Red Fang - Only Ghosts - Le Canal Auditif

Red Fang – Only Ghosts

Red FangJ’ai découvert cette belle bande salopards avec l’album Murder The Mountains. Et c’est grâce à une suggestion de La Brute du Rock que je me suis mis à triper sur ce groupe originaire de Portland, Oregon. Quand j’ai entendu le riff d’introduction de Wires, pièce maîtresse de ce premier album officiel de Red Fang (le premier est l’amalgame de deux maxis), j’ai été immédiatement conquis par ce stoner rock juste assez lourd pour fédérer le bon vieux punk-métalleux en moi. En 2013, j’avais fortement apprécié Whales And Leeches qui voyait la formation prendre une tangente un peu plus «hard rock accessible» et ce, sans perdre une seule de pertinence.

La semaine dernière, Red Fang était de retour avec Only Ghosts. Réalisé par Ross Robinson (Slipknot, At The Drive-In, The Cure) et mixé par un fin connaisseur de l’univers stoner rock, Joe Baressi, (QOTSA, Clutch, Melvins, etc.), Red Fang poursuit sur sa lancée du précédent effort. Et j’ai été désarçonné aux premières écoutes tant la réalisation est nettement plus lustrée et plus «crisp». Sur ce plan, c’est le disque le plus «commercial» du quatuor.

Passé l’effet de surprise, on s’aperçoit rapidement que Red Fang n’a absolument pas lésiné sur le travail de songwriting. Sur Only Ghosts, contrairement aux autres créations, il n’y a aucune chanson faisant office de remplissage. Quand on effectue un virage mélodique aussi important, il faut avoir les chansons qui viennent appuyer et pas de doute, les gars atteignent la cible avec aplomb.

Ce nouveau disque est le plus cohérent et le plus efficace de la discographie du groupe. La lourdeur crasseuse y est moins présente, mais c’est largement compensé par la performance du groupe, l’énergie déployée et l’aspect mélodique évoqué au paragraphe précédent. Red Fang penche maintenant un peu plus vers le stoner rock pur et dur et la petite inclinaison «métal» est maintenant reléguée à l’arrière-plan, mais qu’à cela ne tienne, Red Fang a probablement mis au monde son meilleur album, du moins jusqu’à maintenant.

Parmi mes pièces préférées, j’ai adoré la conclusion sabbathienne, agrémentée de ces voix «poteuses», dans No Air. J’ai flippé sur le changement de rythme jouissif, ponctué d’un riff matraque et d’une mélodie parfaitement accrocheuse, dans Not For You. Dans The Smell Of The Sound, Red Fang incorpore quelques claviers narcotiques et que dire encore une fois de cette finale en apothéose? C’est par ailleurs l’une des grandes forces de Only Ghosts: la majorité des chansons se terminent dans une totale euphorie sonore. Et Living In Lye est un pur chef-d’œuvre rock qui met en vedette le jeu chirurgical d’un des batteurs parmi les plus mésestimés du moment, l’excellent John Sherman.

Certains pourraient percevoir dans cette orientation plus harmonieuse un désir de rassembler un plus grand nombre d’adeptes. Et ils ont parfaitement raison. Sauf que Red Fang ne perd en rien de son authenticité et de son identité. Même si le groupe flirte parfois avec un hard rock plus conventionnel, l’équilibre est habilement conservé entre puissance, lourdeur, énergie et mélodie. Red Fang est au sommet de son art et ce serait bien fou de ne pas en profiter. Avec une couple de bières derrière la cravate et le volume dans le tapis, Only Ghosts est juste parfait.

Ma note: 8/10

Red Fang
Only Ghosts
Relapse Records
42 minutes

http://www.redfang.net/

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