Foo Fighters - Sonic Highways - Le Canal Auditif

Foo Fighters – Sonic Highways

Foo_Fighters_8LP_Sonic_HighwaysFoo Fighters fait paraître cette semaine Sonic Highways qui constitue un assemblage de huit chansons tirées de la série télé du même nom distribuée/diffusée sur HBO. Le concept? Foo Fighters visite huit villes américaines marquantes de l’histoire du rock (Austin, Chicago, LA, Nashville, New Orleans, New York, Seattle et Washington DC) afin d’y rencontrer quelques musiciens «subversifs» ayant fait l’histoire musicale de ces cités. Par le fait même, la bande à Grohl enregistre une ritournelle dans chacune de ces agglomérations, en se laissant inspirer par les rencontres stimulantes et l’atmosphère que dégagent les endroits explorés.

Si l’idée est absolument géniale, le résultat sur disque est franchement décevant. Au lieu de s’inspirer fermement des lieux et des artistes rencontrés, Foo Fighters demeure résolument dans sa zone de confort… qui semble plus «cosy» que jamais. On a accepté depuis fort longtemps que Dave Grohl soit un songwriter qui est loin d’arriver à la cheville de Kurt Cobain et que le quintette soit un groupe rock consensuel et prévisible.

Cela dit, ça ne pardonne absolument pas cette démarche artistique inutile musicalement parlant. Inutile pourquoi? Parce qu’aucune des chansons présentées (mais aucune!) ne sonne comme les lieux parcourus. Est-ce qu’on entend la légendaire scène punk hardcore de Washington DC sur ce disque? Non. Est-ce qu’on ressent les effluves du Chicago blues? Non plus. Foo Fighters se contente paresseusement de nous balancer sa purée hard rock habituelle. C’est dommage, car on aime bien Grohl l’homme (un sympathique et intéressant interlocuteur), mais son groupe résonne actuellement comme le Bon Jovi des temps modernes.

On cherche l’étincelle, le morceau clé, la ferveur authentique, mais peine perdue, ce Sonic Highways est d’une platitude sans nom. Butch Vig (il avait produit le précédent effort, le convenable Wasting Light) réalise correctement ce bibelot sonore lustré même si on avait rêvé naïvement d’un Steve Albini derrière la console. Qui sait? Peut-être que Foo Fighters aurait été plus en phase avec le captivant concept télévisuel déployé. Parmi les ratages notoires, on note le rock sudiste qui se transmute en balade incandescente titrée What Did I Do?/God As My Witness, le riff calqué sur Sweet Leaf de Black Sabbath entendu sur Something From Nothing, la bon jovi-esque In The Clear de même que la mièvre Subterreanean. Si on ajoute à cela les hurlements artificiels et les mélodies mignardes de Grohl, on se retrouve devant une production complètement bancale.

Ne vous inquiétez pas pour l’avenir financier des Foo Fighters, les amphithéâtres monstres devraient être remplis au maximum de leur capacité lorsque la formation partira en tournée. Puisque ce critère commercial est devenu incontournable pour quantifier concrètement la «réussite» d’un artiste, la bande à Grohl devrait sévir encore pendant quelques années…

Ma note: 4/10

Foo Fighters
Sonic Highways
RCA Records
42 minutes

www.foofighters.com

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