Critique : Grails - Chalice Hymnal - Le Canal Auditif

Critique : Grails – Chalice Hymnal

Six ans après Deep Politics, Grails est de retour sur disque et il était temps. N’empêche, le groupe nous avait habitués à un prodigieux rythme de production. Il avait peut-être besoin de distiller quelques idées, de recharger les batteries et d’essayer d’autres trucs. C’est exactement ce qu’ils ont fait. Emil Amos a joué avec Om et a lancé un projet solo nommé Holy Sons, Alex John Hall a joué avec Steve Von Till, le vieux complice de Neurosis sur son projet Harvestman et Zack Riles a tourné avec M Ward en plus de fonder Watter avec Britt Walford, du légendaire groupe Slint.

Avec Chalice Hymnal, le groupe propose une belle synthèse de ce qui a caractérisé son identité musicale depuis 2003. Et comme Grails n’a que d’excellents albums dans sa discographie (si on enlève les EP et la série des Black Tar Prophecies), une synthèse d’excellence, et bien ça donne de l’excellent.

On retrouve donc sur Chalice Hymnal le post-rock non linéaire de Grails, assemblé de superpositions de guitares acoustiques, de pianos, d’instruments grappillés aux quatre coins du globe et de ce son si typique de la guitare électrique de Riles : un ton vraiment clair, très telecaster-esque, à la fois tranchant et plein d’amplitude.

Mais nous avons quelques nouveautés ici. Les gars intègrent des éléments électroniques sur quelques pièces. En les conservant en arrière-fond, Grails s’assure de ne pas choquer les amateurs de la première heure, et se permet de mieux lier ses tableaux les uns aux autres, dans une vapeur analogique. Le recours à une console antique donne aussi une nouvelle dimension au travail d’Amos. Pelham, le deuxième titre, est le meilleur exemple de cet usage de nouveaux appareillages et donne à la chanson une ambiance que ne renieraient pas les fans de Maserati (j’en suis).

Oui, Grails s’éloigne du bordel tripatif hallucinogène de Doomsday’s Holiday et des sonorités moyennes-orientales de Take Refuge in Clean Living (2008) et de Burning Off Impurities (2007), mais la finesse de leurs compositions et la complexité de leurs assemblages les maintient dans une classe à part.

Oui, Chalice Hymnal est l’album le plus « paisible » de Grails, mais il n’en demeure pas moins un album facile d’approche. Ses éléments de trip-hop, de lounge ambient et d’électro n’allègent pas la méthode Grails, au contraire : ils permettent au trio d’aller plus loin dans l’exploration de la noirceur.

Cet album est grand.

Ma note: 8,5/10

Grails
Chalice Hymnal
Temporary Residence Ltd.
51 minutes

https://www.temporaryresidence.com/collections/grails

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