The Dillinger Escape Plan - Miss Machine - Le Canal Auditif

The Dillinger Escape Plan – Miss Machine

Criard, insensé, perturbant, dérangeant, musique de mongol, bruyant, psychotique, excessif, malsain et pas écoutable sont sûrement les descriptifs que ma mère donnerait à ce disque. Je dis «sûrement» car je n’ai jamais osé lui faire écouter! Même si elle n’était pas très pratiquante, certains mots à caractère religieux se seraient glissés à travers tous ces descriptifs énoncés précédemment! Je peux la comprendre car bien des gens se disent ça à la première écoute. Puis, ceux qui se donnent la peine de découvrir ce groupe transforment tranquillement ces mêmes blasphèmes évoquant le petit Jésus, en admiration et en stupéfaction.

C’est a l’été 2004 que The Dillinger Escape Plan a lancé ce superbe album intitulé Miss Machine. Un métal progressif expérimental, un mathcore aux accents de jazz-fusion extrême teinté de sauvageries sonores multiples. Tout ça en symbiose musicale parfaite!

Ici, ça hurle, ça beugle, ça crie mais ça chante aussi très bien par moments. Bien que pas facile d’approche, on découvre quelques mélodies ici et là qui deviennent vite contagieuses. Comparativement à l’album précédent, le groupe a fait un effort pour insérer des mélodies et des rythmes moins complexes. Certaines chansons sur l’album sont beaucoup plus douces et posées que ce à quoi nous avait habitué le groupe par le passé. Certains fans ont été déçus de ce tournant plus apaisé mais pas moi.

C’est que le nouveau chanteur Greg Puciato y fait pour beaucoup dans l’équation. Il alterne de façon spectaculaire le chant mélodique aux moments hurlés. Sa voix est puissante, juste et diversifiée. Ça c’est sans compter sa présence scénique hallucinante.

D’ailleurs, pour les avoir vu quelques fois en concert, Dillinger Escape Plan possède une force de frappe sur scène plus forte qu’un uppercut de Mike Tyson. Je n’ai jamais vu un groupe déployer autant d’énergie sur scène. La dépense calorique additionnée des cinq musiciens durant un seul concert pourrait servir à nourrir un village africain de deux mille âmes pour trois mois! Tout simplement magistral!

Parlons maintenant de cette personne qui possède deux bras et deux jambes comme tout le monde et qui sert de batteur. Son nom? Chris Pennie. En fait, je le soupçonne d’être un robot. À moins que ce soit une bibitte qui vient de Saturne? Il possède énormément de vitesse tout en étant d’une précision inouïe. Sa vigueur semble inépuisable. Il est carrément phénoménal et aujourd’hui, il influence énormément de batteurs. Il a depuis quitté la formation pour d’autres projets musicaux. Le groupe l’a cependant très bien remplacé depuis.

Les trois autres musiciens font un boulot fort respectable. Les guitaristes amènent par moment des textures jazzées qui apportent un petit je-ne-sais-quoi à l’ensemble. Le bassiste, quant à lui, est solide comme un chêne.

La réalisation du disque est très réussie. Chaque instrument a sa place dans le mixage. Même durant les moments où l’intensité est à son maximum où tout pourrait devenir facilement cacophonique, les instruments sont bien dosés et le mur de son qui nous est servi demeure bien défini.

Bref, il n’est pas recommandé de mettre ce disque comme musique de fond au party de première communion de votre petit cousin. Quoi que ce serait un excellent exercice pour dire des mots religieux en famille. Et contrairement aux autres membres de la famille, ces mêmes mots religieux sortant de votre bouche signifieraient le bonheur, l’allégresse et la joie de vivre.

The Dillinger Escape Plan
Miss Machine
Relapse Records
40 minutes
Paru en 2004

Liste des chansons :

01. Panasonic Youth
02. Sunshine the Werewolf
03. Highway Robbery
04. Van Damsel
05. Phone Home
06. We Are the Storm
07. Crutch Field Tongs
08. Setting Fire to Sleeping Giants
09. Baby’s First Coffin
10. Unretrofied
11. The Perfect Design

www.dillingerescapeplan.org/

http://www.youtube.com/watch?v=kGNb-YT5ECA

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