Parquet Courts - Sunbathing Animal - Le Canal Auditif

Parquet Courts – Sunbathing Animal

WYR0514tubejktnoguidlinesVoilà une nouvelle fois le quatuor new-yorkais Parquet Courts qui s’apprête doucement à gravir l’échelle de la notoriété. Un an après leur premier LP, Light Up Gold, la bande à Andrew Savage retourne explorer les tréfonds du garage. Leur deuxième album Sunbathing Animal intervient dans cette logique: le culte du lo-fi. Se retrouver entre amis, brancher quelques mauvais instruments sur des amplis de basses et voir ce que ça donne… Même si l’effet recherché est clairement de donner un effet d’amateurisme, ou même plus, de dilettantisme, Parquet Courts apparaît surtout être composé de véritables et d’excellents musiciens désormais distribués par l’énorme label Rough Trade de notre côté de l’océan.

Bref, Sunbathing Animal est un bon album pour les fans de rock. Légèrement plus teinté de blues que son prédécesseur Light Up Gold avec des titres comme What Color Is Blood ou Duckin And Dodgin. Il est également davantage tourné vers les mélodies et donc plus accessible; le panel d’amateurs risque de s’élargir notamment grâce aux tubes instantanés que sont Dear Ramona et Bodies. Andrew Savage s’éloigne considérablement du chant désabusé qui était alors sa marque de fabrique, mais c’était aussi un reproche que beaucoup de mélomanes ont pu formuler à l’époque de Light Up Gold.

Justement, Light Up Gold pouvait faire penser à une suite de chutes de morceaux ou d’extraits en cours d’élaboration. Une sorte de CD rempli de face B. C’est exactement l’inverse qui se produit avec Sunbathing Animal. Attention, la production est toujours réduite au strict minimum, mais désormais le quatuor se fend de «véritables» titres. S’offrant même le luxe de composer des chansons à la construction antédiluvienne couplets/refrains. Exit les folies électriques décousues d’une minute et «welcome» les morceaux aux schémas convenus. Peut-être un nouveau point faible pour les puristes de rock brut de la scène indépendante, mais un gros avantage pour les auditeurs du reste du monde.

Le titre éponyme évoque le groupe géographiquement voisin de The Men époque If You Leave (la meilleure !). Sur presque quatre minutes, le quatuor balance une boucle sur laquelle Andrew Savage éructe toute la rage du monde. De la musique si simple et pourtant si efficace: densité de l’orchestration couplée à la puissante intensité du titre donne une magnifique chanson de rock n’roll. Puis, arrive le titre fort de l’album: Instant Disassembly. Long morceau dans lequel Parquet Courts se livre enfin émotionnellement à son public. Avec ce titre, le groupe passe des comptines rock illustrées par des thèmes classiques aux histoires de vie. L’inspiration devient le sujet, l’histoire de leur musique est mise en avant. Pour la première fois, le groupe s’essaye à un sujet sérieux. Une mise en abîme pour des milliers de groupes aujourd’hui.

Est-ce que vous aimez le rock n’roll? Qui n’apprécie pas une voix décharnée sur des mélodies enlevées, des guitares en prises directes et une section rythmique à l’arrache total? Treize ans auparavant, il y a eu le sacro-saint Is This It des Strokes, mais il va falloir s’y faire, désormais les Parquet Courts ont récupéré ce flambeau brûlant: celui de l’incandescence folle de la musique originelle. Celle qui vient des tripes, celle avec laquelle Roy Orbison et Robert Johnson ont gravé en lettres d’or le mot «rock» dans la musique moderne.

Ma note: 7,5/10

Parquet Courts
Sunbathing Animal
What’s your rupture?
46 minutes

parquetcourts.wordpress.com/

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