Black Sabbath - 13 - Le Canal Auditif

Black Sabbath – 13

black-sabbath-13Vieux dévots de Satan, à vos casques d’écoute! La mythique formation Black Sabbath est de retour avec John «Ozzy» Osbourne, Tony Iommi, Geezer Butler et Brad Wilk (Rage Against The Machine, Audioslave) à la batterie, en remplacement de Bill Ward… probablement en dispute contractuelle avec ses acolytes!?! Donc, voici 13, enregistré entre août 2012 et janvier 2013 à Los Angeles et réalisé par le légendaire Rick Rubin. Cette création est fortement inspirée par l’empressement de conclure ce énième chapitre, puisque le guitariste Tony Iommi a été diagnostiqué récemment d’un cancer du système lymphatique.

Nous devons avouer que les appréhensions dévastatrices pullulaient depuis que nous avions appris le retour des vieux briscards. Opportunisme, mercantilisme, nombrilisme, voilà les mots qui se succédaient dans notre esprit. Dans ce 13, il y a un peu de tout cela, mais il y a surtout une formation étonnamment soudée prête à rappeler aux contemporains que sans eux, le heavy métal ne serait pas ce qu’il est devenu aujourd’hui.

Black Sabbath fait du Black Sabbath. C’est absolument nostalgique, ça ne réinvente pas la roue, mais les vétérans alignent les riffs lourds et opérants comme au bon vieux temps. Du métal prolétaire qui saura ravir les fanatiques de la première heure, mais qui laissera de marbre les jeunes métalleux, qui bien franchement… n’en ont rien à cirer de Black Sabbath!

Au programme, Iommi nous offre une leçon sur l’art de composer des riffs qui tuent, Ozzy demeure ce mélodiste hanté à la voix inimitable, Butler fait tonner sa basse et Wilk est fluide et parfaitement respectueux de la recette musicale sabbathienne. Un disque forcément passéiste, mais les métalleux du troisième âge sont loin d’avoir l’air fou! Rick Rubin fait un travail de réalisation sans fioriture qui laisse toute la place aux riffs d’Iommi, même si parfois le son d’ensemble est un peu trop lustré et propre.

Bien entendu, c’est loin de la perfection! Ozzy est un peu trop convenu dans l’élaboration de ses mélodies et certains des solos de guitares prodiguées par Iommi appartiennent catégoriquement à une autre époque, mais dans l’ensemble, cette conception sonore est contre toute attente à la hauteur.

Cinq morceaux rigides et incassables ont fait balancer la tête de votre modeste épilogueur: la conclusion épique et remuante de End Of The Beginning, la performance de Brad Wilk dans Age Of Reason, le riff typique de Live Forever, le stoner/bluesy et encrassé de même que l’harmonica diabolique (clin d’œil à The Wizard) dans Damaged Soul et la conclusive Dear Father, qui s’achève avec ce mythique coup de tonnerre annonçant la pluie diluvienne, sans oublier ce clocher satanique qui carillonne; rien de moins qu’un coup de chapeau final à une histoire musicale qui avait débuté de la même manière sur l’album homonyme paru 43 ans plus tôt.

Pas la galette de l’année, tant s’en faut, mais ce serait mentir que d’écrire que ce disque est un minable torchon! Honnêtement, ce 13 constitue une distrayante surprise pour nos conduits auditifs. Allez les vieilles moppes, lancez-vous tête première dans cette création… et vous, jeunes incultes, continuez à repasser les quatre premiers épisodes de la carrière de Black Sabbath! Ça vous suffira amplement.

Ma note : 7/10

Black Sabbath
13
Vertigo Records
53 minutes

www.blacksabbath.com/news.html

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