Critiques

J. Baizley

Songs Of Townes Van Zandt Vol. 2

  • Neurot Recordings
  • 2014
  • 33 minutes
7,5

TVZII_cover-e1387399490497Il n’y a pas beaucoup de mélomanes (même avisés) qui connaissent l’œuvre de l’auteur-compositeur-interprète folk/country Townes Van Zandt. En dépit d’un succès critique incontestable et l’approbation sans équivoque de nombreux musiciens issus de différentes sphères musicales, la bonne fortune n’a pas été trop souvent en faveur du musicien. Des inflexions vocales singulières, un timbre de voix particulier ainsi qu’un comportement la plupart du temps erratique (alcool, délinquance) n’ont sûrement pas aidé la cause de Van Zandt. Simplement pour prouver l’énorme culte voué à Van Zandt, à la veille de sa mort en 1997, le bonhomme devait enregistrer avec Sonic Youth… et on vous souhaite de poser vos oreilles sur la version de Kathleen (superbe morceau rendant hommage à une prostituée) proposée par la formation Tindersticks. Du bonbon!

Assez pour le long préambule! Donc, au mois de mars dernier, s’ajoutait à la longue liste d’instrumentistes admirateurs de Townes Van Zandt, les «metalheads» John Baizley (Baroness), Nate Hall (U.S. Christmas, Baroness) et Mike Scheidt (YOB) qui mettaient sur le marché le deuxième chapitre/hommage au compositeur né en 1944 à Forth Worth, Texas. À regret, on a omis d’écouter le premier volet, mais ce n’est que partie remise.

D’entrée de jeu, on aimerait souligner l’apport important de trois invités féminins qui viennent fertiliser de leurs voix respectives les interprétations de Hall et Baizley: Stevie Floyd (Dark Castles, Taurus), Dorithia Cottrell (Windhand) et Katie Jones. De l’excellent travail, spécialement de la part de Katie Jones sur For The Sake Of The Song qui harmonise parfaitement sa voix à celle de John Baizley. Ceci dit, les admirateurs de ces doués musiciens devront se conformer à cette sitedemo.cauction qui respecte à peu de choses près le travail de Townes Van Zandt. C’est résolument folk, dépouillé, opaque et mélancolique.

Le minimalisme sonore, marque de commerce de Van Zandt, est intact et s’ajoutent à ce folk morose de minuscules éléments rock qui permettent d’identifier somme toute l’apport de Baizley, Hall et Scheidt à ces superbes ritournelles. On a assez épluché l’œuvre de Van Zandt pour pouvoir affirmer que les trois rockers font un travail éloquent et admirable. C’est une énième révérence (fort méritée par ailleurs) à Townes Van Zandt et c’est fort réussi.

Parmi les joyaux sitedemo.caigués, on a apprécié la performance vocale de Mike Scheidt sur To Live Is To Fly, la fragilité évoquée par Nate Hall sur Pancho & Lefty, le prenant duo Baizley/Katie Jones sur St. John The Gambler et For The Sake Of The Song ainsi que la petite bouffée rock bonifiant Our Mother The Mountain. Pour les jeunes mélomanes voulant mettre les pieds dans la demeure ténébreuse et troublée de Townes Van Zandt, ce disque est une superbe porte d’entrée.

Il y a l’art, gonflé aux stéroïdes du buzz médiatique, magnifiquement mis en marché, afin de faire gober au public que ce qu’il entend est intemporel et il y a les artistes chansonniers qui travaillent dans l’ombre dont la crédibilité prend de l’amplitude au fur et à mesure que les années passent. Townes Van Zandt fait partie de ce clan privilégié. Ce Songs Of Townes Van Zandt Vol. 2 est un vibrant témoignage/plaidoyer en faveur de ce grand créateur chansonnier.

Ma note: 7,5/10

John Baizley, Nate Hall & Mike Scheidt
Songs Of Townes Van Zandt Vol. 2
Neurot Recordings
33 minutes

www.neurotrecordings.com

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