La Brute du Rock Archives - Page 3 sur 12 - Le Canal Auditif

Elephant Rifle – Ivory

Elephant RifleSi vous aimez votre rock bien crotté et quelque peu calorique et que de bruyantes et pas très délicates formations telles que Blacklisters et Pissed Jeans vous titillent les tympans jouissivement, eh bien, sachez d’abord et avant tout que je tiens mordicus à vous féliciter pour vos excellents goûts musicaux. Vous faites déjà partie de mes amis. Mettons. Puis tant qu’à être de nouveaux amis inséparables, pourriez-vous me donner vos trucs pour plier un drap contour convenablement? C’est qu’à chaque fois que j’en plie un, j’ai non seulement l’air d’un parfait imbécile, mais le résultat final n’a d’égal que l’état des rues de Montréal en pleine période de dégel. Ça, ou la dernière saison des Canadiens de Montréal, c’est à vous de choisir. En guise de sincère remerciement, pour vos précieux trucs à propos de l’art infiniment complexe de plier un drap contour sans avoir l’air d’un parfait épais, j’ai une excellente suggestion musicale pour vous: il s’agit du groupe Elephant Rifle et de leur disque nommé Ivory.

Elephant Rifle, c’est quatre pouilleux de Reno au Nevada, dans le sud des États-Unis, qui donnent assez aisément dans le noise-rock, et qui sont aussi fortement enracinés dans le punk et le hardcore. Leur galette intitulée Ivory a vu le jour le 19 mai 2015 sur la minuscule maison de disque Humaniterrorist. Je dois admettre qu’avant d’écrire ce texte, je n’avais jamais entendu parler de cette maison de disque. Et si je disais le contraire, je pourrais aisément joindre les rangs de Vincent Lacroix, Bernard Madoff, Donald Trump, Nathalie Normandeau et François Bugingo.

Ivory s’ouvre sur une douce et très jolie mélodie de piano sur laquelle est juxtaposée un superbe feedback de guitare parfaitement contrôlé, ce qui laisse présager un album rock beaucoup moins nerveux et costaud que ce qu’il est réellement. Ensuite survient la très solide Bone Voyage qui ouvre officiellement l’album et qui confirme hors de tout doute raisonnable que ce disque pourrait pétrifier en moins de dix secondes ceux et celles qui suivent religieusement l’émission La Voix. Parmi les autres excellentes ritournelles dignes d’un coup de 2X4 dans le front, il y a la puissante et agressive Red Shirts, l’enragée Gold Standard, ainsi que la furieuse et très punk Dogs, Wolves, Wolverines. Pour mettre fin convenablement à ce disque pimpant de testostérones, il y a la l’excellente pièce titrée Horses qui, avec son intro calme et doux, n’en est pas moins puissante et diminuée pour autant.

Cet album est à mon avis une mixture réussie de vacarme et de mélodie, d’ordre et de désordre, de volume et de dégaine. Écouter ce disque revient à consciencieusement vivre une expérience sonore quelque peu douloureuse, mais qui devrait assurément plaire à toutes les brutes de ce monde.

Malheureusement, le quatuor, qui est fort méconnu, mériterait une bien meilleure reconnaissance dans le domaine du rock de crotté et devrait impérativement jouer avec le volume au fond dans les oreilles d’amateurs de musique qui décape.

Elephant Rifle
Ivory
Humaniterrorist Collective Records
31 minutes
Paru en mai 2015

Liste des chansons:

1. Hoof & Mouth
2. Bone Voyage
3. Red Shirts
4. Rasputin
5. Frank, Black
6. Gold Standard
7. Dogs, Wolves, Wolverines
8. Clones & Clones
9. Skeleton Keys
10. Horses

http://elephantrifle.bandcamp.com/album/ivory

Violent Mae – Kid

Violent MaeLorsque je pense au rock féminin, les premiers noms qui me viennent instantanément à l’esprit sont: PJ Harvey, Chelsea Wolfe, Marnie Stern, Scout Niblett, St Vincent, Cat Power et le trio Sleater-Kinney. Pourquoi me demandez-vous? Simplement parce que ce sont les artistes féminines qui me touchent le plus directement dans la cage thoracique. J’aime leur musique, leur authenticité, leur créativité, et elles ont toutes, à leur façon, beaucoup de charisme et de magnétisme. À cette liste s’ajoute maintenant une nouvelle venue: Violent Mae.

Violent Mae, c’est une artiste qui vient de Roxbury, une très petite ville d’à peine plus de 2000 âmes au Connecticut, chez nos voisins du sud. À moins d’être ultra naïf ou idiot, Violent Mae n’est pas son vrai nom et prénom. Ce qui figure sur ses papiers d’identification, c’est Becky Kessler. Peut-être qu’elle utilise sciemment Violent Mae sur des fausses pièces d’identité pour toutes sortes de magouilles, mais ça, c’est une autre histoire.

Violent Mae était au départ destiné à connaître une carrière solo, jusqu’à ce qu’elle entre en studio pour y enregistrer son premier album. C’est là qu’elle rencontre Floyd Kellogg, un homme à tout faire avec qui la chimie s’installe très rapidement et transforme illico sa carrière solo en un duo fort prometteur.

À travers ce brillant tandem, il est évident que le mandat premier de mademoiselle Kessler est de composer la musique et les textes, ce qu’elle fait remarquablement bien. Souvent cachée derrière ses grosses guitares électriques, toutes plus belles les unes que les autres, elle passe de nombreuses heures à créer des chansons solides et bien structurées. Tout le contraire du système de santé, des écoles publiques et du réseau routier québécois. Mais ça, c’est une autre histoire.

Une fois les chansons composées, c’est monsieur Kellogg qui prend le relais et veille à performer derrière la console, la batterie, la basse, la contrebasse et les autres bidules de toutes sortes. Pas de doute, le jeune homme est lui aussi fort talentueux. C’est rendu ici que je suis forcé d’admettre qu’il m’est impossible de voir son nom sans penser à des céréales trop sucrées. Mais ça, c’est une autre histoire.

Leur premier album en carrière est paru en novembre 2013 et s’intitule tout simplement Violent Mae. Un disque convenable qui mérite qu’on lui porte attention. La deuxième galette, qui m’apparaît encore plus aboutie (et réussie que la première) se nomme Kid et est apparue dans nos bacs tout récemment, c’est-à-dire en novembre 2015.

Sur la seconde offrande, le duo américain nous sert une indie-pop un brin noir et mélancolique. Parfois dynamique, parfois douce et tout en nuances, toujours quelque peu crasseuse, leur musique a tout pour plaire aux mordus de PJ Harvey et Scout Niblett. À défaut de toujours surprendre, le groupuscule sait se faire fortement apprécier avec leur rock très bien interprété, joliment ficelé, et doté d’une réalisation plus qu’adéquate. Kid est le type d’album qui se dévoile davantage au fil des écoutes et qui peut carrément rendre accro en un rien de temps. Un peu comme la série télévisée québécoise Série Noire, mais ça, c’est une autre histoire.

Sans l’ombre d’un doute, Violent Mae est voué à un très bel avenir et les deux premiers albums, particulièrement Kid, prouvent qu’ils ont amplement de talent pour durer et continuer de veiller à notre bonheur musical.

Violent Mae
Kid
Telegraph Recording Company
46 minutes
Paru en novembre 2015

01. In The Sun
02. In My Ring
03. Rob Me Blind
04. Away
05. IOU1
06. Murdered Bird
07. Kid
08. Flame
09. Intro
10. Neon Halos
11. Birthday

http://www.violentmae.com/

The Dismemberment Plan – Emergency & I

itemLes feuilles mortes tombaient allègrement sur Montréal en cette fin de soirée d’octobre 2000. Je revenais en voiture de mon local de pratique d’où je venais tout juste de jouer du gros rock extra gras avec mon groupe de l’époque. Et c’est là, qu’à exactement deux coins de rue de chez moi, au moment même où je me disais que je devais commencer à regarder attentivement pour trouver une place pour garer ma voiture, qu’est survenu ce bête accident.

POK!

Ça, c’est le très violent son des deux voitures qui sont devenues instantanément non reconnaissables. Mon pas très joli Nissan venait de se transformer en un pas très joli dégât de tôles en moins d’une seconde. Je vous prie de me croire, le coin de rue avait soudainement l’air d’une cour à scrap. L’autre conducteur, un homme dans la trentaine en état d’ébriété avancé, et qui venait tout juste de brûler la lumière rouge, était désormais dans un profond coma. J’ai d’abord cru qu’il était mort et je vivais à ce moment précis les pires minutes de mon existence. Une vraie merde que je ne souhaite à personne. Même pas mon pire ennemi, ni même le crétin Donald Trump. Heureusement, j’ai appris quelques semaines plus tard que le jeune homme en question était resté que quelques jours dans le coma, et ce, sans séquelles permanentes. Cependant, il avait dorénavant un dossier criminel pour conduite avec les facultés affaiblies.

Tout juste avant le remorquage de l’amas de ferraille dont j’étais nouvellement propriétaire, je suis retourné à ma voiture pour y récupérer mes effets personnels et la musique jouait encore dans l’habitacle. Pour dire juste, le disque compact sautait sans arrêt et le volume y était quelque peu exagéré. Le CD en question c’était Emergency & I du groupe The Dismemberment Plan. Disons que le titre de l’album coïncidait drôlement bien avec la situation présente. L’album pour lequel j’avais déjà beaucoup d’affection et d’admiration s’est aussitôt transformé en disque marquant pour le reste de ma vie.

Un peu plus de quinze années se sont écoulées depuis ce malencontreux incident et, quelques centaines d’écoutes plus tard, j’écoute encore cet album sans jamais m’en lasser.

Sur cette galette de trois quarts d’heure, on y retrouve un rock quelque peu singulier, très loin d’être banal, qui est bourré de merveilleuses mélodies qui nous scotchent profondément dans la tête pour l’éternité plus cent ans. Le genre d’album qui fait sourire nos tympans.

Plusieurs des douze chansons que l’on retrouve sur Emergency & I frappent dans le mille. Je pense entre autres à What Do You Want Me To Say avec son refrain ultra accrocheur, il y a aussi la bien jolie The Jitters, la psychédélique I Love A Magician, la très solide You Are Invited, la puissante The City, l’hyperactive Girl O’ Clock et l’entraînante Back And Forth qui clôture admirablement bien l’album.

La formation qui s’est formée à Washington aux États-Unis est composée du surdoué Travis Morrison qui chante et joue de la guitare ainsi que des claviers. Il est le principal compositeur de la musique et c’est aussi lui qui signe les très brillants textes. On retrouve derrière un autre manche à six cordes un dénommé Jason Caddell qui fait très bien son boulot. Le super efficace Eric Axelson est à la basse et quelques fois, il abandonne son instrument pour s’amuser, lui aussi, avec des claviers électroniques. À la batterie, il y a le phénoménal Joe Easley, un batteur qui m’apparaît n’avoir aucune faille et sur lequel il n’y a rien à ajouter à part qu’il est carrément parfait. Et ici, j’insiste sur le mot parfait.

The Dismemberment Plan a vu le jour en 1993 et s’est malheureusement séparé en 2003, après leur quatrième album titré Change. Comme c’est la tendance un peu trop exagérée depuis quelques années, la bande a lentement repris vie en 2010 et a depuis lancé une cinquième galette qui se bonifie d’écoute en écoute. Elle est intitulée Uncanney Valley.

Malgré le puissant lien qui m’unit à jamais à Emergency & I, je le recommande fortement, pour ne pas dire que je l’impose, à tous les amateurs de musique d’indie-rock, de power-pop ou de post-punk qui ne connaissent pas cet album de remédier à la situation au plus vite. Ce disque est assurément un incontournable. Un essentiel. Un pur chef-d’œuvre.

The Dismemberment Plan
Emergency & I
Desoto Records
45 minutes
Paru en 1999

1. A Life Of Possibilities
2. Memory Machine
3. What Do You Want Me To Say?
4. Spider In The Snow
5. The Jitters
6. I ♥ A Magician
7. You Are Invited
8. Gyroscope
9. The City
10. Girl O’Clock
11. 8½ Minutes
12. Back And Forth

http://www.dismembermentplan.com/

Double Dagger – More

MORE_coverDouble Dagger est une formation de Baltimore, Maryland, qui semble se foutre éperdument de quelques-unes des conventions du rock et l’une d’elles est de comment bâtir un groupe rock. La très forte majorité du temps, les formations rock sont constituées d’un bruyant batteur, d’un ou deux guitaristes qui jouent trop fort puis qui s’obstinent sans raison après avoir bu deux bières, d’un bassiste qui trouve que son volume n’est pas assez élevé, ainsi que d’une personne avec un ego démesuré qui s’époumone dans le micro. Dans ce cas-ci, il n’y a aucun guitariste qui s’obstine avec qui que ce soit et le bassiste joue fort. Très fort je dirais même. Et vous en conviendrez, c’est un fait plutôt rare dans le rock.

Malgré une formation réduite à trois membres, la formation post-punk n’en est pas moins assourdissante et virile pour autant. En effet, le batteur Denny Bowen, le bassiste Bruce Willen et le chanteur Nolen Strals nous servent un rock pétulant qui ne sera d’aucune utilité si l’on cherche à se jeter dans les bras de Morphée. Un album de Garou est sans l’ombre d’un doute une bien meilleure solution.

Maintenant chose du passé, mais ayant existé pendant près d’une décennie, neuf ans pour être exact, le trio a su accoucher de trois albums intéressants. La dernière galette, intitulée MORE, est parue en 2009 et me semble la plus réussie et aboutie des trois. On y retrouve un bassiste fortement inspiré qui sait faire sonner son instrument comme s’il était un band à lui seul, ainsi qu’un batteur qui l’accompagne habilement à l’aide d’une batterie dynamique et régulièrement volcanique. Pour ce qui est du chanteur, il s’égosille sans retenue dans son micro et les mécréants de mon genre aiment bien ça.

Les garçons, qui ont «tiré la plogue» sur le band en 2013 par manque de temps et quelques pépins personnels, ont quand même tenus à livrer à leurs fans un documentaire nommé If We Shout Loud Enough en guise de remerciements. Ce film de 98 minutes, qui a vu le jour en mai 2013, met surtout l’emphase sur la tournée d’adieu du groupe aux États-Unis. Ils ont aussi profité de l’occasion pour lancer un mini album baptisé 333 qui est composé de six excellentes chansons. Un peu dommage que ça se soit terminé sur ces dernières chansons, car elles sont carrément géniales et ça donne réellement envie d’en entendre plus.

Double Dagger est un groupe qui sait mettre ses tripes en musique de façon remarquable et l’album MORE en est une preuve flagrante. Peu de groupes rock peuvent en faire autant avec si peu de moyens et ça mérite le respect. Un groupe à découvrir pour les brutes qui aiment la musique de Fugazi, Big Ups ou bien Nomeansno.

Double Dagger
MORE
Thrill Jockey
40 minutes
Paru en 2009

Liste des chansons :

1. No Allies
2. Vivre Sans Temps Mort
3. We Are The Ones
4. Camouflage
5. The Lie/The Truth
6. Surrealist Composition With Your Face
7. Helicopter Lullaby
8. Neon Gray
9. Half-Life
10. Two-Way Mirror
11. Stagger Lee (bonus track)

http://www.posttypography.com/doubledagger/indexb.html

Rye Coalition – On Top

homepage_large.634b9f79L’album intitulé On Top de la formation américaine Rye Coalition a été, lors de sa parution en 2002, très bien reçue par les critiques, mais n’a jamais vraiment reçu l’appui et la reconnaissance du grand public. Comment expliquer cela? Fort probablement parce que leur musique constituée de punk fougueux, de rock bien crotté et de hard rock hyperactif ne plaît pas à la masse populaire et c’est bien dommage, car voyez-vous, ici on a droit à un album qui frise la perfection. Rien de moins.

Pendant que les ventes de leur troisième disque en carrière se faisaient au compte-gouttes, les groupes rock d’envergure tels que Queens Of The Stone Age, Foo Fighters, Nine Inch Nails et The Mars Volta se les arrachaient pour qu’ils les suivent en tournée afin d’ouvrir pour eux dans le plus grand nombre de villes possibles. D’ailleurs, pour avoir eu l’opportunité de les voir en concert en première partie de la marquante formation Isis, je peux affirmer sans retenue que la performance scénique du groupe ne laisse personne indifférent. Une véritable machine de rock parfaitement rodée pour tout détruire sur son passage. Dans mon cas ce fût un concert mémorable et, j’en suis persuadé, bien des gens présents à cette soirée furent marqués au fer rouge.

Mais que retrouve-t-on sur l’album On Top exactement? Et bien, il s’agit d’un rock vif qui est inspiré (comme mentionné précédemment) de musique punk à la Fugazi, At-The-Drive-In, These Arms Are Snakes ainsi que Shellac et savamment saupoudré de hard rock comme celui de Led Zeppelin et AC/DC. C’est un «certain» Steve Albini qui se retrouve derrière la console et il a su admirablement bien conserver cette ferveur quasi débordante du quintette de musiciens en ne polissant pas trop l’ensemble des dix chansons. Et comme à chaque fois, le maître Albini a fait un travail de studio remarquable. Mis à part ne pas être dans mon groupe rock, a-t-il un défaut ce Steve Albini?

Sur On Top, les rockeurs du New Jersey frappe à maintes reprises dans le mille avec des pièces comme Stairway To Free Bird On The Way To The Smokey Water (quel bon titre!), la très dynamique Hot Strikes, l’excellente Stop Eating While I’m Smoking (encore un titre formidable!) et celle qui conclut l’album qui est titrée Honky, Please! Ils se permettent même un grand chelem avec la frétillante Vacations qui avait servi comme pièce d’ouverture lorsque je les ai vus en concert. De toute façon, entre vous et moi, rien ne sert de faire la nomenclature de tous les titres contenus sur la galette, car il n’y a que des chansons de qualité supérieure sur cette offrande.

Malheureusement, comme rien n’est parfait, par la suite, c’est plusieurs contraintes, malentendus et disputes qui sont survenus avec quelques maisons de disques. Puis il y a eu l’album suivant, Curses, produit par Dave Grohl en 2006, qui laisse quelque peu à désirer. S’en est suivi de quelques frictions à l’interne et depuis, le groupe semble dans un profond coma avec un respirateur artificiel défectueux. En 2011, ils ont fait un concert rempli au maximum de sa capacité dans leur ville natale, mais plus rien par la suite et c’est bien triste. Pas aussi triste que notre présente campagne électorale, mais ça, c’est une autre histoire.

Malgré ces quelques déboires de fin de parcours, Rye Coalition demeure une formation d’importance qui a su influencer plusieurs groupes et je recommande fortement ces quarante-cinq minutes de rock ultra vitaminé à toutes les brutes du monde entier.

Rye Coalition
On Top
Tiger Style Records
Paru en 2002

Liste des chansons:

1. One Daughter Hotter Than One Thousands Suns
2. Stairway To The Free Bird On The Way To The Smokey Water
3. Hot Strikes
4. Stop Eating While I’m Smoking
5. Freshly Frankness
6. Vacations
7. Heart Of Gold, Jacket Of Leather
8. Born A Monkey In The Year Of The Snake
9. Switchblade Sister: One Tough Nun
10. Honky, Please!

https://fr-fr.facebook.com/RyeCoalition