Critique : Foxygen - Hang - Le Canal Auditif

Critique : Foxygen – Hang

En 2013, la formation Foxygen faisait paraître un premier album qui avait obtenu sa large part d’approbations. L’excellent We Are The Ambassadors Of The 21st Century Of Peace And Magic, disque réalisé par Richard Swift, était caractérisé par une sorte de pop-rock psychédélique lo-fi et influencé fortement par les effluves lysergiques qui prévalaient dans les sixties.

L’année suivante, Foxygen déstabilisait ses fans avec un voyage hallucinogène évoquant un Julian Cope en mode hyperactif. Pendant la période des Fêtes, j’ai réécouté ce … And Star Power et, à mon humble avis, cette création pourrait bien devenir l’œuvre maîtresse de Foxygen; un disque qui se bonifie grandement au fil des écoutes, si on se donne vraiment la peine de l’écouter attentivement et de se laisser bardasser par les changements inopinés qui surviennent tout au long de l’album.

Alors, à quoi s’attendre de la part de ces deux déjantés créateurs? Pour la première fois de leur carrière, Rado et France se sont attribué conjointement le rôle de réalisateur pour la conception de ce Hang et… pour la première fois, ils ont rameuté une panoplie de musiciens dans un véritable studio professionnel, eux qui avaient l’habitude de productions nettement moins professionnelles. En plus d’un orchestre symphonique de 40 musiciens, Foxygen a également fait appel aux services de Steven Drozd (The Flaming Lips) et Matthew E. White.

Et pour une troisième fois Foxygen étonne et nous propose une mixture originale de doo-wop, intégrant de fortes inspirations music-hall à la manière « Broadway » et ajoute à sa recette quelques éléments de glam rock qu’un Lou Reed, époque Transformer, n’aurait pas renié. Tout ce beau mélange et toute cette belle ambition auraient pu sombrer dans un capharnaüm des plus indigestes. Surprise! Foxygen propulse sa musique à un niveau supérieur et même si tous les styles et procédés évoqués précédemment dans le texte ne sont vraiment pas ma tasse de thé, j’ai encore une fois passé un très bon moment avec ces deux talentueux poteux.

France module admirablement bien sa voix, alternant entre des inflexions imprécises à la Lou Reed et une interprétation maniérée à la Meat Loaf. Normalement, toute cette préciosité aurait dû me taper sur le gros nerf, mais de la part de Foxygen, ça fonctionne totalement. Hang est aussi logique qu’exubérant et c’est ce côté excessif de Foxygen qui me captive au plus haut point. Ce tandem ne tient jamais en place, du moins, créativement parlant. J’admire surtout le fait que Rado et France s’évertuent à prendre des risques, et ce, d’album en album… au point de s’aliéner certains admirateurs.

Parmi les meilleures chansons de ce court, mais percutant album, j’ai particulièrement apprécié le petit penchant « ballroom orchestra » évoqué dans Avalon et le côté glam rock orchestral à la Steve Harley & Cockney Rebel (vieux groupe anglais à découvrir) dans Mrs. Adams. J’ai également tripé sur la très « sprinsteenienne », période Born To Run, titrée On Lankershim ainsi que sur la catharsis finale, un brin dramatique, entendue dans Trauma.

Cela dit, Hang pourrait en agacer plus d’un. À lire les critiques assez polarisées, je comprends parfaitement l’effet rebutant que peut avoir cette production. Néanmoins, j’ai le plus grand des respects pour ces deux fous qui adorent se mettre en danger. À ma grande surprise, j’adhère pleinement.

Ma note: 8/10

Foxygen
Hang
Jagjaguwar
32 minutes

http://www.foxygentheband.com/

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