Fuzz - II - Le Canal Auditif

Fuzz – II

FuzzFuzz avait fait bonne figure avec son album homonyme paru en 2013. Célébré par la critique, le premier opus offrait un rock garage crotté inspiré du meilleur de Black Sabbath, Blue Cheer et Deep Purple. Le trio formé de Ty Segall, Charles Moothart (Ty Segall Band) et Chad Ubovitch (Meatbodies et Mikal Cronin) qui a remplacé Roland Cosio à la basse lors de la tournée du précédent album.

Voilà un album fort appréciable pour le mélomane qui favorise les trames où la distorsion est riche et que les mélodies font dans le blues très lourd. II est la suite logique au premier effort du groupe qui pousse un peu plus loin la composition. Cela donne de bons résultats. Rat Race est un bon exemple de ce que donne la formation lorsqu’elle se concentre sur de courtes pièces. Moothart se débrouille très bien à la voix sur la seule et unique pièce qu’il chante. Ubovitch se débrouille également bien alors qu’il chante sur la crasseuse Pipe.

Segall est évidemment partout sur II et encore une fois on se rend compte que c’est l’âme créatrice de la formation. Sa batterie est nuancée, intelligente alors qu’il se fait aussi aller les cordes vocales. Sur Time Collapse pt. II, il commence en frappant ses tambours avec frénésie tout en chantant une mélodie sortie tout droit des années 70. Ça donne envie de remettre ses «short short shorts». Sur Silents Sits The Dust Bowl, il démontre qu’il est capable de nuances subtiles. Le mélange de riffs répétés et de cordes lors de la première moitié de la chanson est tout simplement excellent. Par la suite, la pièce se transforme en quelque chose de gras détenant une mélodie lancinante. C’est parfait.

Le bémol sur II? C’est la proximité entre certaines compositions de Fuzz et celles de Ty Segall. Let It Live aurait très bien pu se retrouver sur Manipulator paru l’année dernière. On peut en dire autant de New Flesh qui glisse vraiment dans le répertoire de Segall. En même temps, ça reste le même garçon qui compose tout et c’est un peu normal que sa personnalité s’entende sur II, mais ça peut être un peu lassant à certains moments. C’est tout de même un bémol mineur puisque l’album est tout simplement excellent.

Ce qui est particulièrement plaisant avec Fuzz c’est leur façon de reprendre le son d’une époque très précise, mais d’en faire quelque chose de tout à fait moderne. De nombreux solos de guitare se retrouvent sur II et pourtant la galette ne s’en trouve jamais alourdie. Un album qui fera plaisir au mélomane qui apprécie les gros riffs à la grasse distorsion et qui aime battre la musique avec sa tête.

Ma note: 8/10

Fuzz
II
In The Red
68 minutes

http://intheredrecords.com/collections/fuzz

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