tournée.

La soirée a commencé assez doucement, mais ce n’était qu’une question de temps avant que les décibels et l’intensité de la salle augmentent d’un cran.

Emily King

La chanteuse R&B Emily King a ouvert le bal en nous offrant une première demi-heure posée, mais aussi entraînante malgré la sobriété des arrangements.

Seulement accompagnée de sa guitare et de deux vocalistes, elle a fait découvrir quelques chansons de son répertoire en version acoustique au public qui était bien réceptif. C’est plaisant de voir une artiste reconnaissante d’être ici, qui interagit avec la foule sans vouloir en faire trop.

Miser sur le son pop R&B d’Emily King comme ouverture d’Alabama Shakes en aurait surpris plus d’un à leurs débuts, mais c’est un choix qui s’aligne aujourd’hui assez bien avec la nouvelle direction du groupe. On est loin du rock qui a teinté leur premier projet.

Il aurait tout de même été profitable pour l’artiste new-yorkaise de faire découvrir quelques-unes de ses chansons avec un arrangement plus complet. Peut-être qu’elle l’aurait souhaité elle aussi. C’est difficile d’être charmé par un univers quand on est loin de son plein potentiel. Elle a néanmoins offert une belle performance qui aura réchauffé le public pour le reste de la soirée.

Les Shakes

L’arrivée de la chanteuse Brittany Howard dans sa grande tenue blanche aux côtés de ses musiciens, après 30 minutes d’attente et de hâte, a propulsé l’énergie de la salle à un autre niveau.

Quelques nuages pendaient du plafond pour rappeler l’identité visuelle de leur album. Le décor et les lumières, sans être remarquables, étaient efficaces et accompagnaient bien les musiciens et la chanteuse qui, elle, occupait toute notre attention.

Alabama Shakes a commencé avec Time, un nouveau morceau qui traite d’amour et de temps perdu. Un choix judicieux pour marquer un retour sur scène. Ils ont ensuite rapidement conquis le public en l’amenant plusieurs années en arrière avec Hang Loose, sorti de leur tout premier album Boys and Girls.

C’est toujours une surprise de voir comment un groupe qui a autant de chansons à succès va jouer avec les attentes de son public. Va-t-on nous tenir en haleine ou nous jouer ce qu’on veut entendre dès les premières minutes? On a opté pour la deuxième option, et personne n’allait s’y opposer.

Comme plusieurs, je n’ai pas été sidéré par la production de I Must Be Dreaming comme je l’avais été avec Sound & Colour, leur disque précédent qui s’était mérité trois GRAMMY en 2016. Malgré tout, j’avais passé un bon moment à écouter ce nouveau LP lors de sa sortie, à replonger dans leur univers si singulier. De le réentendre hier soir, mais surtout de le voir prendre forme sur scène lui a évidemment donné une nouvelle dimension. Même si les nouvelles chansons n’ont pas soulevé la foule, comme Hold on et Don’t wanna fight ont su le faire, pour ne nommer qu’elles, l’ensemble du groupe nous a invités à découvrir et apprécier leur nouveau matériel. Entrecoupé des succès de leurs deux premiers albums, il complétait très bien le reste de la discographie, qui était généralement plus explosif.

Il faut aussi mentionner qu’il est difficile de rester indifférent en entendant la voix de Brittany Howard. C’est un phénomène. Certains titres du nouvel album, par leur ambiance plus soul et vintage,lui ont aussi permis de dévoiler d’autres atouts vocaux.

Elle a également mis le public de son côté par son humour, son charisme et sa prise de position sur la situation politique américaine en introduisant leur accrocheuse nouvelle chanson I feel hope coming.

Mon coup de cœur a été l’interprétation de This Feeling en plein milieu de la soirée. Les versions live de chansons iconiques peuvent parfois me laisser sur ma faim en concert, s’éloignant un peu trop de l’originale. Mais alors là, c’était assez magique. La subtile distorsion de la guitare et les harmonies avec les vocalistes étaient juste assez différentes pour nous faire redécouvrir le morceau, en enveloppant la salle d’un long frisson partagé.

Un tonnerre d’applaudissements a invité Alabama Shakes à revenir sur scène pour un rappel. Les encouragements du public étaient incessants dans la dernière portion du spectacle. Brittany Howard, par ses prouesses vocales et son plaisir contagieux, a réellement fait vibrer la métropole. C’était un bonheur de voir une aussi belle chimie entre des artistes et leur public. On peut qualifier ce retour de réussi.

Crédit photo: Coline Beulin

Inscription à l’infolettre

Ne manquez pas les dernières nouvelles!

Abonnez-vous à l’infolettre du Canal Auditif pour tout savoir de l’actualité musicale, découvrir vos nouveaux albums préférés et revivre les concerts de la veille.

Faire défiler vers le haut

Bloqueur de publicité détecté!

On a remarqué que vous utilisez un bloqueur de publicité. La publicité est un revenu important pour un média indépendant comme nous et nous permet de vous offrir du contenu gratuit de qualité. Est-ce que vous pouvez le désactiver? Ce serait bien apprécié!

- Merci, l'équipe du Canal Auditif