Killer Be Killed - Killer Be Killed - Le Canal Auditif

Killer Be Killed – Killer Be Killed

1796471_1470172116529758_1821547461_n-584x590Max Cavalera (Soulfly, ex-Sepultura), Greg Puciato (Dillinger Escape Plan), Dave Ellitch (Antemasque, ex-Mars Volta et ex-Infectous Grooves) et Troy Sanders (Mastodon) unissent leurs efforts dans Killer Be Killed, ce nouveau chapitre de la «petite» histoire des super-groupes.

Quatre musiciens donc qui appartiennent, ou qui ont appartenu, à des formations qui ont marqué le sous-genre dans lequel ils (ont) évoluent, mais aussi le metal, de manière plus globale. Beau pitch de vente donc, mais ces moments sur disque déçoivent plus souvent qu’à leur tour, et ce malgré la qualité du «line-up». Soit parce qu’ils ne sont motivés que par l’appât du gain, soit parce qu’ils sont enregistrés rapidement après un processus de composition souvent amputé par des calendriers de tournées irréconciliables.

Disons donc que j’ai amorcé l’écoute de ce premier effort éponyme, dans les bacs depuis le 14 mai, avec quelques réserves.

Surtout que les deux premiers titres de l’exercice, dévoilés via YouTube le mois dernier, n’avaient rien de renversant. Wings Of Feather And Wax et Face Down sonnent comme des collages de travail solo de Puciato, Sanders et Cavalera.

On y reconnaît que trop bien l’attaque tribale et le chant de Cavalera, le fonds de commerce de Soulfly, le sens du refrain-qui-tue et la puissante et versatile voix de Puciato, qui empoigne ici la six cordes, et les montées mélodiques de Sanders, qui rythment les pièces de Mastodon depuis Remission.

Bref, le mélange ne semblait pas trop homogène. Et disons-le, tant qu’à avoir l’impression d’écouter des «p’tits boutes» de trois groupes, pourquoi ne pas plutôt ressortir Miss Machine, Leviathan ou Primitive (un album boudé, mais qui a été mon premier contact avec Soulfly, je m’en confesse)?

Donnons le bénéfice du doute au groupe pour ces deux pièces, car il n’est certes pas simple de se donner une identité quand on aligne trois chanteurs de ce talent. Il y a peut-être aussi une question d’égo là-dedans… qui sait !

Les réponses viennent finalement au troisième titre de Killed Be Killed. La sauce a été remuée et soudainement, c’est beaucoup plus plaisant à écouter. Le mélange ne se déliera plus ensuite sur les neuf autres titres. Plus besoin de faire de jokes de Velvet Revolver!

Alors ça sonne comment Killer Be Killed? Ça sonne comme un groupe de thrash metal ascendant stoner et core. Bref, ça ne respire pas trop et quand ça ralentit, c’est pour alterner d’un blast beat infernal, gracieuseté d’Ellitch, vers un pesant breakdown mastodonien. On entend aussi l’influence de Cavalera dans le processus de création, son jeu de guitare si caractéristique en faisant foi sur la majorité des titres. L’alternance des voix, malgré une première impression défavorable, devient quant à elle rapidement l’atout principal du groupe.

Ce sont ces voix qui rendent digeste les assauts percussifs de Killer Be Killed.

Curb Crusher, I.E.D. et Melt Of My Marrow sont parmi les meilleurs moments de ce premier effort. Snakes Of Jehova est aussi délicieuse puisqu’elle évoque merveilleusement bien We Are The Storm de Dillinger. Save The Robots, est proprement réjouissant alors qu’on retrouve un Puciato qui rythme la cadence avec un chant puissant et accrocheur, tandis que Cavalera nous fait comprendre qu’il a chopé un intéressant 2 pour 1 sur les wah-wahs!

En somme Killer Be Killed est un album honnête, garroché comme on aime, bien qu’il ne fera pas d’ombre sur les initiatives les plus inspirées des membres de ce super-groupe. Mais une chose est sûre, il est assurément meilleur que The Hunter de Mastodon, dont je me délecte encore de la médiocrité.

Ma note: 6,5/10

Killer Be Killed
Killer Be Killed
Nuclear Blast Entertainment
44 minutes

www.killerbekilled.com

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