Critiques

The Decemberists

What A Terrible World, What A Beautiful World

  • Capitol Records
  • 2015
  • 53 minutes
6

The Dcemberists - Terrible/BeautifulUn septième album déjà pour la formation originaire de Portland, Oregon, nommée The Decemberists. Mené depuis les tout débuts par le chanteur/guitariste/parolier Colen Meloy, le sextuor, influencé par R.E.M, XTC, Morrissey, et autres consorts, revient cette semaine avec What A Terrible World, What A Beautuful World qui fait suite au très folk country The King Is Dead, paru en 2011. Un disque qui a reçu un accueil assez mitigé à l’époque.

Depuis la parution du pesant/méandreux The Hazards Of Love (2009), le groupe a sensiblement simplifié son approche, amenuisant la complexité de son songwriting, préconisant des chansons élémentaires qui vont droit au but. The King Is Dead constituait le premier rejeton issu de cette nouvelle approche et Terrible/Beautiful est l’indéniable confirmation de cette méthode de travail plus succincte. Mélodiquement parlant, Colen Meloy est toujours aussi souverain, mais c’est musicalement que le groupe flirte plus que jamais avec la tradition folk rock américaine à la R.E.M. Avis aux amateurs de fantaisies sonores, ce disque pourrait vous décevoir.

En revanche, ce que The Decemberists perd en «folie», il le gagne quelque peu en adéquation y allant de chansons folk-pop-rock opérantes. On fait référence aux très R.E.M intitulée Make You Better et The Wrong. De plus, la troupe présente toujours des morceaux habilement enrobés. Se côtoient violons, pedal steel, harmonies vocales célestes, salves de guitares rock parfaitement contrôlées, tous parfaitement au service des ritournelles.

Cohérente, intelligible, humble, sans ostentation sonore, sans esbroufe snobinarde, la bande à Meloy fait son travail avec une maturité certaine… car il faut bien avouer que ces virages dits majeurs et vaccinés sont souvent monotones et ternes. Cette fois-ci, on peut affirmer que ce tournant emprunté est somme toute acceptable, The Decemberists réussissant la transition d’un groupe «hipsterisé» à une formation lorgnant vers un public adulte.

Parmi les autres morceaux qu’on a appréciés, on a noté la conclusion en apothéose de l’excellente The Singer Addresses His Audience, le folk-country «middle of the road» Lake Song, la très Ryan Adams époque Heartbreaker titrée Carolina Low, le penchant irlandais évoqué sur Better Not Wake The Baby ainsi que le côté Neil Young de Mistral.

Un retour correct pour The Decemberists après un effort antérieur quelque peu contrariant. Bien entendu, les traditionalistes de la musique américaine sauront apprécier cet album. Ceux qui souhaitaient une aventure plus audacieuse pourraient être désillusionnés par ce Terrible/Beautiful, surtout en raison de cette mouvance mature qui se veut irrévocable pour la longévité du groupe, à notre humble avis. De la besogne adéquate.

Ma note: 6/10

The Decemberists
What A Terrible World, What A Beautiful World
Capitol Records
53 minutes

http://www.decemberists.com

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