Entrevue | J.C. Beaulé : le FICG est son terrain de jeu
En collaboration avec le Regroupement des festivals régionaux artistiques indépendants (REFRAIN), Le Canal Auditif ouvre sa plateforme à la relève journalistique par le biais du programme Horizons, qui permet à des étudiants en journalisme et en communication de plonger dans le monde des festivals en couvrant les événements sur le terrain. Aujourd’hui, Pierre Bister s’entretient avec J.C. Beaulé lors de son passage au Festival international de la chanson de Granby.
La chanteuse J.C. Beaulé participe pour la quatrième fois au Festival international de la chanson de Granby (FICG), après deux participations à Jamais Trop Tôt et une au Grand Concours en 2022. De son expérience à l’autisme, voici ce qu’il faut savoir sur elle avant de la voir sur scène.
Elle revient cette année à Granby pour le Grand Concours Hydro-Québec « plus confortable et plus à l’aise », confie-t-elle. Son expérience passée lui permet de mieux se préparer aujourd’hui. « J’ai ajusté le tir par rapport à des choix de chansons, de ce que je voulais présenter sur scène », explique la Montréalaise.
Mais cette expérience lui permet aussi de venir avec plus de confiance. « Je viens forgée et propulsée par Jamais Trop Tôt, qui m’a donné une certaine connaissance et une familiarité auprès du Festival, parce que quand je reviens ici, je me sens chez moi, je me sens bien », souligne J.C. Beaulé. Elle explique aussi que son aventure à Granby se « renouvelle de manière encore plus positive chaque fois. »

La découverte de la musique
La jeune femme n’était pas destinée à la musique. « Je suis une femme de théâtre à la base », affirme-t-elle. C’est à 11 ans, à travers des rôles au théâtre, qu’elle a commencé à chanter. Elle a vite compris que c’était quelque chose qu’elle voulait faire. « Je pense que j’avais cette vibration, cet appel-là de remonter sur scène après les premières fois. »
« Jamais Trop Tôt a été vraiment une des grandes révélations de ma vie », avance l’artiste. Selon elle, c’est une occasion en or qui est offerte aux participants. Cela permet de découvrir la réalité du domaine de la musique professionnelle. C’est aussi une expérience qui lui a permis de grandir en tant qu’artiste.
« Beaucoup de plaisir »
Pour sa quatrième participation au FICG, J.C. Beaulé vient pour profiter. « Je pense que d’avoir d’autres attentes, ce n’est pas payant », soutient-elle.
L’artiste assure que les rencontres sont aussi une partie importante du Grand Concours. Entre les amitiés qui naissent et les univers artistiques qui se mélangent, les connexions se créent entre les participants.
Granby est un festival à part pour la Montréalaise. « Dans tous les festivals qui tendent la main à la relève et aux professionnels, je pense que c’est le plus incroyable en termes d’opportunité, de plaisir et de professionnalisme », reconnaît-elle.
« Le plus grand bonheur de ma vie »
J.C. Beaulé est diagnostiquée autiste et elle en est fière. « Je dis souvent aux gens que je suis autiste, pour rendre le sujet accessible », explique l’artiste. Elle affirme ne pas réfléchir, fonctionner ou ressentir le monde de la même manière qu’une personne non autiste. « J’essaie de l’expliquer pour faire comprendre aux gens comment c’est pour moi », précise-t-elle.
« Il y a une certaine inquiétude, parce que les gens associent beaucoup l’autisme à quelque chose qui est stigmatisé ou à une maladie. Mais une fois que j’explique ma vision de l’autisme, je sens qu’il y a une tension qui se perd », remarque l’artiste.
Pour elle, le problème est le fait de vouloir médicaliser l’autisme. « En tant qu’autiste, je ne sens pas que j’ai un trouble développemental, que je suis malade ou que je suis limitée socialement », juge-t-elle. Elle considère simplement être en minorité en termes de fonctionnement cognitif.
Même si elle ne nomme pas l’autisme dans sa musique, tout ce qu’elle fait en tant qu’artiste parle d’autisme, car elle considère que c’est indissociable. « Une des premières choses que je dis pour m’affirmer en tant qu’artiste, c’est que je suis autiste. »
Elle sera sur la scène du Grand Concours Hydro-Québec mardi soir à l’occasion de la première demi-finale.
Crédit photo: Sophie Isabelle Lesaux