Hamilton Leithauser + Rostam – I Had A Dream That You Were Mine - Le Canal Auditif

Hamilton Leithauser + Rostam – I Had A Dream That You Were Mine

Hamilton Leithauser + RostamHamilton Leithauser est l’un des plus grands chanteurs de sa génération et il en a fait la preuve à de multiples occasions autant au sein des Walkmen qu’en mode solo. Rostam Batmanglij est le meneur incontesté de la formation Vampire Weekend… groupe qui m’a toujours laissé parfaitement indifférent, mais j’ai quand même beaucoup de respect pour le travail du bonhomme. La semaine dernière, les deux unissaient leur talent et proposaient I Had A Dream That You Were Mine.

La recette de cette collaboration est simple. Batmanglij compose la majorité des titres et Leithauser, fidèle à son habitude, s’époumone avec une intensité solennelle… et ça donne un magnifique album qui ratisse large dans l’«American Songbook». Vous y entendrez du folk dylanesque, des effluves country, des moments doo-wop, du rock vintage, de l’orgue Hammond à profusion, et surtout, des chansons magnifiquement composées.

Ces pièces coulent de source et laissent une impression qu’elles ont été conçues avec une facilité déconcertante tant les deux univers se marient bien. Je dis «les deux univers», mais en toute franchise, c’est plutôt la voix haut perchée/rocailleuse et l’interprétation sublime de Leithauser qui constitue le pain et le beurre de cette création. Et loin de moi l’idée de diminuer l’impact de Batmanglij. Au contraire, je crois que «Mr. Vampire Weekend» s’est plutôt mis au service de l’immense talent de Leithauser. Le compositeur a été assez brillant pour se laisser escorter subtilement dans l’univers du chanteur.

Mélodiquement parlant, c’est clairement le meilleur album que j’ai entendu cette année. Toutes les mélodies sont sans exception mémorables sans verser une seule seconde dans un racolage mercantiliste.

Je qualifierais également ce disque de «déloussé». Je m’explique. Plus on s’immerge dans cette production, plus on ressent l’immense plaisir que les deux créateurs ont eu à travailler ensemble. Il y a un je-ne-sais-quoi de décontracté qui confère un charme indéniable à cette production. Néanmoins, c’est Hamilton Leithauser qui vole la vedette. Pourquoi? Parce que ce gars-là laisse toujours une empreinte indélébile sur tous les projets auxquels il participe et ce peu importe qui est le compositeur.

Il n’y a aucune chanson anémique au menu de cet I Had A Dream That You Were Mine. Aucune. Mes préférés? L’entrée en matière A 1000 Times où la performance de Leithauser laisse pantois, la parfaitement doo-wop Rough Going (I Don’t Let Up) est une réussite, le folk «fingerpické» In A Black Out est émouvant, la valse très années 50 When The Truth Is… donne envie de danser un slow collé avec sa tendre moitié, The Morning Stars évoque les grands espaces états-uniens et 1959, magnifiquement interprétée par Angel Deradoorian (Dirty Projectors), conclut ce disque de belle manière.

Voilà l’un des joyaux pop (et le mot pop n’est pas utilisé de façon péjorative) de l’année musicale en cours. Un disque pas compliqué qui ne tombe jamais dans la surenchère émotive. Bref, un must pour les adeptes des deux formations, mais qui pourrait aussi attirer son lot de fanatiques de musique américaine millésimé. Excellent du début à la fin.

Ma note: 8/10

Hamilton Leithauser + Rostam
I Had A Dream That You Were Mine
Galssnote
41 minutes

http://hamiltonleithauser.com/

http://officialrostam.com/

Commentaires

  1. ouh la la extrait très prometteur, je vais de ce pas écouter l’album. Et Leithauser envoie du lourd niveau vocal. Merci LCA!

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