Critiques

Gaz Coombes

Matador

  • Hot Fruit Records
  • 2015
  • 38 minutes
8
Le meilleur de lca

image004Le meneur indiscuté de la formation anglaise qui a fait la pluie et le beau temps de 1995 à 2008, l’ex-Supergrass Gaz Coombes, fait paraître cette semaine son deuxième solo: Matador. En 2012, le compositeur avait lancé son premier rejeton en mode esseulé titré Here Come The Bombs; galette qui en avait déçu plus d’un. Fait à noter, le classique I Should Coco de Supergrass fêtera cette année son vingtième anniversaire d’existence. Donc, un gros printemps en perspective pour Coombes qui partira assurément en tournée afin d’appuyer… ce superbe Matador!

Coombes propose un disque inspiré, rédempteur, frémissant, totalement vivant, inventif, conciliant éléments électros, salves de rock, chœurs gosepelisants, nimbés de ces mélodies pop rassembleuses dont seul le musicien détient le secret. Voilà un remarquable foutoir sonore rigoureusement organisé qui alterne entre déflagrations vocales soul et confessions pop. Rares sont les albums où mélancolie et béatitude se côtoient à parts égales (souvent au sein d’une même chanson!) avec autant d’efficacité.

Ce Matador démarre sur des chapeaux de roues avec les pourvoyeuses de frissons que représentent Buffalo et 20/20. Vient s’ajouter au bonheur auditif l’un des meilleurs morceaux brit entendus au cours des dernières années: le chef-d’œuvre The English Ruse qui se conclut par une symphonie de bidouillages électros dissonants et qui procurent un contentement immédiat. Grosse toune!

Et ça ne dérougit pas, tant s’en faut! Coombes nous offre une pléthore de refrains à faire pleurer le plus insensible des hommes. On pense à Detroit ainsi qu’à son refrain que n’aurait pas renié un Jason Pierce de Spiritualized. On fait aussi référence à la prenante balade The Girl Who Fell On Earth. On plie les genoux en écoutant la valse Seven Walls et on est béat d’admiration devant la conclusion rock en apothéose de To The Wire. Mélodiquement, c’est un parcours sans fautes pour le songwriter. Musicalement, c’est un disque débordant de vie et d’âme qui ne s’apitoie jamais sur son sort, qui respire l’espoir, malgré le chagrin évoqué dans certaines chansons.

Mais l’attribut fondamental de ce disque est sans contredit cette signature sonore forte et authentique. Bien franchement, on est loin d’être étonné. Pourquoi? Parce que Coombes, même chez Supergrass, ne sonnait comme personne d’autre. Cette fois-ci, cette force est accentuée et on ne peut que s’incliner devant autant de talent. Sérieusement, autant les vieux aficionados de brit pop que les jeunes mélomanes connaisseurs sauront reconnaître l’indéniable talent d’auteur-compositeur-interprète de l’artiste.

Au final, Gaz Coombes peut s’installer sans gêne aux côtés de Damon Albarn et les deux protagonistes peuvent se donner une franche accolade tant ils laissent loin dans le rétroviseur les pseudo prétendants (comme le père Noel Gallagher…) à la couronne du meilleur vétéran britannique. Juste pour ça, mettez vos oreilles là-dessus, ça vaut la peine. Gros disque.

Ma note: 8/10

Gaz Coombes
Matador
Hot Fruit Records
38 minutes

http://www.gazcoombes.com

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