Young Widows - Easy Pain - Le Canal Auditif

Young Widows – Easy Pain

youngwidows-easypainÇa fait environ deux ans que je jase de musique dans ces pages, et ça fait donc deux ans que j’ai hâte de vous jaser de Young Widows. La Brute a déjà écrit au sujet de leur album Old Wounds. C’est d’ailleurs cette même Brute qui me les a fait découvrir quand cet album a été lancé, en 2008.

Young Widows, c’est un trio de Louisville au Kentucky issu de la scène hardcore et post-hardcore d’il y a plus dix ans. Les trois membres faisaient partie du groupe Breather Resist, qui s’était mérité un indéniable respect en combinant le mathcore de Botch et un petit côté mélodique plus traditionnel. Après le départ du chanteur, le trio s’est trouvé un nouveau nom quand il a constaté le changement marqué dans le ton de ses nouvelles compositions.

Si les deux premiers albums de la formation gardaient certains aspects effrénés et asymétriques du mathcore, ils annonçaient déjà leur attrait grandissant pour la lenteur et les ambiances ténébreuses et mélancoliques. Avec l’album In And Out Of Youth And Lightness en 2010, le groupe a plongé à fond dans ces eaux en éliminant presque tous les soubresauts pour se concentrer sur les ambiances glauques à souhait. La guitare d’Evan Patterson est constamment baignée de reverb; la section rythmique frappe fort et lentement, laissant assez d’espaces vides entre les coups pour qu’ils aient l’air de former des cratères dans le silence.

Easy Pain aurait pu être un pas de plus dans la même direction, mais Young Widows aurait risqué de s’embourber dans un monde d’échos informes. La formation choisit plutôt de se recentrer et de reparcourir les terrains qu’elle avait explorés sur ses deux albums précédents. La décision a ses défauts: on n’a pas l’impression que le trio met le doigt sur quelque chose de particulièrement neuf cette fois-ci. Mais elle a aussi ses avantages quand Young Widows arrive à maintenir tant la menace malsaine d’In And Out que le tonus et la hargne d’Old Wounds. C’est heureusement le cas dans la plupart des pièces ici.

Soulignons notamment le premier extrait, Kerosene Girl, avec son rythme presque dansable et la voix plus animée que jamais de Patterson, et la pièce Cool Night, dont le refrain donne son titre à l’album. Cette dernière est peut-être la meilleure représentation jusqu’à présent de la sonorité de Young Widows, avec ambiance lourde, progressions irrépressibles et lignes de guitares squelettiques qui arrivent à élever l’ensemble vers des sommets inattendus.

Nous avons encore affaire à un groupe un peu hermétique qui ne fait rien pour aller vers l’auditeur. Il faut quelques écoutes pour bien distinguer les dynamiques dans ce marais de cordes, de gros amplis et de pédales d’effets, mais si vous avez l’oreille pour le noise rock à la fois malpropre et fignolé jusque dans ses moindres détails, Young Widows offre avec Easy Pain une autre collection réussie.

Ma note: 8/10

Young Widows
Easy Pain
Temporary Residence
41 minutes

www.young-widows.blogspot.ca/

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